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Modérateurs: animal, lolalola

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By Stéphane
#105693
JulienG a écrit:"Hostaria".

Les carbonara y sont succulentes, merci de ta recommandation.

J'y ai découvert le vrai goût des pâtes et du café. Depuis, tout jus noir bu à Paris me semble acre et brûlé.

Et si tu veux découvrir le vrai goût de l'huile d'olive, passe à la maison, j'ai un truc qui devrait te plaire ;)
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By Stéphane
#105764 7ème des ventes de sa catégorie sur Amazon avant même d'être sorti, c'est pas mal, non ?

Suite de la saga demain lundi. En attendant, découvrez les 30 premières pages en exclusivité en devenant Fan de l'homme idéal sur facebook !
Modifié en dernier par Stéphane le Mar Fév 22, 2011 3:53 pm, modifié 1 fois.
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By Orphée
#105765 En plus, dans ton classement, il y a seulement deux livres qui traitent des hommes et des femmes, le reste n'a rien à voir, donc c'est même mieux que 7e :)

Dont "Comment le rendre fou (de vous)", pour lequel je suis sûr que les lectrices disent aux hommes qu'il ne faut pas lire de livre comme ça, qu'il faut juste rester naturel, que la séduction ne s'apprend pas.
By Zadig
#105766
Stéphane a écrit:7ème des ventes de sa catégorie sur Amazon avant même d'être sorti, c'est pas mal, non ?



Suite de la saga demain lundi. En attendant, découvrez les 30 premières pages en exclusivité en devenant Fan de l'homme idéal sur facebook !


ca ne marche pas sur Chrome // Firefox
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By Léo
#105777
7ème des ventes de sa catégorie sur Amazon avant même d'être sorti, c'est pas mal, non ?

Bravo !
Moi je veux avoir le plaisir d'acheter le bouquin en libraire, pas de le commander par internet :D. :!:
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By Stéphane
#105782 N°4 ce soir !
Modifié en dernier par Stéphane le Mer Fév 23, 2011 3:34 am, modifié 1 fois.
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By Stéphane
#105812 Episode 1 : Sensations
Episode 2 : Occasion
Episode 3 : Réactions
Episode 4 : Rédaction
Episode 5 : Dépression
Episode 6 : Rédaction (bis)
Episode 7 : Expédition
Episode 8 : Négociations
Episode 9 : Pulsations
Episode 10 : ... Séduction

Romain Gary, dans la promesse de l’aube, a écrit:«On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère, comme un chien abandonné»



Il y a deux types d’auteurs : ceux qui écrivent de chez eux, et ceux qui ont besoin de se noyer dans le bruit et la fureur d’un café. Bien entendu, ce sont les mêmes, les deux modes d’écriture alternent par périodes ; vous n’avez jamais envie des deux à la fois, tout comme vous n’avez jamais faim et soif tout à fait en même temps. Après la période d’écriture italienne, avec réveils au son du clocher de la via Margutta et fins d’après-midi au rayons d’un soleil qui vous incendie les cheveux en se couchant, s’en est suivie une autre, éclairée à la lumière trop crue de mon bureau de Paris.

J’écris sur une planche de bois blanche commandée sur le site Internet de la Redoute, et vendue dans la catégorie des "tables à dîner". Je l’ai choisie pour pouvoir l’abîmer sans peine, y planter des ciseaux et des compas quand je suis énervé, y renverser du thé et du café sans l’essuyer. Mais les progrès technologiques sont passés par là, et elle refuse désespérément de se laisser tacher. Un coup d’éponge, même un vieux morceau d’essuie-tout, et elle brille à nouveau comme à l’état neuf. Les chinois ont fait d’affolants progrès dans les teintures synthétiques, les objets ne vieilliront plus jamais comme avant.

Chaque jour l’imprimante samsung scx-4500w (ne l’achetez pas, elle a beau être garantie 2 ans, l’installation en wifi est surtout un voyage garanti en enfer) recrachait en silence les titres des nouveaux chapitres, que je punaisais immédiatement au mur qui me fait face. C’est qu’il faut s’organiser, avec 50 chapitres de 5 à 6 pages. Puis je dessinais de grands chiffres au Stabilo en rouge et en vert, à la recherche de l’ordre idéal. «L’illusion comique» doit-elle suivre «Restons bons amis» ou bien le précéder ? La «théorie des verres d’eau» doit-elle conclure «My ex, my last, my everything» ou bien l’introduire ? Devrais-je intégrer «Mille et une nuit blanches» à «Les gens normaux n’ont rien d’exceptionnel» ? L’ordre idéal est celui qui tourne les pages à votre place, en laissant votre esprit libre de se concentrer sur ce qu’il faut comprendre et retenir, plutôt que sur le temps qui ne s’écoule pas comment pendant les mauvaises pièces de théâtre. Mais les combinaisons possibles étaient multiples, et l’univers des possibles trop grand pour m’y sentir vraiment bien. C’est alors que le travail d’écriture (ou plus exactement, celui de montage) a doucement commencé de me rendre malheureux. Il y a quelque chose de glacial à être au milieu d’un long travail. A la fois loin de la berge que vous avez quitté et de celle que vous visez, vous êtes entre deux eaux, sans la sensation de bouger, sans aucune impression de vitesse. Ce n’est pas pour rien que l’épisode 5 (sur 10) de cette saga est aussi le plus délicat à rédiger, par ailleurs...

