8 mois pour prendre son numéro!!!!!
profil : Low Self Esteem intravertie suite à une fin de relation douloureuse.
Ses amies la "trahissent" en me rapportant qu'elle vient de passer deux ans, seule, sans rien.
Elle fait partie d'un groupe d'amies rencontrées début juin. Brune, méditéranéenne, elle a grandi en RP mais sa famille est originaire du sud de la France. Père expatrié aux Emirats où elle passe les vacances en princesse. Cadre dans le 8°, elle en a le style vestimentaire, la tenue, la classe. C'est plutôt rare en banlieue.
32 ans, elle habite toujours dans son appart à loyer modéré (pour la surface) et acheté en investissement locatif à coté. Elle est du genre à savoir ce qu'elle veut et ne pas faire de compromis.
Elle a peur de moi et est souvent restée distante. Dans le groupe, elle préfére des gars plus calmes, plus rassurants. Ce style d'échange y est pour quelque chose dans sa réticence :
dans une soirée d'anniversaire, une de ses amie : mais comment tu sais qu'un mec t'aime vraiment?
Elle : Tu le fais attendre un an. Là, au moins, t'es sûre!
Moi, m'immisçant : Ah ben oui!

Le mec qui attend un an, c'est vraiment un bouffon et puis franchement, c'est quoi ces raisonnements de petite fille? Hey, réveille-toi! T'as passé la trentaine. Le mec que tu fais attendre un an, en un an il a rencontré 10 filles et il t'a oublié depuis longtemps. Faut grandir...
Les deux :
Deux mois plus tard, ses amies me confient "qu'elle aimerait bien se lâcher, mais qu'elle n'y arrive et ne sais pas comment". AFCisme féminin.
J'ai du déployé des trésors de confort pour rattrapper ce genre de conneries qui, dan sle même temps, la font avancer.
Un soir où elle a fait la baby-siter pour une des amies du groupe, à son arrivée, je lui interdit de poser son manteau et la prend par le bras pour descendre avec moi :
M : J'ai une surprise pour toi.
E : Une surprise?
M : Oui. Et ça va te plaire. Toi qui aime les belles choses, tu vas être la première.
E : T'as changé de voiture?
M : Oui, viens.
Et on part faire un tour.
En remontant à l'appart, elle me dit qu'elle veut l'essayer, la conduire.
E : Ah mais je suis une pilote, moi!
Yes! 6 mois pour qu'elle m'offre un début de projection. Je n'ai toujours pas son numéro. Je lui ai demandé 4 fois dans le passé, et du refus simple et catégorique, elle est passé au "passes par machine pour [organiser la soire]", puis à "elle oublie de me le donner et on en reparle pas".
Ce coup-ci, je ne demande pas.
Le fil est ténu. Il ne s'agît pas de le rompre.
Elle va poireauter.
6 semaines passent avant de se revoir à l'occasion de l'emménagement de l'une d'entre-elles. Une séparation, une fille, hébergée chez une amie, c'est pour cette femme la récompense d'une année de galères, d'insécurité et d'épreuves.
Nous sommes donc là pour l'entourer.
A cette occasion, elle me parle d'un soucis d'ampoule de phare sur son auto. Explications, badinage, je la noie un peu dans la technique pour les changer...
M : Mais si tu veux, je peux le faire. Ca prend 10 minutes.
E : Oui mais je sais pas si c'est les bonnes. Y a différents modèles?
M : Oui, il faudrait en démonter une pour voir. Après, on va les acheter et on les change. Comme ça, je te montrerai comment on fait. Et puis tu sauras pour plus tard.
Divers détails de RDV et :
E: Ok, on s'appelle et on voit cette semaine!
M : (un peu moqueur)...oui, mais sans numéros, je ne vois pas comment on va s'appeller...
E :

Ah bon? T'as pas mon numéro? Ah, je pensais que tu l'avais?
M :

