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Equus
 

Messagede Equus » Lundi 19 Avril

C'est vraiment une réflexion très intéressante.

Pourtant, l'idée de brûler mes bateaux pour me forcer à aller de l'avant ne me semble pas être nécessairement une bonne chose. Ça signifierait que ma motivation à aller de l'avant ne serait pas assez forte ? Ou en tout cas pas suffisamment en rapport avec les forces qui me tirent en arrière ?

Ça me fait penser à l'écueil de la fuite en avant.

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TANZAN
 
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Messagede TANZAN » Lundi 19 Avril

Pour illustrer le fait de "brûler ses bateaux" on peut prendre pour exemple le fait d'être entouré d'agresseurs menaçant, cela provoquant une montée d'adrénaline salvatrice et une sorte "d'intelligence contextuelle" (je ne sais pas si cet expression existe).


L'instinct de survie ne rentrerait-il pas en jeu dans le cas de retraite impossible ?
Et Si Le Vin Devait Tourner Au Vinaigre Je préfère Ne Plus Etre Ivre D'Alcool...



Si je ne suis pas pour moi, qui le sera ?

Et quand je ne suis que pour moi, que suis-je ?

Et si pas maintenant, alors quand ?

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Iliad
 
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Messagede Iliad » Lundi 19 Avril

Equus a écrit:Pourtant, l'idée de brûler mes bateaux pour me forcer à aller de l'avant ne me semble pas être nécessairement une bonne chose. Ça signifierait que ma motivation à aller de l'avant ne serait pas assez forte ? Ou en tout cas pas suffisamment en rapport avec les forces qui me tirent en arrière ?

Tu es étudiant et tu as une dissertation à rendre pour dans deux mois tu te sens plus motivé pour la faire deux mois avant ou la veille ? :)

Pour illustrer le fait de "brûler ses bateaux" on peut prendre pour exemple le fait d'être entouré d'agresseurs menaçant, cela provoquant une montée d'adrénaline salvatrice et une sorte "d'intelligence contextuelle" (je ne sais pas si cet expression existe).

Pas tout à fait, dans la stratégie de "bruler ses bateaux" on se met dans délibérément dans cette situation.

beeenj
 
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Messagede beeenj » Lundi 19 Avril

Ca fait quelques temps qu'il n'y a pas eu de la part d'un membre un message aussi intéressant qui ouvre et mène a un réel débat constructif.

Ça ne m'étonne qu'a moitié que ça ait lieu sur ce journal :)

Piano
 
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Messagede Piano » Lundi 19 Avril

wu-weï a écrit:Il y a deux ans et demi, je rêvais d'une vie avec une question :
Quel est le Delta entre la vie dont vous révez et celle que vous vivez?
Aujourd'hui, il est de 5%.

Bravo 8)

C'est devenu un chat ici ou quoi ? Mais non sans rire : la discussion est super intéressante. Moi je suis pour brûler les bâteaux, mais seulement quand ils commencent à couler ou perdent de la vitesse par rapport aux autres et affaiblissent toute la flotte. Après ça peut demander une grande force morale quand tu brûles un bâteau qui était un peu le vaisseau amiral pendant des années... Moi c'est le taf...

Sinon se placer en position dangeureuse : bien et pas bien. Bien si on sent que de toute façons, on glisse irrémédiablement vers l'impasse, que ça descend. Pas bien si c'est pour se faire violence à soi-même, pour forcer sa nature. Il ne faut pas être excité par l'adrénaline, mais avoir peur d'un changement nécessaire et y aller tout de même.
Dernière édition par Piano le Lundi 19 Avril, édité 1 fois.

Sobre n' Soft
 
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Messagede Sobre n' Soft » Lundi 19 Avril

Wu Wei a écrit:Je crois (mais peut-être à tort) que c'est la différenc eentre le bourgeois et le parvenu.
Le bourgeois parait et démontre moins que ce qu'il n'est ou vaut (€).
Le parvenu vit toujours à la limite supérieure de ses moyens.
Le premier vit dans la sécurité financière et affiche cette sérénité en étant posé. Il profite de son capital et des plaisirs de la vie (y compris mécaniques).
Le second vit dans l'insécurité et tente de convaincre les autres (qu'ils croient en lui) pour croire en soi. C'est une forme de recherche de validation (sociale).


