Cette fille me plaît, son fonctionnement cérébral est si proche du mien, je peux le voir clairement rien qu'en lisant sa description : elle semble avoir tapé mes pensées au clavier.
Narcissisme ? Peut-être. Ce qui compte c'est qu'elle me plaise.
Je devrais donc me sentir perdu sur ma façon de l'aborder. Pourtant je suis confiant : elle pense comme moi, je sais donc comment elle fonctionne.
Je ne m'y prends pas comme avec les autres meetic-girls ; exit le mail court et badin reprenant un détail amusant de sa description, je joue la carte de la franchise, misant sur la grande connexion que je parie avoir avec elle.
Concrètement, je lui explique que sa description m'a beaucoup intéressé, qu'elle démontre un niveau intellectuel sensiblement supérieur aux autres filles du site, que ses pensées font échos aux miennes et que du coup elle m'intrigue. Je la valide donc, sans chercher à me qualifier et je ne lui demande aucune réponse explicite.

Ca fonctionne. Sa réponse est 2 fois plus longue que mon message. Elle se dévoile plus. Nous échangeons sur nos façons de penser qui sont effectivement très proches.
Stéphane a écrit:Dans une relation, comme entre deux pierre, pour qu'il y ait une étincelle, il faut que les pierres se choquent dans des directions opposées.
Si elles vont dans le même sens, pas d'étincelle.
Inexacte au début, cette théorie me semble de plus en plus vraie au fur et à mesure de nos messages.
Certes nous ressentons cet effet miroir si rassurant. Mais où est le jeu ? La contradiction ? Vite, s'éloigner un peu de cette discussion trop fusionnelle pour aller sur un badinage sexué.
Je lance alors un sujet léger à côté de nos discussions sérieuses, auquel elle répond en jouant aussi, mais avec le même enthousiasme que celui d'un assistant involontaire choisi par un magicien dans la foule pour réaliser son tour.
Ma tentative de sexuation tombe aussi à l'eau.
Décidément je n'arrive pas à escalader dans l'interaction.
Mais son intérêt pour moi me semble bien présent ! 2 ou 3 fois, elle m'envoie des poèmes écrits plus jeune et que je suis le premier à pouvoir lire (véridique !). Si je ne suis pas devenu spécial pour elle, je veux bien... peu importe le gage !
Je conviens d'un rendez-vous avec elle la veille de ses concours (risqué ?) pour lui faire penser à autre chose justement, rendez-vous qu'elle accepte sans souci.
Une amie à qui j'ai parlé de Charlotte m'a dit à cette époque, comme Stéphane, que nous étions trop identiques pour pouvoir avoir une relation suffisamment passionnante.
Avis validé par le déroulement du premier rendez-vous.
Pourtant j'étais assez fier du café à Paris dans lequel je l'avais emmené, classique mais bonne trouvaille.
Mais mon interaction avec elle s'est juste révélée ennuyeuse : je tentais tant bien que mal de l'amener vers des sujets funs et sexués au lieu de rester sur ces épisodes et pensées de nos vies qui nous faisaient dire "moi aussi".
En fait, ça m'a surtout vidé de mon énergie. Tiens, encore un séminaire qui est tombé à pique : l'énergie.

Intéressant, à l'heure où j'écris ces lignes je me dis à la lumière de ce séminaire que si je me suis vidé de mon énergie lors de ce rendez-vous, elle de son côté a dû absorber assez d'énergie pour avoir justement envie de me revoir.
C'est donc vidé qu'une heure après je la quitte devant le café par une simple bise - plus près de la lèvre au deuxième essai, lui souhaitant bon courage pour ses concours le lendemain.
4 jours et quelques textos légers et normaux plus tard, ayant convenu d'un autre rendez-vous dans lequel je mettais peu d'espoirs (sachant qu'au même moment je voyais une autre meetic-girl qui me plaisait moins mais plus facile à "dompter"), je la revois dans un bar à cocktails très stylé près du Louvre.
La discussion ressemble à peu de choses près à celle eu la dernière fois. L'alcool aidant, j'ai un peu moins d'inhibitions, j'en ai marre, et je lui demande à la manière de
Blusher de me raconter une tranche de sa vie qui pourrait m'intéresser davantage.
D'abord hésitante, elle me raconte une anecdote de sa jeunesse qui me fait me plier en deux ! Fausse timide, cette fille est en fait une véritable chipie têtue !
Mon intérêt grimpe et notre interaction escalade par la même occasion (voilà, c'était pas si compliqué !).
On quitte l'endroit, marche jusqu'au Louvre, quelques contacts de son bras sur mon épaule de sa part que je rends avec plus ou moins de maladresse ^^
On s’assoit près de la fontaine du Louvre (magnifique après 22h). Petit silence pas forcément gênant à ce stade. Elle en profite pour se poser du labello à la cerise.
Moi évidemment : "Je peux goûter ?"
Elle : "Attends alors faut que j'en remette." (Désarmant ^^)
Moi : "Ah non mais je voulais dire sur mes lèvres." (T'en as d'autres des comme ça ?)
Et je l'embrasse doucement.
On continue de se balader autour du musée. Je lui prends la main, parfois lui rends. Je n'insiste pas en n'essayant d'aller crescendo au niveau du contact, je suis confiant.
Puis on rentre dans la bouche de métro.
Il y a 2 ans je me serais dit : "la soirée s'est si bien passée, tu ne vas pas faire comme ces crevards qui tentent de coucher avec la fille dès le premier soir".
Ce soir-là je me suis dit : "la soirée s'est si bien passée, c'est ta chance".
Elle : "Tu vas où ?"
Moi : "Chez toi"
Elle : "Oui, ça sera plus simple que de rentrer chez toi" (Vraiment désarmant !)
Elle me guide chez elle, me fait monter l'escalier grinçant, m'ouvre sa chambre.
A la lumière d'une lampe papier orangée, nous discutons des éléments qui constituent sa chambre, avec un peu de gêne sur ce qui peut éventuellement se passer dans les prochaines heures.
Je l'invite à se rapprocher, mes mains testent la sensibilité de ses bras puis...
Je suis rentré chez moi.

Non je plaisante, j'ai passé la nuit avec elle et c'était...
