Notion N°1 : l’audace
L’audace a du pouvoir, l’audace a du génie, l’audace a de la magie. (Goethe)
Observe un canard nager sur un lac. De dehors il glisse à la surface sans efforts ; mais sous l’eau, ses pattes s’agitent furieusement, et sous ses plumes, il transpire. Quand tu as l’impression que je prononce une réplique couillue, c’est bien souvent vraie, elle l’est. Mais est-ce que ça veut dire qu’à l’intérieur je puisse toujours rester aussi froid que la trompette de Miles Davis un soir d’hiver ? Bien sûr que non. Même après 10 ans de pratique, il m’est arrivé de laisser passer des occasions sublimes, lorsque ni la chance, ni le mojo ni la configuration n’étaient de mon côté. Je peste, j’enrage, j’appelle mes amis séducteurs pour qu’ils m’engueulent, mais rien n’y fait, et comme disait Nietzsche, à presque 30 ans on est toujours un débutant.
Ceci étant, sans audace, je serais peut-être encore avec Marion, la petite brune coupée au bol qui, en 6ème, pendant le cours de géographie, m’écrivait des mots d’amour. On dit que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. C’est faux, les secrétaires et les ouvriers se lèvent tôt sans que rien d’autre ne leur appartienne que leur misère. Couche toi très tard, mais montre de l’audace.
Notion N°2 : la pensée
Tu me parles, je t’écoute, je te réponds
C’est la réponse de Charles Dullin à la question : « qu’est-ce que jouer la comédie ». Magnifique de dépouillement et de simplicité, eut-elle mentionné « … j’en pense quelque chose… » qu’elle eut été parfaite. Tu as l’impression que je réponds au tacotac mais si tu pouvais l’entendre il y a souvent entre les phrases et celles de ma cible un infime silence, le temps d’un inspiration, pendant lequel je traduits en mots la sensation que je ressens.
Il faut penser ses sensations (Louis Jouvet)
L’arme secrète de tous les orateurs se trouve dans les temps qu’ils prennent avant les mots. Faire attendre son interlocuteur, c’est s’accorder de la liberté. Quiconque accroît sa liberté accroît son pouvoir. Et le pouvoir, c’est l’attraction.
Notion N°3 : l’angoisse
Il ne faut pas confondre la décharge d’adrénaline qui se produit dans votre corps, qui prend son origine dans la sélection naturelle et les risques d’approcher l’autre, et l’angoisse.
Quand je marchais vers le premier rendez-vous avec ma relation longue*, rendez-vous pour lequel j’avais spécialement pris l’avion vers un autre pays, je sentais évidemment la décharge régulière d’adrénaline dans mes veines et dans mon ventre, mais pas d’angoisse. Oh n’allez pas croire que c’est parce que j’étais prêt à zapper aussi facilement. Ce rendez-vous était l’un de ceux qui me tenaient le plus à cœur, au contraire. Mais c’est là, sous la lumière, que les nuits d’entraînement se diffusent soudain lentement en toi pour te faire oublier la « machinerie » dont tu parles.
I run on the road, long before I dance under the lights. (Muhammad Ali)
La page suivante ferait bien d’être lue par mes détracteurs, féministes en tous genres et adepte du “restez naturels”…
