Relooking 8 janvier avec Spike
L'équation était pour moi assez simple : garde-robe pourrie à la base + perte de poids conséquente = tout refaire de zéro. J'attendais donc deux choses de ce relooking : premièrement, le noyau d'une nouvelle garde-robe, les fameuses
7 pièces de base, tout en me doutant que mon budget ne suffirait pas à tout prendre ; deuxièmement, et tout aussi important, j'en attendais des conseils et des adresses qui me permettraient d'apprendre à choisir des vêtements par moi-même.
Rendez-vous avait été pris le 2e jour des soldes dans le café d'un grand magasin parisien. Arrivé un peu en avance, j'en profite pour flâner un peu dans les rayons en me demandant dans lesquels on passera (réponse : une bonne partie, au pas de charge). Tout en sirotant un café, je peaufine ma liste -interminable- de questions à poser tout en observant les alentours. Un jeune homme a l'air d'attendre quelqu'un, je le soupçonne d'être le deuxième relooké. Au bout de quelques minutes, je vais lui poser la question : effectivement, c'est bien lui, et il vient carrément de Suisse pour le relooking. On discute un long moment.
Ma première impression sur Spike est bonne : ce garçon est très très bien habillé. Sa conversation est très pro, directe, droit au but et sans fioritures, presque abrupte. Ayant parcouru des récits de relookings, je ne suis pas surpris mais je comprends qu'on puisse trouver ce style déstabilisant au début. Après avoir récapitulé ce que chacun attend du relooking, ainsi que le budget disponible, nous faisons les photos "avant" et le marathon commence.
Tout d'abord, il me faut un costume, des chemises et une cravate. Spike nous explique les règles les plus importantes qui s'appliquent dans ce cas, et joint la théorie à la pratique: nous essayons trois ou quatre modèles avant d'en choisir un. En comparant un costume une taille trop grande, et le même à la bonne taille, je constate qu'il y a un monde de différence. La taille, ça compte...
Bien entendu, il connaît parfaitement son métier : nous allons rapidement d'un rayon à l'autre pour sélectionner le vêtement qui va juste bien (et il est tout à fait prêt à entendre que non, vraiment, celui-ci ne plaît pas), les collections n'ont pas de secret pour lui, il appelle tous les vendeurs par leur petit nom.
En faisant tout ça j'observe Spike et j'affine ma première impression. Je suis frappé par l'espèce d'économie avec laquelle il procède : il ne se presse pas, mais il ne perd pas une seconde non plus. Il met à profit les changements d'étage pour téléphoner, s'occupe du deuxième relooké pendant que le premier se change, et est visiblement agacé quand on lui fait perdre son temps. Nous faisons ainsi très vite beaucoup de choses.
Concis, sans concession mais sans condescendance ni jugement non plus ; il n'hésite pas à mettre les gens devant leurs contradictions, erreurs et autres absurdités d'une remarque d'autant plus ravageuse qu'elle est faite à bon escient: "Tu veux vraiment remettre ton pull entre chaque essayage?".
Son style est en fait très pédagogique pour peu qu'on soit prêt à se remettre en question et qu'on n'attende pas du prémâché. Un peu déstabilisé par le téléphone entre les étages et le relatif silence pendant les déplacements, au départ je n'osais pas trop poser mes questions. Mais vu que la moitié de l'intérêt de la journée était dedans, j'ai quand même commencé à les poser, j'ai obtenu des réponses, le dialogue s'est engagé et c'était bien plus agréable que de marcher en silence (comme Spike l'a d'ailleurs fait remarquer).
Arrivé 13h, je suis chargé d'un costume, trois chemises et une cravate, tous vraiment magnifiques. Mon collègue a quant à lui un cuir splendide, mis en valeur par une écharpe. Nous nous séparons pour manger, Spike et le deuxième relooké ayant chacun une affaire à régler de leur côté. Je suis un peu déçu, mais je mets le repas à profit pour faire une pause et noter les conseils de Spike, ainsi que mes premières impressions.
