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Peut-on être au chômage et séduisant, par Damien

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Séduisant au chômage ?

Je me permets de piquer à Stéphane cette phrase de l’annonce du séminaire intelligence sociale II qui résume parfaitement ma motivation à vous faire part des réflexions qui vont suivre :

« L’intelligence sociale n’est pas d’attendre d’avoir un réseau de fou, mais de faire avec ce qu’on a »

A en croire les médias, être au chômage (leur mot préféré) est encore pire que d’attraper la peste. D’abord, c’est impossible car ce qui compte c’est la santé et deuxièmement, à condition de bien se débrouiller, cette période peut se révéler faste dans tous les sens du terme, sous certaines conditions. Cependant, quitte à exclure certains, je vais m’adresser aux célibataires sans enfants, en bref, ceux qui possèdent déjà un degré de contrainte faible. Quand j’ai appris mon licenciement économique fin Mars, je l’ai honnêtement plutôt mal pris.

Même si l’on sait qu’il ne faut pas prendre ce genre de choses personnellement (et encore, même sans être le seul à se faire virer, c’est dur), les faits sont là : on ne veut plus de vous. On préfère faire sans vous qu’avec vous. L’énergie et le moral, jusque-là relativement au garde à vous (dépendamment de son job), se prennent un coup dans l’estomac et s’arc boutent pour faire passer la douleur.

Ensuite on se ressaisi, on relativise, on se dit qu’on mérite de toute façon mieux, on ouvre les yeux et on se permet de regarder loin, très loin. C’est là que, dans le brouillard et en plissant les yeux, se distinguent deux bonnes nouvelles.

Une opportunité concrète de changer de vie

  1. On dispose de plus de temps pour faire tout ce qu’on n’a pas le temps de faire d’habitude
  2. On dispose d’infiniment plus de possibilités de changement de vie : ville, pays, activité

Quel coup de boost. Ceux qui qui sont encore assez jeunes peuvent se permettre de tenter un V.I.E, les autres une autre folie, et pourquoi pas, sortir du tiroir l’ébauche d’un projet ambitieux que le bouffe-temps d’un 40-heures hebdomadaire (et encore je suis gentil) avait abandonné là, comme un beau vêtement qu’on ne met plus. En gros, quasiment tout est permis. Alors évidemment, on perd momentanément en pouvoir d’achat, mais c’est un moindre mal étant donné ce qui nous attend.

Que les moins qualifiés se rassurent, nul besoin d’être supra diplômé pour tenter quelque chose d’un peu fou, j’allais presque dire, au contraire. Et dites-moi, vous en connaissez beaucoup, des situations où l’on vous paye pour vous donner le temps de vous créer d’autres chances ?

Je connais certains actifs qui rêveraient de prendre une micro-retraite pendant quelques mois, mais par confort, par peur du risque ou par manque de temps et d’énergie, ils ne font rien, et le temps passe. Une bonne connaissance me l’a d’ailleurs avoué il n’y a pas plus tard que la semaine dernière. Aussi bizarre que cela puisse paraître donc, votre situation peut, dans une certaine mesure et sous certaines conditions, faire envie. N’oublions pas que quand nous aurons 70 ans, nous aurons plus de souvenirs que d’énergie disponible.

Bref, notre vie rebondit, alors qu’elle pouvait nous envelopper dans un confort et une routine certes pas désagréable et qui permet de planifier son long-terme, mais pouvant manquer de piment et d’excitation. Il ne faut pas se leurrer, un travail sûr nous rassure, mais avec l’effet pervers qu’il nous rend forcément un peu plus pantouflard, crevé pour sortir en semaine pendant laquelle se passe justement les choses les plus intéressantes, et mécaniquement, rendant chaque weekend trop exceptionnel (ce qui est d’ailleurs à l’origine de beaucoup de sorties ratées : trop d’attentes -> sur-préparation-> méga pression).

La richesse de votre vie intérieure : votre premier meilleur pote

Une période d’inactivité pro n’est pas choisie, mais subie. En d’autres termes, il vous arrive ce que ce site vous enseigne d’éviter. D’où l’importance capitale d’avoir des projets à côté. Les faire fructifier permet ainsi d’éviter les moments de « bas » : quand le niveau d’énergie de l’instant se trouve à des profondeurs abyssales. Ces projets sont votre richesse intérieure. Sans eux vous prenez le risque de passer vos journées à postuler pour des jobs qui ne vous plaisent que moyennement et pire, à glander.

Je vais vous dire une chose : le chômage n’est pas à prendre en tant que tel. D’ailleurs c’est un mot tellement moche et déprimant que j’ai choisi de ne plus l’employer, jamais. En un mot : le chômage n’existe pas. On touche des indemnités pour lesquelles on a cotisé. En fait, tout est question de point de vue et d’interprétation de la situation.

D’autant plus que toute l’énergie mise à disposition de ces projets laissera des traces. Peut-être pas demain ni après-demain, mais vous serez tôt ou tard reconnu pour autre chose que chef de produit, analyste financier ou peu importe. Ce n’est pas mieux ?