Naïvement, je voyais l’éditeur comme un oreille géante, un monstre d’empathie à qui vous exposiez vos doutes comme autant de questions et dont ressortaient des réponses secourables. Il semblerait que je me sois trompé. L’éditeur a un métier : publier votre livre, et tout le reste n’est que littérature. Encore une fois, je n’avais pas le choix. Il fallait me débrouiller comme je pouvais. Et ce serait sans l’appui d'une femme, je venais de prendre la décision de mettre un terme à une relation ou j'aurais pu tout supporter, sauf qu'on me prenne pour un con.

Heureusement, le jour qui précède le démarrage d’un projet d’écriture est aussi le dernier de votre vie où vous vous sentez seul. Désormais le livre vous habite, ou plutôt il habite chez vous. Il emménage à votre domicile comme un chat et vous attend désormais tous les soirs à la maison avec la même impatience. Il a besoin que vous rentriez le nourrir, que vous jouiez avec ses feuilles et ses chapitres. Mais comme un chat, ou comme ces femmes qui pleurent pour un rien et se consolent dès le lendemain, il ne vous aime pas vraiment. Et pourtant, écrire un livre, c’est nouer cette corde invisible entre vous et votre intérieur. Une version transcendée du cordon ombilical.

Image

J’écris cet épisode 5 depuis le café de la boutique Merci, boulevard Beaumarchais, appuyé sur les étagères grises de livres qui recouvrent les murs jusqu’au plafond comme du lierre. Devant cette collection de cordons ombilicaux reconstitués, j’ai compris pourquoi les auteurs sont des gens que leur mère n’a pas (ou mal) aimés. Décidément, c’est Romain Gary qui avait raison, on revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère, comme un chien abandonné.
Modifié en dernier par Stéphane le Lun Fév 21, 2011 9:28 pm, modifié 2 fois.
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By flonaish
#105815
Naïvement, je voyais l’éditeur comme un oreille géante, un monstre d’empathie à qui vous exposiez vos doutes comme autant de questions et dont ressortaient des réponses secourables.


They want 110% from you, but they donʼt offer to
do likewise in return. To them, the artist is just one more noodle in a big bowl of pasta.
Their business model is to basically throw the pasta against the wall, and see which one
sticks. The ones that fall to the floor are just forgotten.
Publishers are just middlemen. Thatʼs all. If artists could remember that more often, theyʼd
save themselves a lot of aggravation.
De : How to be creative ? - Hugh MacLeod en pdf gratuit sur le net
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By Stéphane
#105826 Cap des 10.000 lectures franchi pour ce thread (en 2 semaines et 1 jour) !
By Stilf
#105833 Dans ces épisodes, je retrouve une bonne partie des difficultés du travail en solo ; entre autre : Se battre, contre, avec, et pour soi.
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By kero
#105834 De même. En ce qui me concerne, surtout ceci:

Stéphane a écrit:Il y a quelque chose de glacial à être au milieu d’un long travail. A la fois loin de la berge que vous avez quitté et de celle que vous visez, vous êtes entre deux eaux, sans la sensation de bouger, sans aucune impression de vitesse.
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By Stéphane
#105850 Image

Et dans les 200 meilleures ventes d'amazon toutes catégories confondues !
By Crooked
#105851 Aïe aïe aïe ! Je suis content pour toi mais je veux mon exemplaire le plus rapidement possible oim :mrgreen: ! Sais-tu si l'éditeur a prévu le coup ou s'il risque d'y avoir des délais dans les commandes ?
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By Stéphane
#105917 Rappel : inscrivez-vous pour recevoir les 30 premières pages en exclusivité avant la sortie* en devenant Fan de l'homme idéal sur facebook

A condition qu’on me fiche un peu la paix, je travaille très vite. Mais j’atteins également très vite mes limites de travail. En l’occurrence, après quelques semaines au rythme décrit dans les épisodes précédents, le moteur débraye tout seul et je fais du vol libre ; mais plus la ligne d’arrivée se rapproche, et plus il se rallume facilement. A l’époque où se déroule cet épisode 6, l’allumage se faisait tout seul. C’était l’été dernier.