Hum, d'expérience, c'est trop caricatural. Le comportement parvenu/bourgeois dépend :

1) de l'âge.
Un jeune homme de moins de trente ans qui gagne plus de 7 000 € par mois ne sera que vraiment très (très) rarement raisonnable, et souvent n'hésitera pas à sombrer dans l'ostentatoire (pour ne pas écrire toujours), et là c'est un milieu que je connais bien. Mais avec l'âge tout être humain gagne en sagesse.
Autre exemple, demande à un chirurgien renommé en fin de carrière (qui comme tout ponte qui se respecte a toutes les manières "bourgeoises" dont tu parles) de te parler de son train de vie lorsqu'il était jeune chirurgien (post assistanat)... Je te parie qu'il se comportait exactement comme un "parvenu".

2) De la culture :
Prends l'élite arménienne en France, par exemple. Et donne moi le nom d'un procureur, préfet, avocat ou adjoint au maire d'une grande (ou même d'une petite) ville ou "homme d'affaires" arménien, ou même d'un chirurgien ou d'un commercial issu de cette classe de la communauté, qui n'aurait pas une très grosse voiture. C'est culturel et profondément implanté comme une nécessité, ici.

3) Du type d'enrichissement :

Fortunes familiales :
M. a hérité de l'empire familial fondé par son grand père, basé sur le commerce international de certains minerais, et est très impliqué politiquement. De plus il arbore fièrement le titre de "plus grosse fortune de [zone géographique de taille moyenne]. Or il se comporte typiquement comme un """parvenu""" (alors qu'il n'en est pas un).

Neo-fortunés :
patron d'une multinationale seconde mondiale de son secteur d'activité (sous domaine du bâtiment), qu'il a créée et développé lui-même. Il roule dans une vieille audi douteuse et rends visite à ses amis avec des chaussures scotchées depuis le jour ou son chien a décollé la semelle pour se faire les dents (c'est à dire il y a plus d'un an). Lui, il se comporte carrément comme s'il était pauvre. (De même une autre connaissance, qui se plait à se faire passer pour son propre chauffeur :D mais là c'est plus par humour et auto-dérision...)

Sous-divisions des catégories précédentes :
- Fortunes basées sur du commerce de terrain : "petits commerces" qui se sont multipliés et rependus : les personnes ont généralement un rapport à l'argent très utilitaire et peu ostentatoire qui se transmet quasiment intact sur une ou deux générations.
- Fortunes basées sur les flux financiers impalpables ou sur le commerce d'énormes quantités à l'échelle internationale : richesse très ostentatoire la plupart du temps.

4) Selon le mode de survenue de la fortune : rapide ou progressif ?
Mon meilleur ami est passé en l'espace de deux ans, de la case vieille bmw d'occasion à la case porsche cayenne turbo S 2009.
A l'opposée, une personne qui engrange ses lingots au fil des décennies, aura un rapport à l'argent beaucoup plus terre à terre.

5) Pour une personne donnée : en fonction du lieu et du moment
Non ce n'est pas parce que tu croises ce "fils à papa" aux allures de fier parvenu dans son joli cabriolet, qu'il ne sait pas être tout à fait rigoureux, terre à terre et modeste en des lieux et des moments qui l'exigent.

