de don_quijotte » Jeudi 10 Mai
Méditation
Lors de mon inscription à cet atelier, je me demandais ce que celui-ci pourrait m’apprendre. La curiosité était à son comble et ma fébrilité palpable.
« La séduction, c’est naturelle. » N’est-ce pas une phrase coutumière et rabâchée ? Celle-ci s’ancre profondément dans nos pratiques de tous les jours et fermentent des idées préconçues, allant du « je ne plais pas. », « Si je lui plais, elle viendra. », « Un jour, tu rencontreras la femme de ta vie »… Oui, un jour… Cependant, un jour, c’est lointain. Un jour, c’est imaginer son futur, sans conséquemment comprendre son présent. Un jour, c’est remettre au lendemain ce qui nous tient à cœur au jour d’aujourd’hui. Un jour, c’est être lâche… Comme Kundera l’a écrit et nous laisse méditer : « Le flirt avec l'avenir est le pire des conformismes, la lâche flatterie du plus fort. Car l'avenir est toujours plus fort que le présent. C'est bien lui, en effet, qui nous jugera. Et certainement sans aucune compétence. »
Le ressenti
Le rendez-vous a été donné dans un lieu dans lequel je me permettrais d’accompagner mes futures conquêtes féminines pour partager de langoureux moments.
Pierre me salua, j’étais curieux de savoir ce que ce « coach » avait à nous dire. Nous étions 3. La méthode se dévoile et les questions se posent. La fluidité des échanges donne à cet atelier des allures de discussions. Mon enthousiasme diminue, je ressens que rien de ce que je ne savais déjà ne sera mis en évidence… La première phase de l’atelier se termine, mon scepticisme prend le dessus.. Néanmoins, je persiste à poursuivre un ressenti qui m’éprend. Celui qui me dit de continuer et de voir ce qui va se passer. Que quelque chose va se passer !
En effet, c’est mon ressenti qui me poussa à continuer cette aventure et je retrouvai mes acolytes le samedi soir pour la session pratique. La pluie était battante, et elle ne devait pas nous limiter dans nos perspectives.
L’état d’esprit
En voilà les clés. Pierre a cette faculté d’émettre une aura de « ferveur ». Nous voilà sur le terrain, lui, nous conseillant sur les pratiques courantes à avoir et à assimiler. Dépassant nos préjugées et arguant de stratégies de séduction, nous étions dans la mesure de pousser les interactions très loin avec les femmes. Parvenant à obtenir attention et garantir leur faveur. Plusieurs numéros sont pris.
De même que deux de ses rencontres furent enthousiaste dans leur continuité. Dès les premiers messages envoyés, elles réclamaient de se revoir le PLUS rapidement possible. Elles ne voulaient pas que l’on tombe entre de mauvaises mains de la concurrence, sachant elles-mêmes qu’elles étaient expertes en la matière et sauraient nous faire plaisir…
Au début, de la session, l’état d’esprit était à froid, se demandant « qu’est-ce que je fous là… » Et la soirée se poursuivant, des exercices donnés, nous forçaient à prendre notre courage et nos coui… pour aborder différentes femmes.
Plus la soirée avancée, plus l’état d’esprit échaudé nous stimulé à multiplier les interactions. C’est hallucinant ce que la multiplication des interactions provoque un esprit d’initiative. Pour dire, qu’après la session, j’ai continué à discuter et à aborder.
Le lendemain, j’ai ressenti que cette état d’esprit avait disparu, mais laissait en moi une trace profonde.
La trace profonde
Des choses ont été vécues en un petit laps de temps. Et la profondeur de cette expérience entretient une sensation mitigée. Le bonheur éphémère pouvait s’exhaler de nos visages. Content d’avoir pris des initiatives, d’avoir vécu cette aventure. Mais, elle laisse un goût amer. Celui d’un retour à la réalité. Les idées qui nous limitent sont toujours vivaces, et des craintes m’accablent, penser que je ne pourrais reproduire seul cette aventure et de pousser mes interactions aussi loin que je le pouvais ce soir là.
Néanmoins, des attitudes semblent s’être empreintes en moi. Celle de l’acuité du sens de l’observation, un détachement suffisant pour ne pas passer pour un mec en rut et passer sous les radars.
Mais pour le moment, bien que j’ai revu 2 des filles que j’ai pu rencontrer ce soir là, je n’ai pas réussi à créer des interactions avec d’autres... Mes craintes sont là et manifestement, la fougue qui me guidait ce soir là s’est enfuie.
Afin de conclure sur cet atelier. Elle restera une aventure terrible et grandissante. Elle laissera pourtant des incertitudes aux personnes qui ont pour défaut de concevoir que l’esprit se formalise. Et se poseront les questions : « Est-ce que cet atelier a eu un impact sur mon comportement ? Sur ma manière de vivre ? » Je leur répondrais que c’est bien cette recherche de formalisme qui nous limite, et ne nous montre pas combien nous grandissons par l’épreuve de ce genre d’expérience.