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Exemple de langage des femmes – « Et n’embrasse personne en mon absence »

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décodez le langage des femmes

Bonsoir Stéphane,

L’été 2010 marque ma première année de lecture régulière de Spike Séduction. Cela m’a permis de me rendre compte à quel point en pensant faire bien, je faisais mal, puis de me perfectionner. Spike Séduction est ainsi un excellent bagage ultra mobile, qui m’accompagnera dès la rentrée universitaire en Fac de Droit (cf. Aborder Cette fille dans ma classe, I). Bien évidement, je ne peux que te remercier pour la gratuité, la richesse mais aussi la qualité des articles que tu publies. Mais voilà, venons en à l’objet central de mon message.

Avant tout, je préfère me présenter. La situation sera plus symétrique et cela pourra peut-être te permettre de mieux aborder mon soucis. Depuis 2009, je me suis doté d’un lifestyle plutôt séduisant. Sur la plan amicale, j’ai des amis, des vrais amis, et à ma connaissance aucun ennemis. Je respecte mes amis et ceux-ci me respectent. Je sors à peu près régulièrement en journée et en soirée. Je m’appelle Julien, j’ai 18 ans et j’ai une petite amie. Appelons-la Chloé.

Hier, jour précédent le départ en vacances de ma bien-aimée, j’étais à une soirée très fréquentée avec elle. C’était la première fois que ma copine allée à cette grande fête (contrairement à moi qui y est toujours présent). Elle a pu découvrir mon cercle d’amis mais aussi mon cercle d’amies. J’aime beaucoup utiliser la jalousie pour séduire, et le simple fait de saluer mes amies a sucité de la jalousie et démontrer mon potentiel de sociabilité à ma dulcinée (donc de générer de l’attraction et de me positionner comme un prix à remporter). Mais cela ne s’arrête pas là.

Langage de l’homme

J’ai pu constater à quel point Chloé me surveillait de loin quand j’abordais un groupe de personnes. C’est pourquoi j’ai eu à plusieurs reprises droit à « Et tu n’embrasses personne en mon absence » sur un ton amusant. J’ai pu y répondre avec plaisanterie, auxquelles elle riait, telles « Même si je viens te voir par surprise ? » ou « Ah donc, ça veut dire qu’après je pourrais embrasser quelqu’un d’autre ». On a bien terminé la soirée, à notre habitude.

De manière générale, j’arrive à avoir assez de recule pour me juger en séduction, et s’il y a lieu corriger ce qui ne va pas. Cependant, je n’arrive pas à comprendre la question que Chloé m’a posé. J’ai ainsi plusieurs questions : s’agissait-il d’un simple shit-test ? Manque-t-il de la confiance dans mon couple ? Ai-je « bien fait » ?

Merci d’avance pour ta réponse

Olivier

Olivier,

Je n’ai jamais mis les pieds en fac de droit, mais je suis sorti avec plus d’avocates que toutes autres professions confondues, aussi l’introduction de cette lettre n’est-elle guère compliquée à trouver : tu n’es pas au bout de tes peines. On ne traverse pas indemne la plus grande concentration de filles à papa de France, avec leur sens tout relatif des moeurs, de la morale et de la jouissance. Vois le bon côté des choses cependant : tu sais déjà qu’il ne faut pas te traîner à leurs pieds, ce qui est la meilleure garantie de prendre le tien.

Langage des femmes

« Jalousie » : c’est le mot-clef de ta lettre. Clef, peut-être, mais pertinent, j’en suis moins sûr. Ce que tu décris ne ressemble pas tant à de la jalousie qu’au fameux désir triangulaire conceptualisé de René Girard. Les gens n’ayant aucun discernement, ils ne ressentent le désir qu’après avoir été certain que tous leurs voisins aussi. Rends-toi compte de tout ce que tu as appris à ton jeune âge : quand j’avais 18 ans, SpikeSéduction n’existait pas (Spike tout court non plus, d’ailleurs), et je croyais encore que les femmes choisissaient les hommes pour la qualité de leur goût, leur grandeur et leur désintéressement. C’est dire à quel point j’étais bête. Pour ma défense, on ne m’avait pas appris grand-chose d’utile. Ce qui est une manière gentille de dire rien.

So far so good, mais ta petite copine, du haut de ses frêles gambettes, craint que tu n’uses de ce début de pouvoir que confère la connaissance des dynamiques sociales. Si elle avait dix ans de plus, je dirais que son « « N’embrasse personne en mon absence » signifie, dans le langage des femmes, qu’elle anticipe le moment où elle-même aura très fort envie de faire ce qu’elle vient de t’interdire, se donnant ainsi en fait un ordre à elle-même par le truchement d’une personne qui pourrait la juger (et la sanctionner) en cas de faute. On sous-estime toujours un peu la déception que les gens peuvent nous causer, surtout lorsqu’il s’agit d’une femme qu’on aime, ou qu’on a aimé.

Mais voilà, elle vient tout juste d’avoir 18 ans, pour vivre il faut espérer, et j’espère encore – sans bien sûr y croire – à une certaine forme de pureté qui pourrait déteindre de l’enfance. Je veux donc croire qu’elle a simplement peur de te perdre, que tu comptes pour elle, et qu’elle espère te retrouver à son retour.

Les gens qui ont beaucoup été aimés ne se posent aucune question sur l’amour parce qu’il va de soi, comme la pousse des arbres, des cheveux, ou le jour qui se lèvera demain comme hier. Les autres cherchent toute leur vie en quoi il consiste, non pour rechercher le temps perdu mais pour comprendre cette différence de constitution entre eux et les autres, et ainsi l’abolir un peu. La sensation de manque est le moteur le plus puissant qui soit, les gens sont d’ailleurs prêts à tout dès lors que quelqu’un leur manque. Espérons donc que tu lui manques un peu.

Stéphane

Et si cette courte réponse vous a donné envie d’en savoir plus sur le langage des femmes, tout ce que vous devez savoir se trouve ici.

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5 COMMENTAIRES pour cet article.

  1. James dit :

    Elle te pousse à le faire pour se déculpabiliser derrière quand elle fera la même chose.

    Easy.

  2. Bernard dit :

    « Et tu n’embrasses personne en mon absence » sur un ton amusant.
    En language direct, ça veut dire  » Coquin, va  »
    MDR

  3. Mickael dit :

    De la profondeur melée à de la simplicité, cela fesait longtemps et ce fait du bien.

    « Les gens qui ont beaucoup été aimés ne se posent aucune question sur l’amour /…/ Les autres cherchent toute leur vie en quoi il consiste /…/ pour comprendre cette différence de constitution entre eux et les autres, et ainsi l’abolir un peu.
    La sensation de manque est le moteur le plus puissant qui soit, les gens sont d’ailleurs prêts à tout dès lors que quelqu’un leur manque.  »

    Tout est là

  4. Jérémie dit :

    J’ai adoré l’intelligence de cet article, of course. J’ose toutefois émettre un doute quant à la conclusion : « Espérons donc que tu lui manques un peu. »

    Espérons cela.. pour quoi.. ? Fonder une relation-potentielle sur la notion du manque ? Pardon, je vais être naïf mais, n’est-ce pas plus sûr de fonder une relation sur un sentiment évolutif, plutôt que sur un sentiment involutif ? (c’est en tout cas ce que j’ai appris.. =)). Sinon, article lumineux.

  5. Jean-Baptiste dit :

    Bravo pour ce texte, peut etre ecrit vite mais d’une tres grande qualité. Je suis vraiment content de voir qu’on se detache progressivement ici de la seduction « MacDo » à l’anglosaxone. Densité et finesse. Bravo.

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