_________________
Pour en revenir à ta voiture :
Et puis, la vendre, c'est brûler mes bateaux. Wink


Hum, je connais l'expression brûler ses bateaux appliquée à l'économie, mais c'est exactement l'inverse : un gérant de 3 McDonald's dans le sud de la France voulait se développer de façon massive. Pour se motiver, il a brulé les bateaux : il s'est acheté un château à retaper, chose au dessus de ses moyens. Il n'avait donc par la suite d'autre choix que de vraiment gagner plus en développant son activité. Chose qu'il a faite, il a réussi à s'étendre sur 7 McDonald's et un 8ème en construction, et a pu retaper son château (puis sa femme a divorcé et est partie avec la moitié de sa fortune nouvellement acquise, mais ça, il ne faut pas le dire :roll: )

J'ai peur qu'en vendant cette voiture, tu te donnes la possibilité d'en rester là, puisque tu te retrouverais dans un état stable qui pourrait te convenir si ta détermination flanchait.

Enfin bon, dans tous les cas, tu es mieux à même de juger ta situation que moi, et puis il n'y a pas une seule et unique bonne décision. ;)

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wu-weï
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Messagede wu-weï » Lundi 19 Avril

2 pages de débat, d'échange de qualité comme ça et sans bataille d'ego : c'est quand vous voulez!

Si ça peut aider : les raisons de l'achat et ses motivations.

Un fait établi est que j'aime les mécaniques avec un peu de puissance.
J'ai par exemple possédé un vieux buggy sur base de cox, préparé qui tournait en 13,3s au 400m départ arrêté.
C'est un meilleur temps que bien des GT à 200 K€.
C'est mieux qu'une Viper ou une Aston...

J'ai coaché et participé à deux évolutions d'un moteur turbo de 400cv monté dans un buggy et tourne en 11.3s.
Plus quelques autres trucs du genre.

Je sais ce qu'est une voiture qui pousse.
J'en suis revenu.
Ca me coûtait pas mal d'argent. J'y ai sacrifié beaucoup y compris dans ma vie personnelle.

Pour les sommes dépensées, j'aurais depuis longtemps pu rouler en Porsche (une veille) ou une auto du genre dont la perception sociale est carrément différente..

La première année de sortie du Boxster (ouais, c'est pas terrible) ma soeur en trouve un d'occasion avec quelques milliers de km et un prix qui lui permet de le vendre un an plus tard sensiblement au même prix.
C'est un modèle qui a servi aux essais de la presse, full option dont un équipement qui n'était pas au catalogue : freins céramique.

En montant dedans, je réalise que, dans ma vie, j'aurais aussi pu le faire (mais je ne l'avais pas fait). En repassant dans le quartier où nous avons grandi, par la fente qui sert de fenêtre et me rappelle les speedster 356 (j'en ai conduit un, une fois) je vois les regards.
Une autre fois, dans une rue, je constate que le regard des autres n'est pas celui que l'on récolte avec une voiture marrante ou à fort capital de sympathie.

Ces épisodes m'ont marqué.
Je comprends sans savoir réellement que l'image que l'on projette conditionne le regard des autres.
A cette époque, on ne trouvait de Boxster S à 15 000€.


Les années passent. J'ai arrêté et décroché des vieilles VW dopées.
Je roule dans une citadine anonyme.
Quand je la plie en m'endormant au volant (à force de sortir), une aube de novembre, c'est le drame.
Je me dis alors que j'ai deux façons d'aborder la chose : c'est un drame ou une opportunité.
Je choisis l'opportunité. J'ai un peu d'argent d'avance. J'en emprunte une autre partie. Je n'ai quasiment pas de loyer ni de charge.
Dans le budget, je cherche ce qui me plairait le plus.
J'ai l'habitude des voitures sans toit. J'adore ça.
D'un autre côté, j'ai envie de la sérénité d'une voiture fiable.

"Tu mets de l'essence. Tu tournes la clé et tu pars à l'autre bout de l'Europe."

La facilité d'une citadine, le plaisir du cab, un compromis raisonnable avec la puissance et du plaisir à conduire. Au moment de l'achat, je me doute bien qu'on me considérera autrement mais je ne sais pas comment.


Par ailleurs, pour nombre de mes "amis", je suis ce type sympa qui roule dans des drôles de voitures qui font du bruit et qui lèvent les roues avant.
Pour le prix d'une A3 neuve, d'une série 1, je roule dans un truc qui n'a AUCUNE perception sociale.

