Vendredi dernier, j’ai décidé de sortir un engourdi de casanier. Son cas est assez particulier pour que je vous en touche deux lignes avant de commencer, c’est un copain de prépa plutôt beau gosse, sociable (avec les garçons), il plaisait même beaucoup aux filles mais une absence totale de couilles et une trop bonne éducation l’ont condamné à ne prendre que celles qui venaient à lui, et encore fallait-il qu’elles se déclarent franchement. Cette stratégie lui valut d’accrocher à son tableau de chasse des braves filles fraîchement larguées en recherche d’un toit, des moches névrosées en recherche d’un doigt et des vierges frigides en quête d’absolu. A l’abord des 25 ans il s’est marié avec une femme de 40 qui lui avait fait de l’œil dans un pub quelques mois plus tôt. Depuis, il exerce brillamment la profession de père au foyer pendant que sa femme attend leur 2ème enfant. Vendredi dernier donc, il a laissé son survêtement et sa barbe de 3 jours pour une veste et une peau fraîchement rasée et nous sommes allés boire un verre.
Lui : Où est-ce qu’on va ?
Moi : Au bout du monde, pourvu qu’on y boive. J’ai envie de me laver l’âme.
Dans mon restaurant japonais préféré – une minuscule cantine qui fait salle comble tous les soirs dans le quartier de l’Opéra -, il y avait une brune aux cheveux courts et à la peau délicatement bronzée comme une pâte qui dore au four. Assise, son t-shirt laissait entrevoir quelques centimètres carrés de chair douce et lisse dans laquelle j’avais envie de mordre. Évidemment, je ne lui ai pas décroché beaucoup de regards, déjà parce que ça ne se fait pas, et un peu aussi parce qu’elle était venue dîner avec un mec.
A bien y réfléchir, il y avait dans ce « couple » quelque chose qui n’allait pas. Le mec était trop distant, trop penché sur son assiette, trop peu viril et trop peu charismatique pour elle. J’y réfléchissais devant la glace des toilettes en train de me laver les mains quand la porte s’est ouverte derrière moi. Évidemment, dans un film, personne ne croirait à ce qui va suivre, mais pourtant c’était bien elle qui venait d’entrer.
M : Vous avez un joli bronzage
E : Merci
M : Je voulais vous le dire tout à l’heure, mais vous êtes avec quelqu’un et il pourrait avoir envie de me casser la gueule
E : Lui ? Non non, c’est un ami, juste un très bon ami (je crois qu’elle a encore rajouté : « un très très bon ami ». Puis elle est entrée dans le toilette de droite après une seconde d’hésitation)
M (moi, à travers la porte) : Alors si ce n’est pas votre mec, je peux vous demander votre numéro de téléphone ?
E (silence, puis éclat de rire à travers la porte, j’ai cru qu’elle allait tomber dans le trou)
M : Parce que pour vous inviter quelque part, un numéro de téléphone c’est plus pratique
E : M’inviter ici par exemple, j’aime beaucoup ce resto
M : Je ne pensais pas vraiment à ici, mais bon on négociera. Je retourne à ma table, vous m’écrirez votre numéro et vous me le laisserez sur la vôtre en partant, ok ?
E : Donnez-moi le vôtre plutôt
M : Non.
E : Je vous promets que je vous appellerai.
M (grand sourire) : Et ils y croient, les autres, d’habitude ? (Et je me barre en fermant la porte et en riant aux éclats)
E : Quels autres ? Je suis une nonne.
30 secondes plus tard elle revient à sa table et j’ai ressenti une seconde de plaisir intense quand elle a coupé la parole à son ami, qui reprenait son discours morne et chiant comme si elle n’était jamais partie, pour dire :
E : Attends, j’ai quelque chose à faire
M (je lui tends une carte du restaurant)
E : (Elle écrit son numéro devant son ami ébahi, mais ce n’était rien comparé aux frustrés attablés entre nous. Quand elle m’a tendu la carte avec son numéro, ils regardaient autour d’eux pour chercher une caméra, comme les piégés à la fin de surprise sur prise)
E : Comment vous appelez vous ?
M : Spike, et vous ?
E : Selena
M : Merci Selena
Je range la carte et reprends la conversation avec mon copain, dont les baguettes étaient tombées dans la soupe. A côté de nous, les frustrés, vexés, humiliés, étaient devenus hargneux et blaguaient, plein de fiel, sur les filles faciles. Je crois que s’ils avaient bu un peu plus, ils m’auraient tué.

“Cette stratégie lui valut d’accrocher à son tableau de chasse des braves filles fraîchement larguées en recherche d’un toit, des moches névrosées en recherche d’un doigt et des vierges frigides en quête d’absolu.” Cette phrase énorme!
Commentaire par Anonymous — 8 avril 2006 @ 4:09
PUA attitude comme d’hab, et quel sens de la narration :)
Commentaire par falek — 29 août 2006 @ 23:06
magnifique , spike , tu me rappelle un natural , peut être même un alpha , d’une 40 éne d’années , un collégue de boulo , qui arrive à closer comme tu le fait , la derniére fois que j’ai été avec lui , j’avais le soufle coupé , nous mangions dans un flunch , je croyais qu’il allait se tapper tout le résto ! xD
alors a ce moment (et pourtant je ne connaissais pas vraiment le site) j’avais vu en lui la clef de mes ennuis , malheureusement une personne ne peut être la tout le temps pour vous “apprendre” a draguer , cependant , aprés un “wooohaaah ! comment tu fais ?”
il m’a dit ceci :
“bein je regarde , j’obsérve mon entourrage , et puis tu sens présque avec qui tu peux “opener” (fin il me la pas dit comme ça )
via les regards , mais faut pas croire , au début je me suis pris une quantité de rateaux , mais j’ai appris !
et il aurait pu rajouter, regarde moi aujourd’hui :p
mais comme je ne connaissais pas l’éxistance de la comunauté , et me réconfortant dans ma peau d’afc … j’ai fini par mêtre sa pratique sur le poid de son age , pour finir sur sa personne , en finissant par croire que j’en étais pas capable
:/
Commentaire par quakeerc — 11 juillet 2007 @ 21:24
Moi j’adore !!!
Spike victime des AFC , dans sans couilles ou des deux…
M’enfin moi je trouve que c’est un peu exagéré sur “les AFC plein de fiel”
Mais je te( ou vous ) comprend .
Il y a des mecs “typique” qui ne comprennent pas sont bloqué dans une réalité ( par manque de couilles? ), “les filles faciles blah blah blah”, c’est avant tout une fille, un être humain quoi Bref je me comprends sur mes allusions .
Commentaire par ZenGa — 15 juillet 2007 @ 1:50