Cher Stéphane,Je suis un de tes fervents lecteurs, et ils sont nombreux. Ayant découvert « La Communauté » par un site concurrent, j’ai fini, par le biais d’un moteur de recherche qu’il est inutile de citer, par trouver ton site, alors tout de marron vêtu. C’était en 2007, je sortais d’une rupture et, avide de stratagèmes que j’étais, j’y ai cependant noté la différence de ton. Je ne parle pas uniquement de ta plume, mais de la différence d’attitude présente en ces lieux.
Bref, je ne vais pas te faire un résumé de ton propre concept, mais j’achèverai cette (longue) introduction en précisant que j’ai prêté L’Homme Idéal à mon père, et qu’il s’est trouvé une compagne, après quinze années de célibat. A défaut d’être un manuel, on ne reprochera pas à ton ouvrage d’être dépourvu d’efficacité… Arrêtons ici les louanges, tu n’en est même pas friand. La question qui me taraude, si elle n’est pas d’une folle originalité, a le mérite de n’avoir jamais été posée. Mais, puisque je suis quelqu’un de poli, commençons par une (courte) présentation.
J’ai vingt six ans, ancien membre d’un « lair » de ma région, je ne suis plus frustré, plus malheureux, et je reçois demain une fille avec qui tout est déjà gagné. Et, pourtant, je me pose encore des questions… La première, et même la principale, est sous-jacente à toute entreprise de séduction, c’est pourquoi je pense que tu voudras y répondre (ou m’incendier, mais tes lecteurs t’apprécient dans les deux cas):
L’homme, nous sommes d’accord, a la responsabilité de faire le premier pas, briser la glace, être franc, confiant, mais dans le même temps, protecteur et rassurant. La dernière fille ayant passé la nuit « au château » a même verbalisé ces attentes, me disant littéralement son besoin maladif d’être protégée. De la part d’une femme de vingt neuf ans, son état d’ébriété mis à part, cela a suffit à me refroidir, inutile, donc, de préciser que je n’y ai pas touché.
Un homme peut-il aimer être dominé ?
Ce n’est certes pas une question, mais elle mérite, pour être comprise, d’être introduite. Le type de femme qui me plait est de nature indépendante, sûre d’elle et – disons-le – dominatrice. Je ne suis pourtant pas un homme soumis au quotidien, limite invivable (le pire, c’est que je me « vend » parfois ainsi, et que ça marche). Seulement j’apprécie une grande gueule qui sait me remettre à ma place. Au lit, sans rentrer dans les détails, j’aime qu’une femme prenne des initiatives. Et me prenne même pour un homme-objet mais voilà, ce n’est pas ce que les femmes attendent d’un mec, et je ne suis hélas pas gay (rien à voir avec le kayak).
Comprenons-nous, j’aime aussi « dominer» une femme sexuellement, pour peu qu’elle en manifeste (inévitablement) l’envie. J’ai appris, finalement sans douleur, à diriger l’interaction préalable, et même à y prendre plaisir. Sans vouloir franciser les mots, je suis assez joueur. Tout cela pour dire que j’ai connu, quatre ans durant, une femme qui, lorsque je rentrais du bureau, prenait plaisir elle à me plaquer contre le mur de l’entrée, à déboutonner fiévreusement ma chemise, à me menotter à son lit etc… L’idée n’est bien sûr pas de coucher par écrit mes fantasmes! Mais toutes ces envies d’échanger, ne serait-ce qu’occasionnellement, les rôles sont-ils compatibles à la séduction au masculin?
En réalité, et n’en déplaise à ma présentation, je reste frustré, peut-être davantage qu’avant de m’être intéressé aux dynamiques régissant les rapports hommes-femmes. Je n’ose pas avouer ces fantasmes de soumission, me satisfaisant d’être à genoux. D’expérience, et dans un soucis de les voir repartir comblées, je les « prend en main » et elles adorent cela: se laisser faire après une journées de décisions à prendre, être pour ainsi dire forcées à prendre du plaisir, comme pour les en déculpabiliser… Une femme de trente neuf ans, que je vois régulièrement, m’a demandé, sur le ton de la confidence, de réaliser pour elle un scénario de viol. Je l’ai satisfaite, là encore (mais sans lui dire lorsque cela arrivera, restons joueur…). Cela m’a beaucoup plu. Mais je sais que demander l’inverse me ferait passer pour un mec flippant, donc je m’abstiens, et ce n’est finalement pas très sain, l’abstinence.