Ca, je m'en suis rendu compte après l'achat du SLK.
J'ai vu des amis changer de perception à mon égard, ce qui m'a surpris.
Pour moi, c'était juste une "jolie voiture", confortable et que je kiffais à conduire.

Quand on allait en groupe d'un bar à un restaurant, les filles montaient avec moi.
Quand je proposais de raccompagner quelqu'un plutôt que de prendre le bus, on me disait oui, systématiquement.

Tout ça m'a étonné.

J'ai aussi eu des réactions de jalousie, de rejet, d'agressivité...au début.
Je n'avais pas du tout une attitude de "parvenu" ou de flambeur.
J'ai vite compris qu'il ne fallait pas s'isoler et expliquer que "Ca vaut le pris d'une Modus DCI neuve."

Là, j'ai commencé à me rendre compte que beaucoup de gens, que j'appellent "la masse", sont enfermés dans leur échelle de valeur préjugée.
Je l'ai vécu comme une rupture. Peut-être une rupture avec moi-même?
J'ai surtout compris que nombre de gens m'appréciaient car je ne les dérangeaient surtout pas.

J'ai connu la même chose avec les vêtements.
Mon premier cuir était un Gianfranco Ferre, rouge.
Au début, quand on me demandait la marque, je répondais, tout content. J'étais arrivé à me payer un truc que je trouvais beau et qui me plaisait. Pour moi, c'était une joie.

Je pensais que j'allais pouvoir partager ma joie et mon plaisir avec eux.
J'ai partagé leur aigreur, leur amertume et leur limitation, le reflux de leur frustrations inexprimées diverses et variées*, leur refus de l'élévation quelle qu'elle soit : intellectuelle, psychologique, philosophique, vestimentaire, etc.

Ca m'a coupé de ces gens.
Ca m'en a amené d'autres...plus intéressants au sens où ils étaient plus "comme moi".

La voiture a produit le même phénomène.

Quand j'ai acheté ma première paire de Margiela, j'ai fait la connerie d'en dire le prix.
Par dépit, j'ai fini par me moquer d'eux afin de couper définitivement les ponts.
Un an après, quand j'ai acheté une paire de Dior, je n'ai rien dit.
Je l'ai fait pour moi, ma satisfaction, mon plaisir.

J'ai changé.
Mais aussi parce que le regard des autres sur moi a changé.

Du type au look de skater qui roule dans un buggy aussi inutile que bruyant et à l'image d'ado attardé, je suis passé à un type à qui on fait des réflexions positives sur son style, ses conversations, son humour, sa pertinence. un type à qui l'on demande "mais comment tu fais pour toujours avoir des sneakers et des vestes comme ça, trop stylées?"
Je suis celui qui porte des jeans de couturier, roule en Mercedes, sais quoi dire, quoi faire, est poli, agréable, sais aborder la femme qu'il veut presque quand il le veut à la cantine, voire, le fait pour les autres.

Qu'on le déplore ou pas (et moi, je le déplore) la voiture, les vêtements, l'art de la conversation m'ont apporté en crédibilité, à tous points de vues.

Mais si ça a changé la perception des autres à mon égard, ça m'a changé aussi.
la perception "sociale", c'est un dommage collatéral à une envie de plaisir pur, naïf et enfantin que je n'ai que trop rarement pu partager hors de toutes considération sociale.
A regret d'ailleurs...

J'ai pour habitude de partager le volant, de faire essayer.
J'ai pu le faire trois fois.
J'ai du le proposer cinquante.



*C'est pourquoi j'écris régulièrement à ce sujet. Je l'observe, le découvre depuis 3 ans.
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Messagede wu-weï » Lundi 19 Avril

Je ne veux plus côtoyer que des gens heureux.

Tout le monde, ici, connait la loi des 48 lois du pouvoir de Robert Greene : "Avoid the unlucky and the unhappy".
Dernièrement, j'ai adopté une nouvelle politique : Je ne veux plus côtoyer que des gens heureux.
Elle est le point de départ de ma motivation pour me construire une nouvelle vie.


