BARFLY.jpgIl y a des jours comme ça. On rumine la fin de sa LTR comme un gosse une barbe à papa : ça écœure, on s’en fout partout, ça se partage difficilement et finalement on n’en est un peu dépêtré qu’après l’avoir jetée...

C’était un samedi, il ne faisait ni chaud, ni froid, ni beau, ni mauvais, je n’avais pas envie de sortir, mais pas non plus de regarder Ardisson à la télé, bref je me serais foutu de tout ce qui aurait pu arriver. Alors quand mon wingman préféré m’a appelé, je n’ai refusé que 3 ou 4 fois avant de le retrouver dans notre QG, un bar du 8ème arrondissement.

Mon sentiment de l’époque était clair si clair qu’il tenait en trois mots : rien à foutre. Je sortais tuer la mélancolie dans laquelle je m’étais lové toute la journée (mélancolie, petit luxe des âmes pauvres, disait Montherlant), le plaisir c’était de bien s’habiller et de voir ses copains, pas d’aller faire l’honneur à une énième pouf de lui parler, encore moins de la séduire. Et à me fulminer ça tout le trajet, je m’en étais rempli au point de rentrer dans le bar bien détaché, bien droit ; par réflexe je donnais un maximum de verticalité, accentuant un air légèrement hautain au moment d’écarter les grands rideaux qui masquent l’entrée.

En cherchant mes potes des yeux, je voix deux petites billes bleues, eux-mêmes fixés sur une petite tête blonde qui s’inclinait dans ma direction à mon passage. A peine le temps de saluer des connaissances au passage - social proof involontaire - et je me dirige droit sur elle d’un pas décidé. Oh, ce n’était pas la règle des 3s, mais plutôt une vraie envie de mater cette intrusion non sollicitée dans ma safety-zone.

M : Salut. Tu me dévisages comme ça parce qu’on s’est déjà vus, ou bien parce que tu es déjà folle de moi ? (parfaitement sérieux)
E (surprise mais son regard a trahi son intelligence en se reprenant tout de suite) : la 2, bien sûr. Parce que je suis « déjà folle de toi ». (imitant mon inflexion de voix, et avec un grand sourire qui voulait dire « enfin un peu d’action, je commençais à m’ennuyer »)
M (air blasé) : Hmm, bon mais je te préviens il y a une liste d’attente pour le mariage hein ma grande (elle était petite)
E : ah oui, et il y a combien de filles dessus ?
M : avec toi, 12. Tu veux t’inscrire quand même en liste complémentaire ? (over hard to get)
E : Non, je ne m’inscris que si je suis la première de la liste (elle parle de plus en plus avec une voix d’enfant, ça m’énerve)
M : Et voila, toujours pareil... Mais c’est que j’ai pas que ça à faire, moi de me marier comme ça tous les 3 jours.
E : Qu'est-ce que tu fais dans la vie ?
M : Coach en séduction et toi ?
E : (morte de rire) Salariée dans un cabinet d'avocat.
M : C'est quoi ça, secrétaire ?
E : non non, je suis avocate. Bon alors je suis combien, sur la liste ?
M : Toujours dernière. Donne moi ton numéro je t’appellerai peut-être en cas de désistement
E : Non, tu ne vas jamais me rappeler
M : C’est vrai (sourire, le premier). Alors qu’est-ce qu’on fait ? (nul, mais je commençais à me lasser et je voulais aller voir mes potes qui regardaient amusés à quelques mètres de là)
E : Je veux qu’on se marie tout de suite (toujours voix de petite fille, capricieuse en plus)
M : J’ai pas de témoins
E : On n’en a pas besoin. Tu as une bague ?
M : Non mais attends le monoprix des Champs est peut-être encore ouvert. (Là en fait elle commençait vraiment à me casser les couilles, j’ai cherché un moyen de la délocker). Bon de toutes façons, pour un mariage, faudrait s’embrasser. Donc c’est pas...
E : Ok (elle tend la bouche en avant en faisant une espèce de fraise avec les lèvres)
M : euh...(merde, elle débloque ou quoi, elle veut me kinoter avec la bouche !)

[Baiser du bout des lèvres]

E : ah non, avec la langue !

[Et re-, avec la langue cette fois]

Surprise, elle embrassait divinement. Une petite langue fureteuse et coquine comme celle d’un chat (en moins rapeuse, je suppose). Et coincidence son petit groupe d’amis enchaînait avec la boite juste en face, comme nous. J’ai numclosé sur l’envers d’une serviette, un paquet de clopes, ou je sais plus quoi, au cas où on se ne trouverait pas là-bas. Evidemment ça n’a pas été nécessaire, elle m’attendait un peu à l’écart de ses amis, je lui ai lancé le défi du glaçon (ça tient, un glaçon, dans ta toute petite bouche ?), elle a répondu que oui et m’a fait une démonstration in vivo, au cours de laquelle j’ai encore pu constaté à quel point elle embrassait mieux que mon ex, pourtant one-itisée.

Le week-end suivant, elle se refaisait 10h de train depuis sa Lorraine natale pour venir fcloser le week-end chez moi. S’en est suivie une transformation en fuck-friend classique sans grand intérêt. Le Bjclose n’était d’ailleurs curieusement pas à la hauteur de ses baisers.



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4 commentaires »

  1. Bizarre qu'il n'y ait pas de commentaires...
    J'ai adore !

    Commentaire par Sun — 13 novembre 2006 @ 20:19

  2. Oh My God !!!!

    Le Kclose le plus facile jamais arrivé? Pas froid aux yeux la fille venu du froid :)

    Terrible aussi to openner !!

    Dommage que le reste n'ai pas été a la hauteur ....

    Commentaire par Timmy — 24 novembre 2006 @ 21:11

  3. beaucoup beaucoup trop facile

    spike, ce genre de chose te ramollit, tu t'etais mis en "solde" ou quoi ? ;-)

    Eu le même probleme avec les américaines et les canadienes: ce n'est pas du sport; elles se gettent dessus sans subtilité: ca gache tout le plaisir et au bout d'un moment on a la meme self estime qu'un paquet de cereales chez casino.

    Commentaire par Ky! San — 13 décembre 2006 @ 9:00

  4. Cher Spike,
    je comprends ton étonnement du baiser à tomber par terre, sensé dévoiler les prémisces de formidables nuits sauvages à venir.
    mais ca n'est pas forcement un indicateur à prendre en compte, au meme titre que tous les indices qui permettraient de deviner la taille du sexe de l'homme ! (n'est ce pas mesdames, nous avons toutes observé certains détails physiques pr voir si les nombreuses théories se confirmaient..;) )
    et pour cause, je l'ai vécu version femina
    le garcon embrassait tres bien, les premiers baisers furent envoutants ... de quoi mettre en appétit et partir confiante sur l'oreiller.
    seulement voilà!resultat des courses ? un mec certes physiquement pas degueu, des baisers langoureux, mais ! aucun echange au lit, il se faisait l'amour à lui meme, et pas le moindre soubresssot d'orgasme pr moi... et c'est pas faute d'y avoir mis du mien ;)
    Conclusion : qui embrasse bien, parfois mal etreindrait?
    en tous cas, le pire coup de ma vie... comme quoi!
    shiva ;)

    Commentaire par shiva — 4 mars 2007 @ 18:50

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