En vérité, j’aurais pu te poser cette question en une phrase Stéphane (je vais donc la mettre en gras, t’épargnant peut-être la lecture de ce qui précède) : comment rester séduisant lorsque l’on cherche une femme dominatrice? Je ne parle pas, évidemment, de verbaliser cette envie. Cependant, donner ce pouvoir à une femme, même après plusieurs mois de relations, n’est-ce pas risquer de la perdre? Reste-t-on un challenge pour elle en la plaçant volontairement en position de force? J’ai bien peur que ce ne soit pas cohérent avec l’envie de continuer à séduire au quotidien.
C’est une chose socialement peu acceptée de la part d’un homme. J’ai même écumé les sites spécialisés mais, même constat, elles cherchent toutes un dominateur (exceptées quelques « professionnelles », il y a un créneau à prendre…). Et moi je suis las. Peut-être ne répondras-tu pas à cette interrogation, à laquelle je ne pense pas être le seul à me livrer. Peut-être ne m’as-tu pas même lu jusqu’ici, faute d’avoir abordé le sujet de front. Il est également possible que tu coupes tout ou partie de cette missive. Alors, tant qu’à faire, je me risque à une deuxième question:
Je suis hanté par mon ex
Pourquoi mon ex (celle qui prenait plaisir à faire de moi son « esclave sexuel ») continue-t-elle de me hanter? Cela fait quatre ans, je ne souffre évidemment plus de cette rupture, mais elle est toujours au casting de la plupart de mes rêves. J’imagine que le message de mon subconscient est aisé à décrypter. Je n’en comprends simplement pas la raison.
En espérant que ces quelques interrogations permettront de faire avancer le débat, je ne te promet cependant pas d’assister à ton prochain séminaire juste pour obtenir une réponse. D’une part car ce serait là une grande manifestation d’hypocrisie, d’autre part parce que je n’habite pas Paris. Quoiqu’il en soit, je continuerai à suivre avidement tes écrits, pensées, critiques, coups de gueule… Et même tes interventions télévisées.
Christophe
La réponse à ce courrier des lecteurs
Christophe,
Comme à l’accoutumée, je ne vais pas mentir. En pour ce faire, il faut séparer ton courrier en deux questions
- pourquoi tu fantasmes de devenir esclave sexuel et de te faire écraser des cigarettes sur le nez => je n’en ai pas la moindre, mais alors pas la moindre petite idée. Si vous, lecteur, ça vous évoque quelque chose, dites-le dans la case commentaires ci-dessous, je suis curieux de le savoir. Parce que là, une fois n’est pas coutume, je sèche. Mais alors complètement.
- par contre, pour ta seconde question (pourquoi suis-je hanté par mon ex de quatre ans), tout est dans le séminaire Relations longues, I : éviter l’obsession amoureuse, qui est déjà passé mais dont l’enregistrement est disponible ici. Et bonne nouvelle, tu n’as pas à habiter Paris pour y accéder ; ça marche même du bout du monde…
Stéphane











Il n’est pas si fréquent de trouver dans le même film le parfait exemple de ce qu’il faut faire, et de ce qu’il ne faut pas faire.
Après un an de relation insatisfaisante avec une fille jalouse qui lui fait du chantage, un lecteur se demande ce qu’il doit faire…
La lettre de la semaine vient d’un lecteur fidèle mais fauché qui aimerait savoir comment appliquer la règle des « 20€ pour le premier rendez-vous » évoquée par Stéphane dans une lettre précédente. Faut-il être radin pour plaire ? On aura tout vu.
La manipulation est une facette de la personnalité que nous maîtrisons bien moins que les femmes, qui aiment à jurer que jamais, ô grand jamais, elles ne seraient manipulatrices pour un sou. Mathieu va en faire les frais dans cette histoire de triangle amoureux aux signes d’intérêts les plus confus, et il incombera une fois de plus à Stéphane, avec ses conseils séduction avisés, de faire la part des choses.
Alors que tout semblait bien aller dans la relation de Tom, un séjour de Noël va changer le comportement de son aimée. Plus froide, plus distante, cette dernière semble ne plus avoir autant de sentiments pour notre lecteur (cf les