Les gens qui ont une mauvaise énergie et me gâchent la mienne, me la pompent me sont devenus peu à peu insupportables.
Ils réduisent à néant, en quelques phrases, en se plaignant de leur chef, de leur job, de leur mari, de n'importe quoi pourvu qu'ils se plaignent, la bonne humeur, l'énergie et le joie que vous pourriez avoir envie de leur transmettre.


Ceux qui vous gâchent la vie (les gâcheurs) débordent d'ingéniosité pour pourrir la vôtre comme si, justicier (à peine masqués) d'une inégalité qui n'est que la leur, il fallait ab-so-lu-ment qu'ils redressent ce tort que vous auriez de vouloir vivre et, plus insupportable pour eux encore, d'être heureux.


J'en suis particulièrement cerné à mon travail.
Pendant longtemps, j'ai cru "devoir faire avec" jusqu'au jour où, à table, n'y tenant plus, j'ai eu cette réflexion, à haute voix, sortie toute seule, sur un ton tout à fait neutre et détaché :

W : Je ne veux plus côtoyer QUE des gens heureux.
Collègues : :shock:
W :...si vous n'avez pas une anecdote intéressante, drôle, gaie, joyeuse ou positive ou constructive, ne me parlez pas.
W : (puis me justifiant auprès de quelqu'un que j'apprécie) Soit ils font ce qu'il faut pour être heureux et régler leurs problèmes, soit ils arrêtent de se plaindre et de ne rien faire.

Et j'ai continué de rêvasser à table, tout à mes pensées.


Depuis, quand ils s'adressent à moi, ils cherchent à être intéressants, drôle et constructifs. ils ne se plaignent plus.
Dés qu'ils font mine de se plaindre, je les zappe et passe à autre chose.

J'ai une paix royale et mon niveau d'énergie est bien plus élevé puisqu'ils ne l'abîment plus.
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Messagede wu-weï » Lundi 19 Avril

A côtoyer Stéphane pour les entretiens, j'ai compris que des gens heureux sont plus intéressants.

A côtoyer d'autres gens heureux, je me suis rendu compte que, souvent :
- ils ont des projets qui leur tiennent à coeur
- ils se réalisent
- ils ne "sont pas esclaves de leur condition"
- ils se dépassent
- ils ont des quêtes
- ils les atteignent parfois, conscient que la magie est dans le voyage et pas la destination
- ils essayent (puisque 100% de ceux qui y arrivent (quelque soit l'objectif) ont essayé...)
- ils ne se demandent pas si ils peuvent mais comment ils peuvent
- ils côtoient d'autres gens heureux qui ont les mêmes caractéristiques
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Messagede wu-weï » Lundi 19 Avril

Une vie comme ça?

Un soir, je me rends à Paris muni d'un bien précieux : un carton d'invitation pour un vernissage.

Je connais un tout petit peu l'artiste. Nous avons des connaissances en commun, ce qui, en plus de son art dont je ne sais que très peu de choses, nous fera un sujet de conversation.
J'ai un noeud au ventre.
Je ne sais pas ce que je vais trouver.
Ce que je ne sais pas, c'est que je vais trouver l'étincelle d'un désir enfoui en moi et que ces instants vont la révéler.

Je n'ai pas de culture de l'art.
Je ne peux pas faire illusion et "briller".
Je ne peux donc qu'être moi.

Ma chance : son art me parle, m'interpelle, me touche.
Si j'étais riche, j'achèterais des oeuvres qui me touchent.
Non pas pour faire snob, mais pour renouveler, prolonger et approfondir le plaisir et l'émotion qu'elles me procurent.
Par esthétisme du plaisir ressenti.

Dans les galeries, il y a des oeuvres qui ne font rien, qui ne me parlent pas.

Là, c'est différent.
Je bloque. Ca me parle.

Nous discutons. Il y a peu de monde et je prends soin de ne pas finir ma coupe.
Un verre, c'est comme une cigarette : un sablier.
les gens sont polis, agréables, ont l'art de la conversation et un savoir-vivre et être rare de par sa qualité.
C'est beau.