Episode 1 : Sensations
Episode 2 : Occasion
Episode 3 : Réactions
Episode 4 : Rédaction
Episode 5 : Dépression
Episode 6 : Rédaction (bis)
Episode 7 : Expédition
Episode 8 : Négociations
Episode 9 : Pulsations
Episode 10 : ... Séduction

Depuis que j’avais fait l’acquisition d’un disque sur externe que l’on m’avait assuré de meilleure qualité, je ne craignais plus la perte de mon travail. Pas plus que je ne craignais la perte de l’inspiration. Ou la date de remise du manuscrit, fixée contractuellement au 1er octobre. A vrai dire, je ne craignais plus rien du tout. J’avais déjà découpé mon cordon ombilical avec les dents, maintenant il aurait fallu me couper les deux mains pour m’empêcher de terminer.

Quand une femme fait l’amour comme une professionnelle, c’est généralement parce que c’en est une. Pendant les derniers mois du projet, j’ai écrit comme un professionnel, ce qui a fini par me signifier, avec plus de certitude encore que le contrat Flammarion qui traînait dans ma valise, que j’en étais devenu un. Réveil. Table de la cuisine. LEDs du macbook qui se réveille lui aussi. Ouvrir. Document récent. L’homme idéal. Chapitre 42 (plus que huit). En moins de temps qu’il ne m’en aurait fallu un an auparavant pour me souvenir où j’avais rangé le fichier source, j’étais désormais au travail, et les pales du ventilateur (voir épisode 4) me soufflaient dans la tête comme une voix extérieure qui m’aurait soufflé des idées. On parle souvent de l’inspiration, mais c’est du pipi de chat, au regard de la ventilation.

Mais découper une méthode en cinquante idées-clés, ce n’est pas le tout. A côté de chaque idée, je notais une métaphore, car on se souvient mieux des images. A côté de la conclusion, une anecdote, car on se souvient mieux des histoires. A côté du titre, une citation, car on se souvient jamais aussi bien des mots d’un livre que si ce ne sont pas ceux de l’auteur. Et alors le plaisir arrivait goutte à goutte, comme on dégrippe un robinet : j’ai la tête tellement pleine de réflexions sur les rapports humains depuis 10 ans qu’il me suffisait de la poser sur la table à côté du clavier, et de transférer la donnée en me passant un cable usb par l'oreille. Aux époques de leur vie où elles éprouvent le besoin de sortir en soirée se faire saillir par des vieux serpents libidineux, les femmes disent qu’elles le font pour se «vider la tête». Cintré dans mon peignoir de bain en éponge, ma tête déposée sur la table de la cuisine en attendant la fin du transfert, je me disais qu’il ne fallait pas leur en vouloir, moi aussi, d’une certaine manière, l'écriture me «vidait la tête».

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Chapitre 43,44,45. Le download s’activait à un débit vertigineux. Meilleur en tous cas que celui de ma freebox tv hd où je n’ai jamais pu regarder un film en entier sans avoir l’impression de jouer à Tetris. Un fichier par chapitre, je repoussais l’assemblage final. Pas par crainte, non, tout avait été pensé pour s’emboiter comme des êtres qui s’aiment (ou comme les pièces d’un Lego), mais pour prolonger encore un peu le plaisir des derniers mètres de la course. J’avais tant attendu cette dernière ligne droite, tant attendu. Il n’y avait plus qu’à créer un 51ème document, vierge lui aussi, et à y verser délicatement le contenu des 50 premiers sans rien oublier. Et pour décider de l’ordre définitif, j’étais finalement allé au plus simple : c’est l’ordre que j’aurais choisi pour tout dire à l’oral, si j’avais été en séminaire. Quitte à être un auditif et à écrire à l’oreille, autant l’être jusqu’au bout. C'est peut-être l'espoir d'être (enfin ?) entendu.

Il paraît que la littérature est faite pour entendre une voix humaine, que l’histoire n’est qu’un prétexte. Une histoire d’amour est-elle un prétexte pour entendre tous les jours la voix de quelqu’un ? J’aurais beaucoup aimé répondre à la question, mais je ne suis pas classé en littérature. «Guide pratique», voilà ma catégorie. Cela me va. J’ai le temps.

A suivre : épisode 7, "expédition"



* dès que Flammarion me les envoie
By Gin
#105938
j’ai la tête tellement pleine de réflexions sur les rapports humains depuis 10 ans qu’il me suffisait de la poser sur la table à côté du clavier, et de transférer la donnée en me passant un cable usb par l'oreille.


C'est drôle, mais je me fais souvent ce genre de réflexion. J'ai remarqué que les gens qui ont un sixième sens pour les relations humaines (à comprendre, qui s'en sortent bien avec leur entourage), sont simplement des passionnés. Passionnés, dans le sens : "Qui ont besoin de comprendre le fonctionnement des interactions sociales, et donc des leurs".