de Pierro » Mercredi 29 Juin
Alors ayant vu The King's Speech et le Guépard en 2 jours, je n'ai pas pu m'empêcher de trouver des points de comparaison et de réfléchir dessus.
Je ne ferais pas la critique individuelle du discours du roi, john dilinger s'en ait bien chargé, et le film est suffisamment connu, et largement assez récompensé pour donner envier d'aller voir ce chef d'oeuvre.
My 2 cents :
Les deux films retracent une époque clé, charnière d'un pays, d'une nation.
Les 2 personnages principaux(Don saliva et le Roi George 6) sont non seulement les témoins des troubles et changements de leurs sociétés , mais à cause de leurs rangs sociaux, ils sont aussi obligés d'y jouer un rôle prépondérant voir central.
Bien sur ces troubles ne sont pas les mêmes . Dans l'un c'est l'unification de l'Italie, et la fin de son aristocratie, et dans l'autre c'est la montée en puissance de la seconde guerre mondiale , et l'apparition de nouveaux médias (la radio) qui bouleversent la manière dont se joue l'exercice du pouvoir.
Mais nos 2 personnages ont ceci de commun que ces changements qui se profilent ne leurs sont pas , mais alors vraiment pas bénéfiques.
Au sommet de l'échelle sociale , ils ne peuvent rester spectateurs, et doivent composer avec ces nouveaux problèmes.
Et ils vont leurs imposer de faire des choix radicaux, et d'evoluer pour "survivre".
Et après faire le rapprochement entre leurs problèmes en les regardant de loin, de manière globale, zoomons un peu , et regardons dans les détails.
A commencer par les individus eux mêmes. Et c'est intéressant car ils sont totalement opposés.
Don saliva est un leader, l'homme de pouvoir incarné . Et il assume totalement ce rôle, il l'embrasse sans peur ou appréhension.
Le duc d'York et futur roi lui, n'as pas la moindre envie de pouvoir, de responsabilité. Les attentes qu'on a de lui lui pèsent énormément, il ne s'estime pas à la hauteur. Il dit même à un moment : "je suis un officier de marine, pas un roi !" Mais à cause de son rang , sa naissance , il ne peut reculer.
Don saliva obtient ce qu'il veut . Son charisme, sa volonté, son charme font que les autres se rallient à lui, et font ce qu'il a envie qu'ils fassent.
Notre duc se fait marcher dessus par son père, son frère. Même son thérapeute Lionel logue lui impose ses conditions de thérapie. Malgré son rang, il n'a aucune autorité.
La femme de don saliva est un boulet permanent, qui ne l'aide en rien, au contraire.
La femme du Duc est une béquille permanente pour lui, sans elle il ne pourrait avancer.
Je ne parlerai pas de leurs différences de talents d'orateurs, ça n'est pas la peine, vous avez compris je pense.
Un tableau effrayant de contraste n'es ce pas ? Vous pensez que j'ai grossi le trait ? Non, vraiment pas , les personnages sont ainsi.
Et à votre avis, lequel est mon préféré entre les deux ?
Et bien c'est le Roi George VI .
Après l'avoir démoli si copieusement , comment préférer cet homme à Don saliva?
Et bien Don Saliva force le respect , l'admiration indubitablement . Mais jamais , à aucun moment dans le film, je n'ai ressenti d'empathie pour lui. Même dans les moments ou on le voit vulnérable, s'interrogeant sur sa mort, en parallèle sur la fin de son monde, je ne parviens à m'identifier , à ressentir un lien avec cet homme.
Là ou au contraire, on ressent une empathie profonde, intense, pour cet homme qui lutte , qui cherche à progresser, à avancer. Tout en faisant face à une peur immmense, à la hauteur des attentes qu'on a de lui. Et en trainant des cicatrices psychologiques qui ne sont pas des moindres.
Bon d'accord , je n'ai brossé que des défauts du prince/roi, je n'ai pas dit aussi que malgré sa timidité et manque de confiance en soi, il était brave, juste, et d'une droiture exemplaire. Cela il le partage aussi avec Saliva.
Vous allez me dire, mais ce choix personnel , il est sans doute influencer par ta personnalité, dans le fait que tu te reconnaisse plus facilement dans ce "gentil garcon" du Du d'York qui cherche à s'améliorer plutôt que dans l'Alpha écrasant de majesté qu'est Saliva. Oui ça doit jouer , c'est probable.
Mais je pense sincèrement que ce n'est pas la seule raison.
Ca tient aussi dans la mise en scène des 2 films.
Dans le Guépard , je l'ai dit, c'est comme regarder une fresque, une succession de tableaux . Et bien la peinture ne m'as jamais énormément touché. Jamais comme un film ou livre y arrive.
Dans le discours d'un roi, tout est fait dans la mise en scène pour nous rapprocher du futur roi, de le voir lutter . Les personnages sont beaucoup plus... comment dire ... vivants, hummains que les perfections que sont Alain Delon, Burst Lancaster, et Claudia Cardinale.
Et dans le rapport à l'Histoire aussi.
Dans le DIscours du roi, c'est l'histoire, la petite histoire qui prime. Elle s'imbrique avec fluidité dans le contexte historique, mais on reste centré sur les personnages , sur ce qu'ils font . L'Histoire se remarque en arrière plan, dans les détails et la qualités des costumes, des décors, des nouvelles que s'échangent les personnages.
Dans le Guépard, souvent nous avons des plans longs dont on sent que leseul but est de peindre la Sicile de l"époque. Que ça soit ses paysages, sa société (population, bal, chasse, etc). Les personnages sont des métaphores de leurs classes sociales, des rôles de ces classes dans cette époque. Ils y perdent en humanité, et y gagne en symbolisme.
Attention hein ! Le Guépard est absolument magnifique à regarder et donne envie de sauter dans le 1er avion et de passer l'été en Sicile. Et les personnages, malgré le fait qu''ils illustrent à chaque instant leurs classes sociales , ne sont en rien des stéréotypes, et sont très riches(je parle de la profondeur des rôles), très fins.
Le Guépard n'est pas un film chiant à voir, mais en le voyant, j'ai ressenti une certaine distance. Dans les personnages, la mise en scène.
Là ou le Discours d'un Roi nous accroche, nous immerge au plus près de ces personnages, et de leurs sentiments, que l'on partage facilement.