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Petit cours de théâtre à l’usage des apprentis séducteurs, leçon N°1
A la demande de ses lecteurs, Spike va livrer des passages de son mémoire sur l’art de l’interprétation, réalisé en partenariat avec le cours Cochet. Dans ce (bref) 1er extrait, il montre que – contrairement aux idées reçues – il s’agit d’une science exacte, et laisse le soin aux esprits avisés le plaisir de faire plus tard le lien avec les cours de séduction…
« Dans cette classe, il y a un homme qui sait et des jeunes gens qui ne savent pas. Quand je parlerai, vous m’écouterez et vous essaierez de comprendre et de retenir ce que j’aurai dit. »
Alain
L’interprétation s’appuie sur une technique, cette technique est faite de règles et ces règles sont, n’en déplaisent aux ignorants, invariables.
Ces règles sont ce que les sociologues appelleraient des conventions, au sens de H. Becker dans « Les Mondes de l’art » : originaire du latin conventio, lui même créé à partir de convenire, « venir ensemble », au figuré « être d’accord ». Une convention, c’est donc un ensemble d’éléments qui, à tout instant, pour les participants à la convention, vont ensemble et sur lesquels, par conséquent, ils partagent un accord. Ces méthodes mécaniques, qui s’acquièrent par un exercice constant, vont devenir une seconde nature, que le temps et l’habitude vont finir par rendre familières. Ici acquérir des conventions sera donc adopter des systèmes de diction ainsi que des mouvements physiques aptes à transmettre au public l’intention originelle de l’auteur.
« Le texte change, le public, le lieu, les acteurs, mais les règles du jeu de l’interprète sont invariables. C’est bien ce qui ne fait que mettre davantage en valeur la personnalité propre à chaque comédien, sa richesse humaine et la profondeur de son inspiration»
JL. Cochet
Si les règles sont fixées, elles ne brident pas pour autant l’être humain et sa personnalité (si tant est que son intelligence et son imagination le préservent de tout système). Parce qu’on a accepté la contrainte d’être fidèle à l’auteur, les singularités des uns et des autres apparaissent d’autant mieux, dans leur manière de chercher leur propre liberté dans le « jeu » entre ces règles.
Comme l’écrit E. Friedberg dans Le Pouvoir et la Règle, dans toute organisation, aussi régulée qu’elle soit, l’application mécanique de toutes les règles ne produirait qu’une performance médiocre, une apathie (comportement de retrait qui se contente d’appliquer les règles sans plus), voire un blocage. Ce qu’il résume par :
« le jeu est la seule manière de concilier l’idée de contrainte et celle de liberté »
Page suivante : la liberté se trouve au milieu des contraintes…
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2 mars 2007 à 13:10
On peut aussi évoquer « l’Acteur et le système » de Crozier (en collaboration avec Friedberg, d’ailleurs, il me semble) et la théorie des jeux de pouvoir par la négociation ;-)