ce qui ne te tue pas

Montres : qui porte quelle marque ?

Accueil > Articles relooking > Montres : qui porte quelle marque ?

montres : qui porte quelle marque

Parfois on a envie de donner ce qu’on a désespérément cherché soi-même en vain pendant des années, et c’est souvent bien ainsi. J’aime les femmes qui donnent à leur progéniture l’amour que leur propre mère leur refusait en maugréant. C’est parfois plus ennuyeux, quand les gens se permettent de vous donner des conseils sur un thème où ils n’ont jamais particulièrement brillé, et c’est malheureusement le cas le plus fréquent : professeurs de théâtre – idem pour le chant, la danse, etc. – qui ne sont jamais montés sur une scène (de façon rémunérée), ami zélé qui vous donnent des conseils sur votre relation quand toutes les siennes se sont terminées dans le sang, les larmes ou les deux à la fois, filles qui vous donnent des conseils sur la meilleure manière de se comporter avec elles alors que – jusqu’à preuve du contraire – elles n’ont jamais été en relation amoureuse et sexuelle avec l’une d’entre elles (dommage…).

Bref, à y réfléchir un peu, je reviens sur ce que je vous disais : il n’est pas toujours bon de donner des conseils sur ce dont on a manqué soi-même (et je ne cite pas les sites de « séduction » où le créateur n’a pour faits d’armes que de s’être mis en couple avec la première venue il y a 5 ans et de l’avoir gardée contre vents et marées), mais aujourd’hui je pense faire exception à la règle.

Ce que vous allez lire, c’est ce que je cherchais avidement pendant des années, demandant à ceux dont je pensais qu’ils « savaient » de m’éclairer sur le sujet : qui porte quelle montre ? Certains d’entre vous ont déjà compris l’intérêt de la question, mais pour les autres un peu de clarification s’impose.

La question du relooking homme, et plus globalement de l’apparence, appelle plusieurs sous-questions, mais vous ne vous les posez jamais dans le bon ordre. En général, j’entends :

  • 99% du temps : quelles sont mes couleurs, les couleurs qui me vont ?
  • 90% : quelles sont les couleurs qui ne me vont pas ?
  • 70% : tu penses quoi de mon trench ? De mon pull ? De ma veste ? De mes chaussures ? De ma coiffure ?
  • 50% : (à propos d’un article en particulier) est-ce de la bonne qualité ?
  • 40% : comment reconnaître une belle matière ?
  • 30% : comment être négligé tout en étant chic ? (ou le contraire)
  • 10% : pourquoi ça c’est beau ? (la question qui m’énerve le plus, ça me fait carrément flipper d’imaginer la structuration mentale de quelqu’un qui a besoin d’une démonstration mathématique de la beauté, je préfère partir en courant)

Mais je n’entends jamais, jamais ce qui est pourtant la première question à se poser devant un vêtement, une tendance ou une silhouette qui nous laisse coi. Et c’est pourtant la question la plus simple du monde, elle tient en 3 mots :

  • Qui porte quoi

Autrement dit, avant de regarder une doudoune Moncler pendue sur un cintre en vous demandant si c’est ou de non de la « bonne qualité », demandez-vous plutôt

  1. qui en porte, et…
  2. … est-ce que vous voulez leur ressembler !

C’est notamment pour cette raison que les gens qui s’habillent avec le plus de goût et de discernement (et qui savent le faire sur les autres) sont rarement stylistes ou modeux acharnés mais bien souvent excellents observateurs et donc en quelque sorte un peu sociologues. Ce que je résumais il y a quelques années par un aphorisme griffonné sur un coin de table :

Quiconque ne passe pas quelques heures par semaine assis à une terrasse de café à regarder passer les gens, ne sait pas s’habiller.

Il était donc plus que  logique, inévitable, que je me posasse cette question lorsque, pour mes 30 ans, je décidai de m’acheter ma première montre (première depuis la swatch de mes 14 ans).

Qui porte quelle montre ?

