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wednesday
Inscrit le: 27 Mar 2008 Messages: 32
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Posté le: Dim Avr 20, 2008 1:45 pm Sujet du message: Récits du Mexique |
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| Pour vous, le Mexique, c'est Cancun, des plages de sable blanc, de riches americaines se prélassant au soleil ? |
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wednesday
Inscrit le: 27 Mar 2008 Messages: 32
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Posté le: Dim Avr 20, 2008 1:46 pm Sujet du message: |
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Campeche
Nous arrivons en ville après une quinzaine d'heures de bus. Il est six heures du matin, le soleil est en train de se lever. Nous avons trois heures avant que la famille soit là, alors nous marchons sur le bord de mer. La ville est dort encore, le paysage n'est qu'a nous. L'océan est turquoise. Le sol est gris. Les maisons, colorées. La vie nous appelle...Un canon solitaire nargue le front de mer, il est là depuis des siècles, témoigne la force de la ville à l'étranger. Les rayons du soleil sont orangés, l'air est frais et humide pour le moment, néanmoins, nous savons que la chaleur arrivera dans quelques heures. Nous profitons de l'instant.
Une voiture accélère parmi les nids de poule et nous frole.
Une muraille simple et décrépie encercle et protège la vieille ville. Une cantine, vide, ouverte sur la rue. Quelques ventilateurs inconscients et boiteux brassent sans fin l'air de la grande salle. Le serveur arrive, il nous sert une assiette de papaye. Une nouvelle saveur, qui ne me plait pas tout de suite... j'attends un peu. Même si j'avais une dizaine d'année, je comprenais qu'en cet instant, je goûtais à la vraie vie. Maintenant, à chaque fois que je goûte à la papaye, je m'efface du temps quelques secondes, pendant qu'une sensation puissante me fige et me dessine un petit sourire.
Un vieil homme déjeune à l'opposé., il s'éveille en regardant la télévision hors d'age fixée sur un pilier de la salle.
C'est l'heure de revenir parmi les hommes.
Cela me rappelle mon livre de chevet, Alexis Zorba
| Nikos Kazantzaki a écrit: |
LE BERGER. - J'ai des bœufs, j'ai des vaches, j'ai les prairies de mes pères et un taureau qui couvre mes vaches. Et toi, tu peux pleuvoir autant que tu veux, ciel !
BOUDDHA. - Je n'ai ni bœufs ni vaches. Je n'ai pas de prairies. Je n'ai rien. Je ne crains rien. Et toi, tu peux pleuvoir autant que tu veux, ciel ! |
À suivre ! |
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Spike Le Patron

Inscrit le: 12 Juil 2006 Messages: 4882
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Posté le: Dim Avr 20, 2008 2:39 pm Sujet du message: |
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Excellent, continue, et merci à toi pour l'effort de faire partager (ce que 90% des gens, même ici, ne font pas) _________________ - WANTED : rédacteurs séduction. Contactez-nous à spikeseduction@gmail.com
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wednesday
Inscrit le: 27 Mar 2008 Messages: 32
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Posté le: Lun Avr 21, 2008 3:50 pm Sujet du message: |
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Merci, ça me fait plaisir d'entendre cela, Spike
Continuons avec Monterrey
Le meilleur repas de ma vie
Il fait 40 degrés dehors, mais même en y étant habitué, c'est toujours éprouvant. Le couloir d'entrée est ouvert. Les murs sont décorés d'une frise ancienne vantant de manière utopique le travail ouvrier. Une table couverte d'une nappe en plastique, un motif floral banal. Une vieille femme est assise, nous nous saluons, quelques mots dégageant énormément de chaleur, c'est assez laconique, mais très intense...
Dans cette vieille hacienda à été installé un musée, à notre gauche. Il est quasiment vide d'objets, et de personnes. Quelqu'un à eu l'idée d'installer un distributeur de livres- j'adore.
Nous continuons et voici un patio. Un arbre, au milieu de bâtiment. Il doit se sentir seul, il n'y a pas un bruit, pas de vent, juste lui, le soleil, et une ancienne charrette. La petite charrette n'a pas bougé depuis la dernière fois ! Elle donne un peu de vie à ces vieux murs coloniaux.
Au fond de la cour, voici le restaurant. Nous passons la porte énorme. Quatre ou cinq tables en métal, avec le logo Corona dessus, des chaises très lourdes et robustes en bois. Nous nous asseyons. Mon père m'explique que le toit des bâtiments coloniaux est haut pour permettre à la chaleur de monter, et la taille gigantesque des ouvertures est pensée pour créer des courants d'air. A l'intérieur, il fait frais. Une pensée me vient. Si ainsi c'est mieux, pourquoi les nouveaux bâtiments ne sont-ils pas construits selon ces normes ? Pas de réponse. L'homme est assez bête...
Quelques habitués discutent aux autres tables. Un ventilateur, posé par terre, décrit des demis-cercles d'une façon si prévisible...
Pour vous donner une idée du quartier, quelques images (pas de moi)

