Merci Teaser pour ce sujet original et qui, évidemment, fait tomber à la renverse ceux dont la culture vestimentaire ne connaît que le costume (et ses variations) ou qui ne conçoivent la virilité que sous sa forme triomphale.
Merci aussi à DgTall pour le lien vers l'émission TV.
Pour défendre la jupe pour hommes, on pourrait rappeler que la jupe de Jean-Paul Gaultier date d'il y a vingt ans (1985).
Ou rappeler que les hommes portent la jupe sous d'autres contrées.
Ou encore les critiques adressées aux femmes, il y a 50 ans, quand elles ont commencé à porter des pantalons.
Mais ces arguments (qui sont, en substance, ceux de l'association HEJ - Hommes en jupe) ne sont pas vraiment pertinents.
Pourquoi ?
Parce que, si la jupe pour hommes a bien une
histoire, elle n'a pas, en revanche, de
tradition.
Je m'explique.
Il est indéniable que les hommes, de l'Antiquité à la Renaissance, ont porté la jupe en Occident. Mais cette habitude s'est perdue.
Les couturiers qui créent des jupes pour hommes ne peuvent donc s'inscrire dans aucune tradition continue. La jupe pour homme est un no-man's-land vestimentaire, ou un vêtement atopique.
Résultat ?
Les tentatives ne sont pas des créations à proprement parler, mais souvent des citations, ou des pastiches :
- de la
toge romaine :
- de la
tunique de gladiateur :
- du
kimono japonais :
- de la
hakama d'aïkido :
- et, bien évidemment, du
kilt écossais :


Parfois, c'est un simple jeu de provocation, comme quand J-P. G. adapte pour l'homme le vêtement féminin par excellence, la
mini-jupe :
Un dernier exemple, tiré d'un défilé Westwood, très intéressant :
La mini-jupe est associée à un T shirt, qui reproduit la tête de Méduse peinte par Le Caravage :

L'association est amusante, car elle dit ce que le port de la jupe implique pour la majorité d'entre nous : la dévirilisation, ou la castration - dont le mythe de Méduse est, selon un article célèbre de Freud de 1922, l'emblème.
Conclusion ?
La jupe pour homme n'existe pas - pas encore - comme vêtement pensé spécifiquement pour la morphologie masculine, à quelques rares exceptions près, que je soumets à votre appréciation :
Personnelllement, la dernière, et l'avant-dernière aussi, dans un contexte propice (exposition, vernissage, concert, etc.), ne me poserait aucun problème.
Et à vous ?