Moi je vois un point commun à tous ces relookings, indépendamment des marques/matières choisies : ils attirent irrésistiblement l'attention sur le visage.
L'avant-après est particulièrement éloquent. Même habillé avec des belles marques, à la bonne taille, et sans que les couleurs ne jurent, le client a la plupart du temps un visage pâle et peu avenant, et ne décrocherait jamais un regard dans la rue. Après en revanche, le visage parait vif et coloré et le relooké a une "belle gueule", surtout avec le renfort des lunettes. Les transformations du rouquin baroudeur ou du dernier relooké sont d'ailleurs
Comme les habits sont de plus profilés pour coller au milieu du client, le résultat est atteint : l'élégance discrète. Vous ne risquez pas le mauvais compliment : "tu es très bien habillé aujourd'hui" ou pire de passer pour une fashion victim, mais vous dégagez un charme indéfinissable. Concernant un des relookings j'imagine d'ailleurs que les converses sont là pour "casser" une allure trop nette et donner un caractère de normalité, mais ce serait intéressant que Stéphane nous explique certains de ses choix.
L'auteur du site "Parisian Gentleman" résume bien le débat de ces jours-ci :
Parisian gentleman a écrit:Gentlemen,
PG se développe vite et, bien entendu, reçoit quotidiennement son lot de critiques, notamment en provenance des purs afficionados de la mode (les fashionista). Ces derniers, souvent très jeunes, prétendent que les amoureux du style classique (nous donc) sont “coincés” dans des règles strictes alors qu’eux mêmes jouissent d’une totale liberté et de la capacité à se réinventer à chaque saison. En clair ils pensent que nous sommes “ringards” et que la culture sartoriale qui nous passionne n’est qu’un carcan qui nous empêcherait toute forme d’originalité, voire pire, toute forme de personnalité…
Sans entrer dans une polémique stérile, ces remarques pour le moins radicales m’inspirent cependant quelques réflexions.
Je pense d’abord que la différence essentielle entre les deux mondes, est une différence de démarche, et n’a franchement rien à voir avec l’âge ou les moyens (financiers).
Là où les fashion addict cherchent à tout prix à briller, les amoureux du style dont nous faisons partie, cherchent avant tout l’harmonie dans la discrétion. C’est une différence fondamentale.
Et cette différence se matérialise dans la manière de “gérer” un nouveau vêtement : le fahsionista afin de faire remarquer son nouveau tee-shirt ou son nouveau blouson fera tout pour en faire la pièce centrale de sa mise en scène personnelle. L’amoureux du style classique fera exactement l’inverse : il cherchera la meilleure harmonie entre, par exemple, sa nouvelle cravate ou sa nouvelle chemise, et des éléments existants de sa garde robe. Briller versus Harmoniser, voilà le “coeur” de la différence de démarche : Eux travaillent dans l’instant (d’une soirée, d’une saison, d’une collection), nous nous travaillons dans la durée (plusieurs années) afin de maîtriser notre corps et son interaction avec les vêtements.
Et en ce qui concerne la soi-disant “liberté”, il convient de se rappeler que la mode est collective (voire de masse), tandis que le style, lui, est une affaire éminemment personnelle, ce qui, vous l’avouerez, remet dramatiquement en cause l’idée selon laquelle les victimes de la mode seraient plus libres et moins “coincés” que nous… Coincés ils le sont, car ils ne peuvent que “suivre” telle ou telle lubie de tel ou tel créateur alors que nous, nous ne subissons que très peu de soubresauts stylistiques et aimons nous inspirer du passé (notamment des années 30).
Les amateurs de mode cherchent un “look”, le amateurs de style une élégance si possible naturelle.
Ils travaillent dans le présent (voire dans l’instant), nous travaillons dans le futur.
Pour ceux qui ont envie d'en savoir un peu plus, lisez l'excellente série des articles suivants, traduits du livre “Dressing the Man” d’Alan Flusser :
http://parisiangentleman.com/tag/couleurs/