Nous nous retrouvons vers 14h et partons du grand magasin pour nous occuper de trouver des jeans. Motivé par la moisson de conseils du matin, je continue sans pitié à bombarder Spike de questions et à griffonner sur mon carnet. Je ne vois pas le temps passer, et me retrouve bientôt heureux propriétaire de deux jeans faits pour moi. La sensation qu'un vêtement est juste bien en l'enfilant la première fois est vraiment très agréable. Nous allons ensuite dans une autre boutique pour terminer en beauté le relooking de mon collègue. Bien entendu, Spike connaît les vendeurs par leur prénom. S'ensuit la photo "après" où l'on peut voir que l'ensemble de la tenue est plus que la somme des parties.
L'après-midi s'approche de sa fin, et il est temps de terminer le relooking pour moi aussi. Nous allons dans une nouvelle boutique, plus adaptée pour moi que la précédente (Spike tutoie évidemment les vendeurs). L'"après" commence à apparaître lorsque nous ajoutons un pull et des chaussures, puis un superbe caban à la tenue. L'effet est vraiment saisissant: cette tenue a un air de parenté avec ce que je porte d'habitude, c'est le même concept (jeans, chemise, pull, caban, chaussures de ville), mais ça n'a -strictement- rien à voir. Non seulement la forme, la couleur, la matière de chaque vêtement individuel sont bien supérieures et mieux choisies que ce dont j'ai l'habitude, mais en plus les vêtements travaillent ensemble pour un résultat final impressionnant. Les photos avant-après vous semblent frappantes? Ca l'est bien plus en vrai.
Le relooking est terminé, nous marchons en direction du Fumoir en discutant. Maintenant que la glace est brisée et le travail terminé, la conversation est à bâtons rompus. Au Fumoir, nous prenons un verre et nous occupons du règlement en continuant à discuter. Entre la jolie fille de la table voisine et une amie de Spike qui nous rejoint, j'ai l'occasion d'observer son comportement envers le sexe opposé...
Bilan de la journée :
- Sur le relooking proprement dit : j'étais très satisfait en sortant, je le suis encore plus une semaine après. J'ai eu le temps de m'habituer aux vêtements, de remarquer ce que je n'ai pas saisi le jour même : matières, accord de couleurs et de formes... je comprends un peu mieux pourquoi telle ou telle combinaison marche, alors qu'une autre non. Par ailleurs, j'ai eu pas mal de compliments sur ma tenue et je remarque que dans la rue on me suit des yeux, ce qui ne m'arrivait pratiquement jamais avant.
- Sur l'aspect "formation", j'ai posé énormément de questions et eu énormément de réponses précieuses. Cependant, je ne sors pas de la journée avec un manuel de l'achat de vêtements pour les nuls: pour agacer Spike, il suffit de lui demander toutes les deux minutes quels sont ses critères de choix de tel ou tel vêtement, ou, pire, quelles sont les règles qu'il suit pour les choisir. Et c'est bien normal que ça l'ennuie, car -comme il l'a dit- "il faut arrêter de croire qu'il existe des règles mathématiques pour ça!". Bon cuisinier, il m'arrive la même chose quand on me demande quelles sont les règles que je suis pour réussir tel ou tel plat. Au-delà des règles de base, rien ne remplace les années de pratique. Ce qui ne m'a pas empêché de continuer à poser la question toute la journée, bien entendu. Au final, j'ai beaucoup appris sur la journée, et je pense qu'entre les conseils de Spike pour développer mon goût et ce qui est disponible sur le site, je continuerai à progresser bien plus vite que par moi-même.
- Sur l'aspect financier : je n'étais pas obligé, mais j'ai un peu dépassé mon budget (d'environ 7%) pour ajouter une ou deux pièces supplémentaires qui me permettront de varier les tenues. Est-ce que ce relooking a coûté cher? En valeur absolue, oui, disons entre deux et trois fois ce que j'aurais dépensé avant de connaître le site. Est-ce que cela vaut ce prix? Vus les résultats, oui, sans hésiter, le rapport qualité/prix est excellent, sans même compter les précieux conseils de Spike. Est-ce que je referai un relooking dans le futur? Oui, certainement.