Entre une femme.
Mon âge à peu près.
Grande.
Sublime.
Grande classe.
Habillée un peu "en négligée de soi" et sport...mais...pfiou!

Peut-être un ancien mannequin...
J'ai pas le standing ou ce qu'il faut.
Je suis déjà émotionnellement submergé. Incapable de donner plus et pas le sentiment d'être bien à ma place.

Je vide mon fond de flûte.
W : Je vais te laisser avec tes amis. Il faut aussi que tu t'occupes d'eux.

Et je quitte le lieux.

Alors que je marche sur le trottoir pour rejoindre ma voiture puis ma banlieue, je me fais cette réflexion d'enfant :
Moi aussi, je pourrai avoir une vie comme ça?*


*Congruente, ma normalité, mon univers.
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wu-weï
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Messagede wu-weï » Lundi 19 Avril

John Wayne (suite et fin)

Je n'ai pas fini de vous raconter cet épisode qui est important.
Pour résumer, nous étions donc avec Stéphane, au Westin, la semaine suivant la fashion-week les quelques minutes après l'entretien.

Je suis attiré par ce bruit, de Dzinnn, Dziiinnn qui me fait penser aux éperons des cow-boys dans les westerns et je m'attends à voir surgir, de dos, John Wayne.
Mes yeux se portent naturellement vers "les bottes"...

...Et ce ne sont pas des éperons, mais de petites symbales sur des bottines.
Mon regard remonte : un leging, des mollets, des cuisses, des jambes longues, fines et musclées...un fessier en coeur et légèrement arrondi...un pull chauve-souris...c'est donc une femme? Pas un cow-boy? Une nuque longue, des cheveux blonds relevés et nouées en queue de cheval...vêtements de bonne facture...de couture peut-être? Putain, mais c'est une bombe!

Elle s'arrête, se plante, la tête haute puis, la tourne.
Mon Dieu, quelle beauté!
25-27 ans peut-être...le maquillage est impeccable. Le style, le goût, sûrs.

Elle inspecte la salle à la recherche d'une place, d'une table.
Elle nous a bien vus.
Elle réfléchit un court instant et se dirige vers la table dans mes 12H.

Là, je fais une erreur que nous faisons tous : j'arrête ce que je suis en train de faire. Je suis subjugué.

Stéphane me parle alors qu'elle avance : Nan, mais là...là, elle a un air tellement blasée que ça gâche...
Je me tourne vers lui, ahuri par sa beauté irréelle. Irréelle au sens de hors du réel.

Une fois, avec une amie, j'avais croisé un mannequin homme de très haut niveau. Il était beau comme un Dieu. C'était indiscutable. Il faisait la pub du parfum Déclaration de Cartier.
Elle me rappelle la mannequin de Guerlain, Lancôme ou je ne sais plus quelle marque.

Tout ça se passe très vite. Stéphane poursuit :
...Elle a l'air tellement blasée. Ca pue tellement le fric...blasée par le fric, si jeune...

Ce n'est pas un rejet du fric ou une jalousie de la part de Stéphane.
Je comprends ce qu'il veut dire.
Je me souviens d'une nana qui disait qu'elle aimait le luxe et à qui j'avais rétorqué que ce n'était pas avec nos moyens et là où l'on vit que l'on sait ce qu'est le luxe. ce n'est pas en se payant un sac Vuitton ou Chanel en économisant plusieurs mois que l'on sait ce que c'est.
Le luxe, c'est l'image de cette pub Dior où Claudia Schiffer descends d'une vielle Rolls, dans la cour d'un château, pour s'y rendre.

Là, c'est la Claudia de 25 ans d'aujourd'hui. une de ces mannequins qui ne slèvent pas en-dessous X0000 € la journée de travail à côtoyer les plus grands couturiers, industriels et artistes.

