Le premier étage du printemps de l’homme est toujours aussi volontairement branché, et donc ridicule. Comme disait Beigbeder dans je ne sais plus lequel de ses bouquins, les endroits designs sont fait pour attirer les touristes et les éloigner de ceux que je fréquente. Entre les notes de basses de la musique trop forte, une voix d’hôtesse essaie de vanter les mérites de la carte Printemps. Elle le fait d’une voix totalement neutre, à égale distance de la vérité et du mensonge ; elle doit être comédienne, c'est-à-dire que ses parents doivent lui payer des cours chez Florent.
Le second étage paraît en comparaison bien strict, il recèle donc évidemment bien plus d’originalité. Je remarque une paire de chaussures Jean-Claude Monderer fines, basses et élancées. Ce seront mes prochaines. Mais j’irai à la boutique, on est mieux servi, c’est moins cher, la vendeuse est plus mimi et les sacs sont de meilleure qualité. En face, au stand Dolce Gabbana, la grosse brune en minijupe s’ennuie derrière sa caisse parce que personne n’achète. Finalement les gens ne jamais aussi bêtes qu’on croît.
Le troisième étage est plus populaire et les filles y sont donc plus gamables. C’est là que je décidai d’installer mon piège à loup.
Beurk, mais ils sont super moches vos pulls, comment vous pouvez vendre ça ?
Ca m’avait échappé et un rictus de dégoût me déformait légèrement le sourire. C’est vrai qu’ils étaient moches, non de Dieu. Oranges, à capuche, avec des inscriptions barbouillées en blanc et parfaitement illisibles, le coton était laid et la coupe inexistante. De vraies merdes, mais je me retins.
M : Je ne savais pas que vous vendiez des serpillières au Printemps. On n’arrête pas la diversification
E : :? Ce sont des sweat-shirts
M : Non ce n’est pas ça, je le sais j’en ai mis, moi, des sweat-shirts, quand j’étais jeune.
E : Si, regardez (et elle m’en déplia un. Je vis que c’était une B, son regard était doux, ses gestes bienveillants, elle n’était manifestement qu’occasionnelle ici et les tics de la profession (pratique assidue du mensonge, esprit retord, méchanceté à la marge) semblaient glisser sur elle comme l’eau sur les plumes d’un canard. Je décidai de la gamer.

C'est ce qu'on appelle un bien bel enchainement de yes-set ;-) Un texte très agréable à lire en tout cas, merci, et bonne continuation.
Commentaire par Yann — 15 avril 2006 @ 14:13
En plus de me faire rire (oui je n'y peux rien, tes techniques de séduction m'amusent, mais dans le bon sens du terme car je trouve ça génial) tu écoutes des mp3 de cowboy bebop... Tu es merveilleux !
Commentaire par anne onyme — 31 mai 2006 @ 18:30
Spike, tu es vraiment très surprenant. On dirait que tu es skisofrene(ds le bon sens du terme). Nous avons le Spike, malicieux qui controle l'évolution du game, jusqu'au kissclose et le Spike qu'on a devant soi qui agit. Etre a ton niveau nécessite vraiment beaucoup d'expériences, avec tout ce qu'elles comporte. En tout cas merci pour tout, quand on pense qu'un jour, on sera comme toi, on ve gamer partout et tout le monde, lol. Merci encore Spike.
Commentaire par ludobbl — 11 juillet 2006 @ 12:41
On ne "game" pas partout tout le monde. On est en stand-by, quelque-part entre On et Off, comme un poste de TV.
Commentaire par spike — 13 juillet 2006 @ 9:46
Salut Spike,
Moi c’est Roger mais on dit Bob.
Toujours intéressant, intrigant, fascinant de lire tes rencontres.
2 questions.
1/ Tes textes sont agréables à lire, tu écris bien. On sent que tu prends plaisir à écrire.
Prépares tu une œuvre littéraire, une sorte de Liaisons dangereuses contemporains avec dans le rôle de Valmont … ?
2/ Pour toi, draguer, pardon séduire semble une facilité. Alors que pour d’autre…
N’y a t-il pas une lassitude ? Et donc l’envie d’autres choses. Une relation longue voir une vie de couple. Avec le danger du quotidien. Un nouveau défit, une nouvelle frontière.
Same player, new game.
Commentaire par Roger dit Bob — 31 juillet 2006 @ 23:36
En partant, la nouvelle circulait dans les rayons et les collègues immobiles me regardaient avec l’air gourmand d’un enfant voyant passer le marchand de beignets sur la plage.
Commentaire par falek — 30 août 2006 @ 21:18
Falek, tu sais que j'ai mis plus de 24h à comprendre que cette phrase ("avec l'air gourmand d'un enfant etc."), c'était moi qui l'avait écrite ! J'avais complètement oublié :))
Commentaire par spike — 31 août 2006 @ 21:42
Jolie, rien à dire de plus ...
Commentaire par Yohann — 28 décembre 2006 @ 2:30
Je suis toujours sidéré par tous les commentaires mélés d'admiration et de jalousie des apprentis PUA que Spike fait fantasmer avec ses histoires de rencontres. Dis-moi Spike t'es sur que c'est bien les nanas que tu veux séduire ;)
Commentaire par Bob l'AFC — 17 juillet 2007 @ 13:51
"Je vis que c’était une B, son regard était doux, ses gestes bienveillants, elle n’était manifestement qu’occasionnelle ici et les tics de la profession (pratique assidue du mensonge, esprit retord, méchanceté à la marge) semblaient glisser sur elle comme l’eau sur les plumes d’un canard. Je décidai de la gamer." ET surtout elle avait un Décolleté aussi plongeant que un plongeoir olympique... ^^ allez j'arrete
Commentaire par ZenGa — 18 juillet 2007 @ 3:03
Tu t'imagines la scène... le Glamour, le Kong ... un mec stylé, un photographe pour Karl ... une tchache posée cool , la poupée brune au regard doux, et dans la tête du mec "Comme dit Bigard dans le lâcher de salopes, le meilleur, c’est quand tu l’as dans le viseur, juste avant que le coup y parte ; parce qu’après, il faut bien avouer que ça retombe…" C'est Trop Bon Moi j'adore ce genre de "dissymétrie"!!
Après la suite est bien écrite pleine de visualisation et de rappel citations.. merci
Commentaire par ZenGa — 18 juillet 2007 @ 3:29