de Arch » Lundi 18 Août
J'ai été déçu par le film de Nolan, comme par le précédent (un peu moins quand même, ce dernier n'était pas aussi risible). Même si j'aurai me trompé, je crois que Burton avait tout compris avant tout le monde. Le reste n'est que caricature hystérique et se perdra dans l'oubli (comme les larmes dans la pluie, disait Ridley Scott).
J'ai trouvé le scénario mal écrit, beaucoup trop dense. Je déteste les films qui vous prennent pour un idiot en vous cachant mal des ficelles tellement grosses qu'on a honte d'être devant l'écran. Quand il faut faire des efforts incomensurables pour comprendre un méliomélo si alambiqué, c'est l'excès inverse. Alors imaginez quand les deux extrêmes sont réunis en un seul film...
Les mises en abîme et autres pirouettes scénaristiques (tu croyais que j'étais mort ou que j'avais pas tout prévu ? tiens regarde, je suis vivant, et c'est moi le plus fort. Aïe... mais euh... ah toi aussi tu avais tout prévu ? même pas mal, j'avais déjà prévu que tu avais tout prévu... ah toi aussi tu avais tout prévu ? etc) n'arrangent rien au rythme beaucoup trop saccadé et décousu, et ne font que brouiller encore plus une idée pourtant magnifique sur le papier (le triangle wayne/joker/dent, le dileme du prisonnier pour les tiers, la vraie identité d'un héros, entre autres).
Puisque que Nolan ose utiliser des personnages si bien interprétés par le passé, comparons de manière objective. Heath Ledger n'a pas la densité dramatique de Nicholson, et quand il l'a à peu près, il plagie tristement son modèle original (mouvement de langue, etc). Ne parlons même pas de Christian Bale, comme toujours complètement insignifiant et abruti dans un rôle trop grand pour lui (et dans un costume très mal taillé au passage). Le personnage de Maggie Gyllenhall, bien qu'à l'origine d'un triangle amoureux prometteur et est piteusement exploité alors que c'est pourtant la clé de la fin du film. Eckhart sort vraiment du lot, mais son personnage s'éfile malheureusement avec la pauvreté psychologique dont est victime la dernière oeuvre du film. Dommage, c'est au moment où son personnage est censé devenir vraiment autre chose qu'une caricature.
Le plus pathétique dans tout ça, c'est que le Joker n'est pas vraiment délirant ni barré (à part deux scènes), et serine tout le long du film qu'il faut s'amuser. Malgré ce voeux pieu, je me suis ennuyé ferme... Je n'ai pas senti ce vent de folie où on voit un mec complètement déjanté s'amuser comme un gosse à foutre le bordel. Là il est juste un peu méchant et pas vraiment éloquent et cultivé, ce qui est loin du personnage originel inventé par Moore. Mon dieu, on a rendu le Joker banal. Un méchant banal, pitié. Au passage, Le Joker est censé avoir tué les parents de Batman dans le permier Burton, petit détail complètement important mais complètement ignoré dans le film... De qui se moque t'on ? de Burton ? ah...
Bref, le constat amer qu'on a essayé de sacrifier encore une fois des personnages baroques, complexes et mystérieux sur l'autel du rendement pour en faire une grande caricature pour jeunes geeks américains. Une caricature. La chose la plus pathétique qui puisse arriver. Mais comment faire autrement quand on s'attaque à un film déjà parfait ? Je retourne regarder vite vite les deux chefs d'oeuvre de Burton pour effacer tout ça au plus vite de ma mémoire. Admirer une vrai batmobile, une Vicky Vale vraiment envoûtante, un Micahel Keaton vraiment tiraillé et, un Joker au verbe et au délires vraiment superbes, et frissonner en écoutant une vraie musique de film.