Dans trop de cas les gens se définissent par leur profession, ce qui, à moins d’être pilote de chasse ou patron de boîte de nuit, ne va pas énormément jouer en votre faveur (en partant du principe que vous interagissez avec des personnes venant du même milieu social que vous). Quand les gens me demandent ce que je fais dans la vie, je dis que je suis en train de monter mon projet. 0% mensonge, 100% vérité, sans compter le bref moment de gêne que vous leur épargnez et la curiosité que ça éveille.

Et je ne vous parle même pas du temps dégagé pour s’investir davantage dans ses loisirs, c’est d’une évidence…

Si ces quelques mois permettent de se préparer un avenir aussi croustillant qu’un Prince au chocolat, ils permettent aussi de profiter du temps présent, valeur que je n’avais jamais oubliée mais toujours eu du mal à mettre en œuvre.

L’optimisation du temps présent : votre deuxième meilleur pote

Une telle période permet quelques extras dont il n’est pas tout le temps possible de profiter en travaillant 5 jours par semaine. Même si légalement et financièrement vous ne pouvez plus partir 2 semaines à Hong-Kong, vous êtes cependant plus flexible pour rallonger vos weekends à droite à gauche, sans devoir négocier des matinées ou après-midi off auprès de votre boss. C’est une sacrée liberté retrouvée. Aller voir un pote sur 4 jours au lieu de 2 devient possible. Vous vous souvenez des après-midi d’été où vous étiez scotché à votre siège de bureau parce qu’on vient de vous refiler une merde ? C’est loin derrière.

Productivité : ne pas perdre le rythme

Temps libre ne veut pas dire grasse matinée à gogo. Je sais que je m’adresse en général à des gens intelligents (quoique, on ne sait pas qui nous lit) et m’attends donc bien à ce que vous ne soyez pas comme certains de mes potes qui vivent ce genre de période partagés entre leur lit, leur console et les chiottes, même si on a tous nos faiblesses  :)

Ce temps (plus précieux que l’argent d’un job qu’on n’aime pas, tant qu’on peut se le permettre) peut-être rapidement bouffé par des heures de sommeil non-nécessaires. Personnellement, je m’efforce de garder une différence entre la semaine et le weekend, ce qui veut dire concrètement :

  • Que je me réveille en semaine avec une alarme. Dans mon cas, à 9h00, ce qui n’est pas trop demandé
  • Que je vais au lit en semaine à heure raisonnable. Dans mon cas, au grand maximum à 2h mais en moyenne à minuit, ce qui permet quelques bonus

Entre 9h00 et minuit donc, je dispose de beaucoup de temps libre et je crois bien, après mûre réflexion, en tirer le maximum entre candidatures, avancement dans les projets (si vous voulez aller plus loin avec ça, il y a le séminaire productivité), et tout ce qui se déroule hors de chez moi. Vous pouvez-même en profiter pour appliquer les conseils du séminaire sortir seul*, qui demande de l’investissement en temps de l’aveu même de Stéphane.

Eviter les pertes de temps : Youtube, Facebook, télé, film, séries, etc.

S’il m’arrive de me surprendre à surfer machinalement pendant quelques minutes, ça n’arrive pas fréquemment car je me crée beaucoup de choses à faire. Il n’y a pas à chercher plus loin. En ce qui concerne les films et les séries, je m’en autorise seulement quand je pense que je l’ai mérité, pour me récompenser.

Le mouvement : votre troisième meilleur pote

Sortir de chez soi, être en mouvement (même pour travailler) est une des clés pour ne pas commencer à déprimer. Non seulement vous allez découvrir de nouveaux endroits (surtout celui qui vous intrigue depuis longtemps, mais où vous n’arrivez jamais à y faire sortir vos amis, sans qu’ils vous disent vraiment pourquoi), vous faire offrir des verres par les serveurs qui vous voient souvent venir (ceux qui sont sympas), mais en plus vous disposez de 100 fois plus de possibilités d’interactions avec le monde extérieur. Ce serait une belle erreur de ne pas en profiter.

Cela m’a permis entre autres, alors que je sortais seul en pleine semaine, de passer une soirée plutôt inattendue (lire sortir seul, rien n’aurait dû se passer, et pourtant). Si vous êtes de nature un minimum sociale combien de rencontres ratées parce que vous étiez au bureau ? (pour les autres ça ne change rien, ils ne rencontreront personne, même pendant 3 semaines à Ko Phi Phi en pleine saison)

Sauf exception (entretien d’embauche un peu loin, weekend prolongé), je fais tous les jours une séance de sport en fin d’après-midi. Là encore, c’est quasiment du luxe, presque impossible à réaliser à une telle fréquence en étant salarié.