En même temps que je pense à tout ça, très, très vite, le patron poursuit. Il a compris que bien que ce soit une folie...j'y pense. Je pensais voir John Wayne...et je la vois, elle. c'est un début d'ouverture. Casse-gueule, quasi impossible à maintenir en interaction ensuite mais...Et puis, j'ai aussi perçu la même chose que lui : là, c'est un autre monde.
On ne peut pas séduire tout le monde.
Je me range à ma raison quand il entame la phrase suivante :

S : Là, si t'es pas capitaine d'industrie, acteur, artiste, rock-star...elle est tellement blasée malgré son âge, que c'est même pas la peine...

J'ai les yeux grands ouverts. Ca tourne à 1000 à l'heure dans ma tête. Elle vient de s'asseoir, face à nous à 6-7 mètres ce qui est peu, mais beaucoup dans un endroit aussi confiné, confortable et polissé.
J'hésite. Il a raison. Je le sais.

Et là :
S : En même temps...celui qui y va, là. Qui va lui parler, prendre son numéro ou autre chose...
W : (en moi-même) Heuu, non. c'est pas possible...
S : Même qui s'assieds et arrive à briser la glace et converser...
W : (Toujours en moi-même) Heuuu, mais même ça en fait...
S : Là, je lui laisse ma place. Mais là tout de suite. Je lui laisse ma place...
W :...Non mais...je sais bien que t'essayes de piquer mon ego de mâle :D ...mais là, c'est pas possible. C'est pas mon monde.

Et puis nous reprenons là où nous en étions.

Deux amis, visiblement homos, la rejoignent.
Elle regarde la salle comme n'importe qui regarde une salle dans un bar mais, quand elle regarde vers nous, elle baisse la tête et les yeux, prends une cacahuète ou une des saloperies confites servies dans des ramequins, puis relève le regard vers nous, le plante une demi-seconde, puis regarde de nouveau la salle et ses amis.

Je n'ai pas de regrets.

Il y a des gouffres que l'on ne franchit pas.

C'est ce soir -là, il me semble, que Stéphane m'a dit :
S : Je t'ai déjà parlé le Patrick?
P : Non, tu ne m'en as jamais parlé. C'est un de tes amis?
S : C'est un de ceux qui...il faudra que je t'en parle...
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Messagede wu-weï » Mardi 20 Avril

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Equus
 

Messagede Equus » Mercredi 21 Avril

(Bon, mon intervention est un peu dépassée, et sans vouloir tout badibulguer dans le chouette journal de Wu-Weï, je voudrais quand même répondre à Iliad :) )

Iliad a écrit:
Equus a écrit:Pourtant, l'idée de brûler mes bateaux pour me forcer à aller de l'avant ne me semble pas être nécessairement une bonne chose. Ça signifierait que ma motivation à aller de l'avant ne serait pas assez forte ? Ou en tout cas pas suffisamment en rapport avec les forces qui me tirent en arrière ?

Tu es étudiant et tu as une dissertation à rendre pour dans deux mois tu te sens plus motivé pour la faire deux mois avant ou la veille ? :)

Ça dépend, si la dissertation est intéressante, je la prendrais le temps de la faire. Mais si ça me gonfle, il y a de forte chance que je la fasse à l'arrache la veille.

Mais, je sais que je ne suis pas un bon exemple aussi. ;)

Je suis d'accord avec toi sur le fond, mais ce que je veux dire, c'est que ça n'est pas une attitude libre et responsable dans l'absolu.

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Iliad
 
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Messagede Iliad » Mercredi 21 Avril

Pourquoi ce ne serait pas une attitude "libre et responsable" ? C'est une stratégie comme une autre, tout simplement.

Equus
 

Messagede Equus » Jeudi 22 Avril

Iliad a écrit:Pourquoi ce ne serait pas une attitude "libre et responsable" ? C'est une stratégie comme une autre, tout simplement.

Je crois que c'est plus la démotivation qu'une quelconque stratégie assumée qui pousse à ce comportement. Enfin, pour mon cas, je sais que ce serait ça. Et à ce que j'ouïs dire autour de moi, je généraliserais sans trop penser me tromper. :)

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