Et là, personne. Rien. Aucun indice. Ni autour de moi ni sur le web. Personne pour répondre à cette simple question : quelle type de personne porte quelle marque de montre. Un homme qui porte du Pal Zileri ou du Fratelli Rossetti est forcément très différent d’un autre qui porte du Boss et du Cerruti, c’est entendu. Mais quid de cette distinction dans les montres ? Il existe bel et bien une sociologie des acheteurs de belles montres de luxe : le mouvement et le matériau sont-ils alors des critères de choix objectifs et unique ? Mon oeil, avec un chouïa d’observation, on remarque que l’acheteur d’une montre Breitling n’a ni le même travail, ni le même appartement, ni les mêmes enfants que celui d’une Tissot… Las d’obtenir des réponses vaseuses, y compris de gens qui en possédaient pourtant mais ignoraient totalement les raisons qui les avaient poussés à les acheter, j’ai décidé d’observer pendant des années. Et de pondre ce que vous allez lire. Allons-y.

Les hommes Rolex

La Submariner

  • Type d’acheteur : plus suiveur qui précurseur, il faut bien l’admettre. Sauf pour les vintage pre-années 80
  • Motivation : idem Porsche 911, accéder au symbole
  • Professions : toutes, c’est ça qui est dingue. D’entrepreneur à chercheur en passant par vendeur (ou même caissier), c’est devenu la montre de tout le monde, et c’est bien le problème d’ailleurs

La Daytona :

  • Type d’acheteur : ambitieux, orgueilleux, confiant, arrivé à un « stade » de sa vie, veut marquer le coup
  • Motivation : domination, pour les récentes (très laides d’ailleurs), affirmation d’un style de vie pour les modèles années 70
  • Professions : pilote, sportif professionnel, acteur, entrepreneur (et quelques fils à papa, comme toutes les montres chères)

Les autres

  • Type d’acheteur : divers (trop ?)
  • Motivation : évocation « universelle » du nom
  • Professions : commerce de gros ou de détail, cadres d’entreprises

Les hommes Breitling

  • Type d’acheteur : amateurs de vitesse plus que de technologie (la majorité des modèles vendus est à Quartz)
  • Motivation : veut briller, s’assimiler à des gens à qui il pense ressembler
  • Professions : présentateurs tv, sportifs, joueurs

Les hommes Tag heuer (Monaco)

  • Type d’acheteur : trentenaires, quadras, première « belle » montre
  • Motivation : ressembler à Steve McQueen
  • Professions : vente, commerce

Les hommes Hublot

  • Type d’acheteur : vrais et faux modestes
  • Motivation : passer sous les radar
  • Professions : David Guetta

Les hommes Audemars Piguet

  • Type d’acheteur : jet set
  • Motivation : avoir une montre proportionnelle à leur « income » annuel
  • Professions : finance, entrepreneurs

Les hommes Omega

  • Type d’acheteur : réfléchi (ou fan de James Bond)
  • Motivation : rapport qualité prix
  • Professions : ingénieurs (ou manager)

Les hommes Panerai

  • Type d’acheteur : celui qui va porte autant d’attention au bracelet qu’à la montre
  • Motivation : se vouloir différent
  • Professions : mode, commerce

Les hommes IWC

  • Type d’acheteur : intellectuels, voyageurs
  • Motivation : histoire de la marque, image discrète et « codée » pour le profane
  • Professions : écrivains

Les hommes Jaeger-Lecoultre (Reverso)

  • Type d’acheteur : narcissique, généralement sans style
  • Motivation : rejoindre un « club » supposé du bon goût
  • Professions : Président, DG, PDG

Les hommes Patek Philippe

Nautilus et dérivées

  • Type d’acheteur : idem Audemars Piguet
  • Motivation : idem Audemars Piguet
  • Professions : idem Audemars Piguet

Autres

  • Type d’acheteur : blindé
  • Motivation : n’être reconnu que par ceux qui sont le autant que lui (ou plus)
  • Professions : rentiers

Les hommes Breguet

  • Type d’acheteur : dragueur
  • Motivation : devenir un dandy
  • Professions : choisie en fonction de la population féminine

Tout ceci  est évidemment hautement subjectif et n’engage que moi. Alors apportez toutes les rectifications que vous voulez dans la case commentaires ci-dessous, et n’oubliez pas de cliquer sur « j’aime » !

