de ElBoriquitto » Lundi 13 Juin
Nous avons déjà connu ou nous connaitrons tous un deuil sentimental dans notre vie. J'en ai connu quelques uns, la majorité venant de mon absence d'envie d'engagement.
Si l'on remonte aux deux dernières années (qui coincident avec le début de ma position d'homme, aussi bien au niveau de mes responsabilités que de mes activités), il y en a bien un qui continue de me hanter.
J'ai, durant cette relation, eu l'occasion d'exercer tout ce qu'il ne fallait pas faire avec une femme. Je crois que j'ai également subi la quasi totalité des plaies de l'amour. Le non-amour, le délaissement, le mensonge, la rupture.
En y repensant, cette relation nous liait solidement par ce qu'on appelle le sentiment amoureux. Et tout le reste n'était qu'horreur. J'ai violé sa vie privée, elle a surabusé de ma confiance (qui n'existait pas vraiment), j'ai passé des heures à essayer de me sortir de tout ça via mes amis et le forum. J'ai passé les meilleurs moments de ma vie, les pires également.
Il n'y avait aucune solution, j'aurais du rompre il y a bien longtemps. Je l'ai fait, elle l'a assumé. Je n'ai plus jamais eu de nouvelles.
Face à une situation nouvelle, on manque parfois d'armes. J'ai parfois essayé de la revoir, mais mes intentions n'étaient pas masquées, et trop peu d'eau avait coulé sous les ponts. Se remettre ensemble n'aurait que perpétué cette situation. Rien n'avait changé.
Des réponses laconiques me renvoyaient dans mes 22 mètres.
Plusieurs mois sont passés depuis son dernier refus, et je fais toujours face à ce deuil. Evidemment, il devient de plus en plus facile à gérer. Mais un amer goût d'échec vient le rendre bien désagréable. Cette blessure dans mon orgueil est violente, comment avons-nous pu rendre cette histoire aussi noire ? Comment ai-je fait pour laisser partir une femme que je voulais ? Comment a-t-elle pu aussi bien le vivre ?
Je n'avais pas les armes, la vie n'avait pas encore apporté son lot de leçons. Sa rupture récente ne nous aidait pas non plus. Ajoutons à ça la différence d'âge, notre différence d'expérience, et nous avions le couple impossible.
De part mon jeune âge, je n'ai connu que des ruptures simples à gérer. Sauf celle-ci, et parfois je me sens à court de solutions. Est-ce vraiment le temps qui fera son oeuvre, ou celui-ci ne fera qu'apporter confirmation que cette femme me faisait vibrer ?
Parfois, je suis las d'attendre de l'oublier. Las d'être fataliste. N'y-a-t-il pas de solution pour simplifier tout ça ?
J'en connais bien une, qui aura un goût de déjà-vu. Lui proposer un café sans arrière pensée. Elle refusera sans doute, ça m'aidera peut-être.
Mon amour propre crie arrête, mais ce passé de folie amoureuse doit trouver un sens. Pourquoi ne pas croire à la possibilité de vivre qu'une partie de cette relation, et la bonne ?
L'humain est loin d'être parfait, et l'erreur est sienne. Céder à la volonté d'être avec quelqu'un qu'on apprécie malgré tout est difficile, l'espoir rend naïf. Ou bien la réalité rend aigri.
Des dizaines d'éléments me disent de continuer sur la voie empruntée depuis des mois. Les filles qui me recontactent après mes stops clairs m'indiffèrent, imaginer une telle lassitude à la lecture de mon message m'horrifie. Le rationnel de la séduction m'annonce déjà l'échec. Et pourtant, ce goût d'échec et d'envie que tout ça soit différent me rend irrationnel. Et me donne envie d'abandonner ma fierté une fois encore.
Être seul, très bien. J'ai mon entreprise à 22 ans, des amis sur qui compter. Et pourtant, je me dis qu'être avec une femme qui me convienne embellirait tout ça.
La faiblesse, la naïveté ou bien la jeunesse me disent qu'elle n'est peut-être pas si loin.