@ Jazzitup : Qu’il y ait une véritable arnaque dans le business du changement, ce n’est pas nouveau : que des charlatans vendent des remèdes miracles et du rêve facile (Obama, puisque tu l’as cité, qui est d’ailleurs critiqué par ce fameux Peter Sloterdjik, page 53) à des moutons qui ne demandent qu’à rester dans leur léthargie tout en voulant se prouver le contraire (personne n’aime être un légume), ce n’est pas nouveau.
L’article de Philomag n’est pas - comme je l’ai précisé - une énième ode à l’épanouissement personnel sur fond de conneries new-age. C’est un article
de fond , qui analyse la question du changement d’un point de vue philosophique, à partir des réflexions de penseurs contemporains comme Foucault et Deleuze (pour ne citer qu’eux).
La question que tu soulèves concernant la crise économique ne me semble donc pas avoir de raison d’être puisque :
1/ il n’en est fait mention qu’à titre anecdotique dans les 3 dernières pages du dossier consacré au changement de vie (le dossier sur la crise est un autre dossier, à part)
2/ Comme je l’ai déjà dit,
ce n’est pas un article de développement personnel, c’est à dire que l’analyse dérive forcément sur les domaines politique et social. Dire que les crises que traverse l’Europe (et par conséquent, l’homme européen) influent sur les individus et les poussent à une forme de changement, ça ne me semble pas fabulatoire ; les mentalités, tout comme les société, évoluent aussi dans la discontinuité, par ruptures, par réaction à une mentalité passée.
Concernant l’article d’Axel Honneth, 2/3 choses me viennent en tête.
Je doute qu’à la lecture de ce simple article, on puisse en déduire qu’untel à tord et qu’untel à raison. Honneth utilise les mêmes procédés rhétoriques qu’il reproche à Sloterdjik pour le disqualifier. Et lorsque je lis ce dernier paragraphe :
Cette légèreté à couper le souffle peut paraître risible. Mais ce serait oublier que celui qui la profère est la coqueluche des médias, enfant chéri des politiques, ainsi qu’un intellectuel paré des plus hautes distinctions académiques. Du coup, il peut y en avoir quelques-uns à qui viendrait l’idée de se demander si notre culture démocratique n’aurait pas atteint un degré de déréliction et de superficialité tel qu’elle en vient à renoncer à ses propres exigences.
Je pense plus à une querelle d’intellectuels qu’à une réelle critique, pondérée et objective. De plus je ne trouve pas qu’une théorie politique fondée sur l’idée de colère et de dette soit plus saugrenue et plus « foutage de gueule » qu’une théorie de la reconnaissance organisée selon trois sphères qui s’appuient sur la reconnaissance amoureuse, elle-même reposant sur…le rapport originel liant la mère au nourrisson.
Permets-moi d’ajouter à cela qu’Honneth est aujourd’hui le plus grand représentant allemand du néo-hégélianisme (donc d’une conception téléologique de l’Histoire, d’un « projet historique»), et tu conviendras que les deux philosophes ne peuvent qu'avoir une vision différente de l’Histoire, et donc, se mordre joyeusement les fesses par journaux interposés, comme le faisaient en leur temps Camus et Sartre.
Mais de toute manière, la question ne se pose pas, puisque je ne défends pas le livre de Sloterdjik (je ne l’ai pas lu) mais bien ses quelques lignes d’interview sur la place du sport dans le développement.
Par ailleurs, je ne comprends pas vraiment ce que tu veux dire par
« Insidieusement, la notion de révolte a disparu » ? De quelle révolte parles-tu ?
Enfin, lorsque Pauwels écrit que «
le plus grand des changements, c'est quand nous n'avons plus besoin, pour nous-même, de changement », je me rappelle qu’il a été l’auteur du
Matin des magiciens (très bon livre au demeurant), rédacteur du journal Planète, et qu’il a baigné presque 30 ans dans l’ésotérisme, le paranormal et les « délires » extraterrestres avant de se convertir au catholicisme. Pas de changement, pas de changement…
@Tuch : Oui, je suis d'accord, les témoignages (surtout celui de la mère de famille) sont plutôt concons.