Stéphane

Adresse Email * Prénom *


58 COMMENTAIRES pour cet article.

  1. Rustless dit :

    C’est une analyse assez succincte, subjective… Mais pas si fausse !

  2. Clem dit :

    Il y a du vrai, mais le postulat de départ fait question…pour moi, on n’achète pas une marque de montre, on achète… une montre, tout simplement Pour être plus concret, je dirais que je trouve l’essentiel des Rolex très moches, mais que j’aime bien ma montre, qui se trouve être une Rolex. Je me comprends.

  3. realsurfer dit :

    oups, j’oubliais, et même « à terrasse de café fixe » …quand ???

    chez moi ( à « ma » terrasse ») en hiver c’est seiko à gogo, là aujourd’hui elles sont noyées dans le roro à volo … :)

    je ne suis pas sociologue mais à mon avis quand on l’est et que l’on étudie, il s’agit avant tout de déterminer quelle population …. à quelle moment …..

    une paille qui ne me semble pouvoir être contenue dans un simple paragraphe :)

    par exemple:
    « Il existe bel et bien une sociologie des acheteurs de belles montres de luxe »
    Je connais des gens (plein! ^^^) qui ne connaissent pas Patek ou AP, ni même JLC ou Breguet … eh bien ils pensent très simplement qu’avoir une Festina est une marque de distinction, de discernement et de goût.

    Je ne parle même pas, pour un modèle donné, de la façon dont celui-ci est porté ;)
    Je me fustige encore de la façon dont parfois, je remontre négligement la manche de ma petite soie pour découvrir comme ça, l’air de rien,, mon poignet ….
    pour moi ?? pour les autres ?? là encore dans un cas précis on peut avoir une réponse sociologique différente …

    puisqu’il s’agit de montres je dirais que tout cela est très …indexé ;)

    bon courage :)

  4. realsurfer dit :

    Amusant :)

    « Quiconque ne passe pas quelques heures par semaine assis à une terrasse de café à regarder passer les gens, ne sait pas s’habiller. »
    je crois que ça coine dès cette énoncé :)

    j’aimerais savoir … ta terrasse … café de la poste à Guéret ou fouquest’s ?? (pour rester en France!) :)

    rends toi compte que outre l’aspect subjectif de ton analyse, la façon dont tu recueuilles tes données est subjective déjà, tu ne crois pas ?? :)

    tu es jeune …. cherche encore ;)

  5. Stéphane dit :

    @ OMBREITSUB et aux autres geeks de montre : en quoi ce que je porte valide ou invalide t-il mes analyses ?

    J’ai une Baume&Mercier de 1959, une Rolex de 1967 et une Breitling de 1978. En quoi en êtes-vous plus avancé ?

    C’est dingue, geeks des montres et geeks des souliers : même niveau de snobisme, de matérialisme et de stupidité…

  6. OMBREITSUB dit :

    Mon pauvre Stephane !

    J’ai rarement lu autant de conneries sur une seule page du web

    et votre montre Môssieur le psychologue horloger c’est quoi ?

    Une Festina ? Une Guess ?

    Et on vous paie pour ça ?

  7. Yvad dit :

    Celle de Steve Mc Queen c’est la rolex Submariner :0)

  8. Thanh Tung dit :

    C’est bien vu.
    Je suis responsable grands comptes, ingénieur de formation et cadre.
    Roles Datejust (cadre), Panerai Luminor marina (commerce), Omega Planet ocean (ingénieur).

    Avec en plus une Zenith Captain power reserve et ma première Conquest chronograph de Longines, sentimental.

Qu'en pensez-vous ?

 (Ne sera pas publiée)

Archives par mois