31 décembre - Réveillon
A un ami qui me demande ce qui est neuf :
W : Je suis avec une nana.
A : Ah oui?
W :Ouaip. Je la connait depuis un an. Ca fait quelques jours qu'on sort ensemble. On s'entend bien. On a plein de goûts communs, une même sensibilité. Y a pas de "mais". Ca coule de source, naturellement. C'est évident. Ni elle, ni moi, on aurait pensé sortir ensemble. Mais putain, ça marche bien!
A : Alors que demander de plus?
W : Rien!
Un peu plus tard, en rentrant de la terrasse, une petite brune bien dynamique et éméchée me dragouille. J'esquive, surjoue, détourne en faisant semblant de ne pas voir qu'elle se colle à moi et cherche mon contact.
Quand elle se met son mon bras et mon épaule, je fais barrage :
W : Nan, mais...je suis en couple.
E : Tu t'en, fous. Elle est pas là!
W : Elle est pas là mais je ne m'en fous pas.
E :
W : Habituellement, je m'en fous. Ca me dérange pas. Je me considère comme célibataire. Mais là, c'est sérieux. J'en n'ai pas envie.
E : Tu as raison : ne fais rien que tu regretterais.
W : Non. Je ne ferai rien que je puisse regretter.
Et je rejoins d'autres gens en l'abandonnant à la piste de danse..
En temps "normal", j'aurais joué et poussé le bouchon, ne serait-ce que par ironie et goût du jeu. Je n'en ressent aucun besoin ou envie.
Avant de la rencontrer, j'étais tenaillé par la promeese d'une possible rencontre.
"Ne pas la louper. Faire ce qu'il faut. Etre prêt."
Prêt à quoi? Louper quoi?
Ben...rien. J'ai tout.
Un peu plus tard, une brune ronde, grande avec une peau superbe et à la sensualité transpirante précise un peu le sens de nos déconnades de réveillon. Je comprends son intérêt. Je fais diversion.
Un Russe et une Libanaise flirtent sans s'embrasser.
W : (A la brune replète et sensuelle) Regardes : Elle est prète et il ne voit rien.
B : C'est clair. Quel con!
W : Attends. Je vais les aider.
Je m'approche et me positionne dans les 8 h du Russe qui tourne la tête à 2 h. M'adresse à la Libanaise par signe :
W : Il t'a embrassée?
L : (Désespérée et par signes) Naaaannn!!!!!????
W : (Toujours par signes) Ben alors?!
L : Chai pas...
Là, le Russe vois qu'il se trame un truc et se retourne vers moi. "Je fais style je danse et je kiffe." (oui, ce n'est pas très français mais ça traduit bien).
Je me retourne, ouvre les yeux. Il s'est de nouveau tourné. Elle est morte de rire. Nous sommes de connivence.
Plus tard, je recommence.
Encore plus tard, ils sont à moitié assis et moitié addosés à un meuble bas de 80 cm de haut. J'arrive de face et à haute voix.
W : Alors, il t'a embrassée?
L :
R :
W : Quoi? Il t'as pas encore embrassée?
L : Ben nan!
R :
W : Qu'est-ce que tu fous?
R : De quoi?
W : Attends...On ne voit que ça depuis tout à l'heure! Elle est là, prète. Elle se laisse faire, te suis partout, du regard, du geste, se plies à toutes tes invitations, se laisse toucher, enlacer, ses yeux ne regardent que toi, et toi? Tu ne vois rien?
R :....
W : Tu vois pas qu'elle est prète à ce que tu l'embrasses? Et toi, tu traines!
R :

Nann...maiss...
W : (me tournant vers elle) T'es prète à ce qu'il t'embrasse?.. Tu attends même...
L : Oui!
R : Mais...
W : T'es con ou quoi? Là, elle vient même de te le dire : "Je suis prète, j'attends que tu m'embrasse." Elle le formule! Ce qui est super rare chez une femme. Il faut te le dire comment?
A ce moment où il ne sait pas quoi dire, elle lui passe tendrement la main droite sur la joue, comme on le fait jsute avant d'embrasser quelqu'un.
R :...
W : Et là? Tu vois? Ca c'est un geste qui veut dire, qui t'invite à l'embrasser. Pas vrai?
L : Ouiii.
Pour mettre fin à sa gène et un possible ressenti d'humiliation, je détourne le ridicule sur moi.
W : Tu te souviens de Star War?
R : Oui.
L :
W : Tu te souviens du moment où Luke Skywalker descend dans l'espèce de rue de l'étoile noire avec plein de lasers et des vaisseaux au cul?
R + L : Oui!
W : Quand il entends (je mime Hobby One) "Luke, écoutes la force. Remets t'en à la force. Laisses la force te guider" et qu'il replie le système de visée électronique?
R + L : Oui!
W : Hé ben là...c'est pareil! Au bout, il y a une toute petite fenêtre de tir pour les fusées à proton. Et là, ta fenêtre de tir, dans une fin de soirée comme ça où elle va se dire qu'elle ne veut pas rentrer seule, ben t'as trois minutes de fenêtres de tir pour l'embrasser. ca fait trop longtemps que tu la laisse mijoter. Elle va croire que tu veux pas et la fenêtre va se refermer.
Et je me barre et me retourne en pointant mon index vers lui :
W : T'as trois minutes!
Il la prend pour danser un peu. Tourne deux minutes autour du pot.
Et il l'embrasse. Ils rentreront ensemble.
Un de mes potes reste dormir sur place où dort aussi la brune replète et sensuelle.
Il la chope.
Le lendemain, j'ai trois demandes d'amies facebook.
Hormis la Libanaise, je ne sais même pas qui sont les deux autres.
Moi, je n'ai qu'une envie : retrouver la mienne, d'(e petite) amie.