mepris [100x175].jpgDurant les deux premières années de mon mariage, mes rapports avec ma femme furent, je puis aujourd'hui l'affirmer, parfaits. L'objet de ce récit est de raconter comment, alors que je continuais à l'aimer et à ne pas la juger, Emilia au contraire découvrit ou cru découvrir certains de mes défauts, me jugea et, en conséquence, cessa de m'aimer. Ainsi commence Le Mépris, roman le plus célèbre d’un des écrivains contemporains les plus célèbres et les plus ignorés à la fois, Alberto Moravia. La raison de cette incompréhension, vous l’avez sous les yeux

Durant les deux premières années de mon mariage, mes rapports avec ma femme furent, je puis aujourd'hui l'affirmer, parfaits. L'objet de ce récit est de raconter comment, alors que je continuais à l'aimer et à ne pas la juger, Emilia au contraire découvrit ou cru découvrir certains de mes défauts, me jugea et, en conséquence, cessa de m'aimer

Tout son style est ainsi, désarmant d’une simplicité qui cache un vrai travail et une intelligence sociale hors normes. En cela il est de ceux à appliquer le mieux la devise de Nietzsche, tout esprit profond s’efforce d’être clair, que je complèterais d’un « et les méandres de l’ombre sont faits pour impressionner les pauvres d’esprit ».

Je compris alors que depuis un mois j’avais essayé de m’habituer à une situation intolérable, sans y parvenir ; en réalité je ne pouvais plus supporter de vivre ainsi entre Emilie qui ne m’aimait pas et un travail que, par la faute d’Emilie, je n’aimais pas. « Je ne peux plus continuer sur cette voie, me dis-je, il faut une fois pour toutes que je m’explique avec ma femme »

Mais outre ce style démoniaquement pur, qui je le sais ne vous intéressera pas tous, c’est également l’un des plus connaisseurs de la femme, et sa façon d’imbriquer les comportements dans des subtils rapports de classe m’a fasciné au point de lire tout ses livres, à l’exception de ses carnets de voyage en Afrique et de sa pièce de théâtre. Je mets Le Mépris dans cette rubrique parce qu’il contient un peu de tous les autres, et aussi parce que Godarg l’a immortalisé, mais Le voyage à Rome, l’homme qui regarde ou ses nouvelles (Les Nouvelles Romaines I et II, mais aussi « Bof ! ») qui sautent gaiement de la joie à la tristesse, sont des bonheurs. On dit qu’il faut sortir d’un livre détendu ; j’aime sortir d’un livre impressionné et intelligent, et si je suis détendu, alors tant mieux.

Ah oui et une dernière chose : outre qu’il vous en apprendra sur la Femme par ses portraits psychologiques et sociaux à la serpe, il initiera ceux d’entre vous qui aiment écrire à un art bien particulier, celui de la fin, qui m’a inspiré beaucoup de conclusions de fields-reports.



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5 commentaires »

  1. aimer c savoir donner ;jusqu'a l'infini,alors si une femme cesse d'aimer Q1DONT ILS ONT choisi et opté de vivre ensemble pour le reste de leur vie c que cette femme est trop égoiste ,pourquoi l'avoir aimé auparavant,alors?,pour ce fait il faut tjrs faire confience à soi mm,sa veut dire que tt les etre humin ne sont pas pareil ,pourquoi donc faire confience à q1 si on ne fait pas confience à soi.......................

    Commentaire par salimovich — 13 août 2006 @ 19:48

  2. Heu... Certe salimovich, mais aurais-tu la version française par hasard?

    Commentaire par Matt — 15 août 2006 @ 12:10

  3. Livre magnifiquement écrit. A peine commencer j'avais envie de le finir le plus rapidement possible (3 jours)... Un suspens qui vous tient... Une description psychologique et des détails qui vous font vivre le livre dans ce qu'il y a de plus sensible en vous...le coeur. On croirait vivre ce que vit Molteni. Dès le premier chapitre on comprend (avec bcp de lucidité) la raison du mépris... La suite vous raconte la chute terrible. Il fait prendre conscience de l'importance de garder un comportemnt viril, s'affirmer avec dignité et fermeté, dans une relation. Rien n'est jamais acquis vous devez restez le prix aux yeux de votre femme et de votre entourage.
    Un livre ecrit simplement, un livre qui décrit a merveille les sentiments (des femmes).

    Commentaire par Fireoflove — 23 novembre 2006 @ 2:09

  4. Ce roman est terrible, et si les sentiments de l'AFC et de la femme sont si bien décrits, c'est que Moravia a vécu cette situation avec l'une de ses compagnes, et cela se sent, c'est impossible d'évoquer de tels sentiments sans les avoir éprouvé, et je dois dire que j'ai "lu" ce que j'éprouvais moi, et çà m'a aidé à comprendre, certes dans la douleur...mais comprendre tout de même.
    J'ai revu évidemment le film (de Godart), qui est peut-être même supérieur au roman, mais il faut dire que j'avais vu le film avant de lire le roman. Le film est pour moi le plus beau de tous (un des seuls que je possède), avec ses différents niveaux d'interprétations, Brigitte Bardot sublissime, des images d'une splendeur, la fameuse musique à tomber, une vraie histoire, un fond et les formes...bref ce film est pour moi une jouissance renouvelée à chaque fois.

    Commentaire par Fabulous Fab — 25 janvier 2007 @ 16:04

  5. On en apprend beaucoup dans ce livre, comment être et rester le prix dans la relation avec sa femme. On voit aussi l'importance d'être un homme, un vrai. Mon passage préféré: " J'étais l'homme civilisé qui dans une situation de caractère primitif, en face d'une faute contre l'honneur, se refuse au geste du coup de couteau; l'homme civilisé qui raisonne même en face des choses sacrées ou réputées telles ".

    Commentaire par Matthew — 16 octobre 2007 @ 12:12

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