M (La tenant par la taille et, d’une voix que je voulais grave et chaude) : Tu sais ce qui serait parfait maintenant, après toute cette marche ? (on avait marché 500 mètres)
E : Non ?
M : De se poser chez moi, au calme, avec un bon verre (d’eau, mais elle ne savait pas)
E : Hmmm, il est tard, je vais rentrer, demain matin j’ai TD et nanana et nanana
M (en désignant sa main sur ma taille) : Tu ne crois pas qu’on serait mieux à l’intérieur pour…
E : Hmmm, c’est mieux que je rentre, il est tard et patati et patata
M : Ecoute, il n’est pas minuit, tu restes une heure et tu auras encore le dernier métro ok ?
E : Hmmmmmmmm, oui mais alors juste une heure et je m’en vais on est d’accord ?
Tel Perette pensant vendre son lait, je m’imaginais déjà tirant sur son pantalon pour découvrir les deux melons énormes et mordre dedans comme jamais. C’était décidé, elle aurait ad vitam eternam l’empreinte de mes dents sur le postérieur, restait à parvenir jusqu’au tombeau de la femme inconnue (la pièce où les femmes tombent, et où tombent leurs illusions - dixit Montherlant - parfois aussi appelée chambre). Le grand manitou des prêtres (c’est très hiérarchisé l’église catholique, pire qu’une entreprise), interdisait déjà d’y manger, dans les chambres, alors d’y ramener des inconnues pour forniquer, c’était un coup à m’extrader au Vatican. Mais le désir a cela qu’il vous fait toujours trouver des solutions, et je me suis rappelé de l’existence d’une mystérieuse porte de derrière.
M : On va prendre l’entrée de derrière, hein c’est mieux c’est l’entrée des artistes. Et puis c’est plus court ! (C’était noir, silencieux et désert, j’avais une peur réelle qu’elle ne prenne peur et fasse demi-tour)
E (elle n’a absolument rien répondu, je me demande même si elle m’a écouté)
M (Devant la porte, j’ai « perdu » ma clef au fond de ma poche pour bien vérifier que le couloir était vide. Mais c’était sombre, on n’y voyait rien à deux mètres, il fallait se lancer). Viens, viens, dépêche-toi !
E : Mais pourquoi on court ?
Comme c’est excitant de prendre l’ascenseur avec une femme qu’on n’a pas encore possédée – surtout les étroits, les difficiles d’accès, dont les portes pernicieuses prolongent le plaisir. Puis, l’œil aux aguets et toute la chair en éveil, je l’ai escortée jusqu’à ma chambre en feignant une parfaite décontraction.
E : Oh, c’est bien rangé chez toi ! (Tu m’étonnes, il n’y avait rien, que le bureau, une chaise et le lit une place).
M : Merci. Fais comme chez toi. (J’ai pris la chaise, son choix s’est réduit au lit. Puis je me suis allongé à côté d’elle, puis sur elle, lui caressant pour de bon tout ce que je n’avais jusqu’à présent qu’exploré. Sans gilet, sans t-shirt et sans soutien-gorge, j’allais déboutonner ce qui contenait le Saint-Graal quand le plan a eu un accroc)
E : Non, arrête !
M : Quoi, qu’est-ce qui se passe ?
E : Non, pas mon pantalon
M (j’ai pris mon mal en patience en remontant un peu vers les seins, mais comme ils n’avaient rien de spécial, quelques minutes plus tard j’étais de nouveau en bas)
E : Non, arrête !
M : Mais quoi ?
E (en articulant bien, comme une phrase préparée) : Je – ne – veux – pas – enlever – mon – pantalon
M : Mais pourquoi, à la fin ?
E : Pas ce soir
Deux heures qu’elle me touchait partout en agitant son cul démoniaque comme un trophée, elle me donnait tout ce que je ne voulais pas (ses mains, sa poitrine, sa bouche, ses opinions sur tout :roll: ) et me refusait ce que je convoitais. Plus tard j’ai appris qu’elle était catholique hyper pratiquante – ah, c’est donc pour ça qu’elle n’était qu’à moitié à poil dans le lit d’un inconnu. L’idée de m’arrêter là ne m’a pas effleuré l’esprit, surtout que l’heure avait tourné et elle allait devoir dormir ici, dans mon petit lit, faute de métro. La nuit était sur le point de virer au supplice chinois, je m’imaginais prisonnier attaché à un poteau devant des nymphes sublimes chargées d’attiser mon excitation sans répit jusqu’à ma mort par épuisement. Et soudain, sans trop savoir comment, j’ai trouvé.

Franchement j’ai lu toutes tes histoires, et c’est celle ci qui ma fait le plus rire. Tu es un bon conteur, et tu as de l’humour.
Ah oui j’ai une question : est ce toi sur la photo en haut de page avec le chapeau et la cravate dorée ? si oui (chapeau bas), tu petes le style :)
En tout les cas, bien joué l’artiste.
Commentaire par Crovax — 12 juin 2006 @ 23:49
Salut,
Je trouve ce texte excellent, il m’a bien fait rire en tout cas!
Sinon, je voulais te demander : sur ton site il ya dans le cadre en haut, la photo d’une fille tenant une chope de café. Et je crois trop que je la connais, elle s’appellerait pas Hélène par hazard?
En tout cas merci pour tes conseils éclairés sur FTS, site qui apporte enfin une solution à mes questions!
@+
Commentaire par Romain — 10 janvier 2007 @ 1:04
Hey,
D’abord bravo pour tout, ton style, ta classe, bla bla bla… t’es bon et tu le sais donc passons.
Depuis quelque temps je passe sur ton site très intéressant, et je me posais une question à laquelle l’intro de ton article a répondu. Tu as donc bien lu le “petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens” et je voulais savoir ce que tu en avais pensé et ce qu’il t’avait apporté.
Apparemment on a quelques points communs, si j’ai bien compris à l’origine t’es de la Côte et t’es monté sur Paris (ce qui devrait pas tarder à m’arriver si tout va bien!) et on partage les mêmes lectures, on ne se connait pas encore mais je t’apprécie déja.
Si tu lis ce commentaire, tu es bien sur libre de répondre à ma question!
A bientôt.
Ouss
Commentaire par Ouss — 2 septembre 2007 @ 15:24