Non, d'ailleurs, sans numéro, je pouvais pas t'appeler pour essayer et conduire ma voiture...
E : Ah, non mais il faut que j'te l'donne!
C'était pas encore fait.
L'après-midi se passe à déménager. Elles ont une sérieuse propension à nous regarder et donner des ordres. Au deuxième voyage, elles se font du thé, du café tandis que nous montons et descendons les escaliers chargés. Je ne dis rien sur ce chargement mais à la fin, dans l'appartement, alors qu'elle propose café ou cappucino à une autre, mon ego de mâle dominant reprend le dessus. Et je charrie.
Mais j'organise aussi, du coup, le déchargement dans le nouvel appartement, assignant un rôle à chacun et chacune.
Mais je charrie un peu trop pour elle. Je la vois se fermer, pensive. Low Self Esteem. Blessée.
Je pose ma main sur son épaule :
M : Plus on va vite, plus vite [celle qui emménage] est chez elle.
Rassembler autour d'un but permet de dépasser les problèmes d'ego et de sensibilité pourvu que ceux à qui l'on s'adresse y adhèrent. Puis d'ajouter :
M : Je t'aime quand même, tu sais?
Je fais le sergent-chef le reste de l'après-midi. J'organise, place qui dispatche, qui décharge, qui monte les trucs légers, les lourds. Et ça se fait naturellement. Les gens aiment bien qu'on prenne la responsabilité et le leadership qu'ils n'osent pas prendre.
Le pire, c'est qu'ils vous aiment pour ça.
18h, les filles partent faire des courses pour la soirée.
Je pars m'aérer chez moi et me changer.
Retour à 20h.
Nous sommes 4 Hommes dans l'appartement. Le frère, deux de ses copains, moi.
Ils commencent à ranger et aménager le salon.
Je m'attèle à la chambre de la petite. un premier tri/dispatch puis rangement par regroupement. J'installe le lit, les tapis Dora, le couvre-lit, oreiller, couettes.
Je tiens à ce que, lorsqu'elles arrivent, elles se projettent directement dans le lieux.
Les gars installent les fontaines-Bouddha et des bougies.
A leur arrivée, c'est M6 D&CO lors de la découverte.
On est des gars bien.
On a du goût.
Il y a quelques larmichettes.
On a assuré.
Aucun homme n'a jamais fait ça pour moi.
La soirée se déroule bien. Elle est assise dans un canapé à mes côtés. Confort, cocky & funny. Bonne complicité, rires, regards appuyés. Fun.
La conversation en vient aux enfants. Elle a envie d'en parler. Je qualifie et connecte (je l'avais déjà vue avec les enfants des amies :
M : je suis persuadé que tu seras une excellente mère. Tu as ça en toi.
E : Comment tu vois ça?
M : Je t'ai vue, une fois avec Z. C'est naturel chez toi. tu es pârfaitement à l'aise, juste, cadrée et aimante. Les enfants le savent et le sentent. Tu es plus à l'aise avec les enfants que les adultes.
E : (ses yeux brillent)
M : Je t'ai toujours vue un peu distante, réservée (getse d ela main d'elle vers moi), mais avec les enfants, j'ai vu qui tu es vraiment. Une presonne pleine d'amour qui a du mal à l'exprimer.
Elle valide. Un peu d ebadinage à ce sujet puis je passe à un autre sujet en l'incluant avec complicité. On rassemble toujours à se moquer et taquiner (amicalement) un tiers.
Aux douzes coups de minuit, je me retire. Je suis HS et cela intrigue.
Amie : Je suis sûre que tu vas rejoindre une nana!
M : Non,non. Je vais dans mon lit.(je me justifie, voyage province, pas beaucoup dormi cette semaine)
Amie : Ouais, ouais...

C'est ça...
M : Ouais, ok : j'ai rendez-vous avec deux grosses salopes pour les piner
Amie : Ca m'étonnerais même pas, en plus.

Je suis sûre que c'est vrai.
M :

Maiiis nonnn. Je vais m'coucher.
A 2h, je recevrai un sms de "contrôle". Histoire de voir si je suis en mesure de répondre. Je répond et discute un peu avec la copine. Il n'est pas question de me griller. Il faut du confort, pas du prix.
Merci pour tout
Je fais le tour pour dire au revoir et m'arrête sur ma cible du soir. Je sors mon tel et lui tend :
E : eu oui, mais comment j'ai le tiens?
M : Tapes et la touche verte.
Elle laisse sonner le sien. Enregistre, se loupe de nervosité et on recommence. Elle ne sait même plus que je lui ai déjà fait la bise. Je prends un peu de rab'. Elle manque encore de rater l'enregistrement, demande comment on efface une lettre à sa copine, a oublié comment on enregistre, demande conseil, enregistre, puis vérifie qu'elle a bien mon numéro quand elle me demande :
E : Et moi? Tu l'enregistres pas?
M : Il est dans ma liste d'appels.
Sur quoi, je me retire dans mes pénates. Heureux de mon (petit) résultat avec cette super dure à obtenir.