Le soleil, par les ouvertures, éclaire les murs orangés de la salle, se reflète dans le vernis du bois des chaises.
La serveuse, fille de la cuisinière arrive. Je choisis le plat du jour.
Somos viernes, será chile relleno con arroz -
y Ensalada, frijoles
Sin tortillas de maiz, no seria comida...
Limonada

Maintenant, la prochaine fois que vous irez à Monterrey, allez à la Casa del campesino, et prévoyez 4 euros.
Photos de flickr+deviant art, ne sachant pas où sont les miennes, hum
La suite dans aux retour des vacances ! |
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Orphée Modérateur

Inscrit le: 10 Nov 2007 Messages: 1224 Localisation: Marseille
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Posté le: Lun Avr 21, 2008 5:35 pm Sujet du message: |
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Merci ! Ça fait vraiment plaisir de lire ça quand tu viens de te taper plus d'une heure d'embouteillage, avec tout ce qu'il est possible de mettre comme bêtise dans l'espèce humaine.  |
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wednesday
Inscrit le: 27 Mar 2008 Messages: 32
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Posté le: Mar Mai 06, 2008 8:13 pm Sujet du message: |
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Merci Orphée, ton compliment me touche et me pousse à continuer cette expérience d'écriture... ! Je vais essayer de communiquer des émotions et des sentiments aussi forts cette fois sans illustrations. Je me considère comme visuel, il est possible que cela m'aide à développer et à partager d'autres sensations, toutes aussi intenses...
Première partie
Six heures du matin. Tandis que des oiseaux aux noms imprononçables chantent dans le citronnier, j'ouvre un œil. Le va-et vient du ventilateur me procure fraîcheur quelques secondes, il tourne, c'est le tour de ma sœur. Je m'assois sur mon lit. La fenêtre est derrière moi, ma main se hasarde, mes cinq doigts caressent la moustiquaire hors d'âge de la fenêtre. Salie par la rouille, déformée par la température, rendue rugueuse par le temps, je la caresse, je l'affectionne. Cela me paraît sympa. De nouveau mon tour. Le souffle frais craché par des pales tournant sans fin atteint ma peau sensible. En réponse, j'attrape la couverture avec ma main, je la dépose sur les cuisses exposées, et pour que cet acte défensif ne soit pas vain, mes bras s'installent au dessus de la couverture, sur mes cuisses.
Il est l'heure de se lever. Cette phrase sonne dans ma tête. Esprit tellement vide qu'elle résonne plusieurs minutes avant d'être entendue. L'heure de se lever ? Non, s'il te plaît, je suis si bien maintenant, s'il te plaît ! N'allumes pas la lumière ! Il fait si sombre dans cette chambre. Un rayon violet essaie de pénétrer la pièce par la fenêtre derrière moi. je ne l'en empêche pas. Oiseaux aux noms imprononçables. Mélodies. Chiens qui aboient. Ventilateur. Le soleil ne fait pas de bruit, pourtant c'est lui que j'entends le plus. Je lui souffle de ne pas se dépêcher, de ne pas se laisser faire, de garder pour moi encore un instant cette couleur rose.
L'air frais me caresse de nouveau mes avants bras et mon visage. Regard fixé en face.
Je surprends des pensée incohérentes se promener dans ma tête. C'est peut être mieux comme cela, non ?
Pourquoi voulez-vous que le temps avance ? Où doit-on aller aujourd'hui déjà ? Soleil rose. Moustiquaire adulée par mes doigts. Obscurité. Ultime rappel, il est l'heure. J'abandonne mon complot tellement enfantin de figer le temps, car je sais que la suite de la journée sera encore meilleure. Mexique adoré.
à suivre. |
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