Je ne méprise pas. Je mets le doigt sur un "bug" dans leurs vies et qui a été celui dans la mienne.
Ayant été comme eux, voire pire, je ne me contente pas de décrire ce que j'ai vu : je l'ai vécu.
Comme d'autres, j'ai tendance à ne plus supporter ce que je déteste chez moi.
Ce n'est pas que ça m'irrite ou m'énerve, ça me renvoie à la douleur que je vivais.
Cette douleur, je n'en avais parfois même pas conscience en ce temps.
J'aime toujours autant cet exemple tiré du film
Roger Dodger où Roger, publicitaire, explique à son neveu Nic' que son métier est de désespérer les gens en leur faisant croire que pour remplir le malaise qui est dans leur vie, il vaut mieux acheter le produit qu'il vend plutôt que de faire ce qui est nécessaire pour résoudre ce mal-être.
C'est un principe de base du marketing qui exploite la faille qui est en chacun de nous :
La guerre intérieure.
Certains ne sont heureux, ont une vie à côté.
D'autres pas.
Entre passionnés d'automobile, on a toujours des discussions qui tournent autour du plaisir que l'on éprouve au volant, de la ligne, de la rareté, de ce que l'on éprouve, normalement...
Pas là.
Sans retomber dans le débat du
Lifestyle et conduite automobile ou d'
avoir une voiture, une vraie, les sommes et le budget qu'ils investissent est énorme.
Mais encore, si c'était pour en jouir. Je comprendrais.
Certains n'ont pas de vie sentimentale, ont une vie sociale
uniquement à travers cet univers.
Et comble de tout, plutôt que de posséder
une voiture qu'ils kiffent vraiment, j'en connais plein qui possèdent plusieurs épaves plus ou moins roulantes mais, "ils ont ces modèles".
C'est là que ça rejoint Nic' et son Oncle Roger :
Plutôt que de vivre une passion, ils en sont esclaves et aliénés et passent à côté de ce qu'est la vie : le plaisir.
Idem pour un gros joueur vidéo qui vit au travers d'un bot ou d'un avatar.
Idem pour quelqu'un qui ne vit qu'exclusivement dans les livres, les films, le rêve, le fantasme.
Il y avait une pub
playsation, the other world.
On y voyait une société à la Blade Runner où l'image de la caméra nous montrait des gens écrasés par la vie.
En sous-titre, on lisait sous chaque personnage :
J'ai commandé des armées
J'ai sauvé le monde
J'ai été champion du monde
Puis tombait ce slogan, chuchoté, sifflé à l'oreille : Playstation, the other world.
Comme si il y avait "une autre vie".
Il n'y en a pas d'autre.
Elle est ici et maintenant.
Ca me fait mal de voir un de mes amis passer sa vie dans des granges poussièreuses, à chercher la validation de geeks qui l'aliènent, sans vie sentimentale depuis que sa femme l'a quitté voilà plusieurs années "parce qu'il sortait tout le temps voir ses copains" et "qu'il n'était jamais là" alors qu'il gagne près de 4000€/mois et qu'il ne fait rien de ce qu'il est.
Parce que c'est un type génial que j'aime beaucoup, hormis ça.
Au milieu de types qui gagnent 1500€/mois (eux n'ont pas sa liberté financière), fuient l'ennui de leurs vies avec bobonne qui tient la laisse trop courte sauf dans cet "espace de liberté relative" qu'ils ont pu s'aménager.
Le pire, c'est que l'un d'entre eux trouve que 300€ pour une carte grise, "c'est trop cher" alors qu'il possède 6 voitures avec ces revenus.
Pour moi, c'est un non-sens.
Ce gars, si tu lui enlève ses voitures sans intérêt historique (Golf ou Polo de 10 à 15 ans - la CG est moitié moins chère), sa mégère avec son roquet, il n'est plus rien.
Sa seule conversation est le prix de l'assurance, du cheval fiscal, de la courroie de distribution qu'il a changé lui-même (et achetant pas les pièces chez le constructeur : trop chers ces voleurs!) pour économiser 100€...quand il en possède 6!
Il y a 50 ans, il aurait été rougeot au PMU du coin à jouer au tiercé.
Ce qui est un peu le même schéma transposé dans un autre environnement.
Je ne juge pas.
Je ne dénonce pas.
Je ne méprise pas.
Je déplore parce que c'est triste et trop banal pour ne pas le remarquer.