Les moments de « bas » sont normaux et inévitables

Evidemment parfois, il pleut, il fait froid, personne ne veut sortir, et vous vous retrouvez comme un con tout seul dans votre appart. La motivation baisse même si vous pourriez avancer sur autre chose. C’est comme ça, on ne peut pas toujours être au top, même en gérant ses journées comme un pro.

Perso, je ne cède quasiment jamais au vice du plaisir immédiat** (film, série). Au pire, je lis ou cherche du contenu en rapport avec mes projets. Cela ne demande pas de concentration et me fait quand-même avancer. Sinon je vais faire un tour en ville, voir ce qu’il s’y passe, j’allonge une séance de sport, etc. Un peu de force d’esprit, que diable. En toute honnêteté, vu comment je remplis mes journées, les coups de blues ne m’arrivent pas souvent.

Voilà ce que j’avais à dire sur cette expérience que je traverse. J’espère qu’au mieux j’en aurai motivé certains, et au pire que j’aurai donné aux autres cette fameuse piqûre de rappel.

Et vous, comment gérez-vous (ou avez-vous géré) vos périodes d’inactivité professionnelle ?

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Damien

Crédit photos : Paul Downey (http://www.flickr.com/photos/psd/)

* Non, je ne suis pas payé pour la promotion des séminaires de développement personnel SpikeSéduction :) Je pense juste que vous y trouverez d’autres réponses

**Souvenez-vous bien de ceci : la nature, dans son infinie cruauté, a doté l’être humain du vice du plaisir immédiat, pour qu’elle puisse en distinguer les faibles des forts

 

 

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14 COMMENTAIRES pour cet article.

  1. Andy dit :

    Salut ,

    Je viens de penser à ton article , alors que je suis à nouveau dans le salariat depuis quelques mois.

    Je regrette déjà cette période de liberté.

    Avoir un projet sera toujours la garantie de garder la santé et de garder son intégrité et sa sanité mentale , en toute circonstance.

    @+

  2. Chômeur heureux dit :

    C’est bien les articles des mecs qui se prennent pour des alphas…il faut sortir sinon on est nul.

    N’importe quoi.

    Et je vois pas en quoi rester chez soi à lire ou regarder des saisons entières de séries ou des films est nul, tant que l’on fait le nécessaire pour se former ou chercher un travail par ailleurs.

    J’aime pas sortir et je peux vous dire que si c’est juste pour rentrer des mecs pseudo-alphas qui finissent bourrés, ça me sert à rien.

  3. Louis dit :

    Petite réponse à Damien, dont la qualité du texte ne fait aucun doute et qui prend la question de l’inactivité sous le bon angle. L’identité a bien sûr à voir avec tous ces attributs. Néanmoins, nous savons que le « lifestyle » est également une injonction au bien-être individualiste, au culte de la performance, à l’adaptabilité sans fin de l’homme au conditions du marché, y compris celui des rencontres.. Ouvrons un peu les yeux. A un moment donné, l’écart entre cette fausse maîtrise de soi obtenue à coups de relookings et autres leçons de conformisme au modèle anglo-saxon finit par se heurter au principe de réalité : Chômage de masse, pouvoir d’achat limité, culte de la marchandise, gens qui tirent la gueule dans les rues…Pour le salarié précaire moyen (la norme), le concept de « player » californien (ou PUA) est difficilement transposable dans les conditions actuelles. On n’est pas tout à fait sur la côté ouest des années 80. Profiter de son temps libre de la manière la plus intéressante qui soit en l’assumant, bien sûr ! Par contre, prétendre au Life style quand on est un précaire qui vit des ARE, ça signifie deux choses : soit on a beaucoup d’humour (un brin provocateur) et l’on sait relativiser par le 2nd degré, soit on vit totalement dans le déni, voire dans le fantasme (ce qui est renforcé par l’addiction aux réseaux sociaux etc.). Nos ascendants prétendent qu’ils couchaient avec des filles sans en faire d’histoires. Aujourd’hui on nous invite à sortir le porte feuille et à racler des tréfonds de découvert autorisé dans l’espoir de devenir, sait-on jamais, « séduisant »… Aux yeux de qui ? de ces demi-répliques de mannequins dont la seule passion est de faire du shooping !? C’est une certaine conception de la liberté… peut-être pas la plus épanouissante.

  4. Louis dit :

    Petite réponse à Damien, dont la qualité du texte ne fait aucun doute et qui prend la question de sl’inactivité sous le bon angle. L’identité a bien sûr à voir avec tous ces attributs. Néanmoins, nous savons que le « lifestyle » est également une injonction au bien-être individualiste, au culte de la performance, à l’adaptabilité sans fin de l’homme au conditions du marché, y compris celui des rencontres.. Ouvrons un peu les yeux. A un moment donné, l’écart entre cette fausse maîtrise de soi obtenue à coups de relookings et autres leçons de conformisme au modèle anglo-saxon finit par se heurter au principe de réalité : Chômage de masse, pouvoir d’achat limité, culte de la marchandise, gens qui tirent la gueule dans les rues…Pour le salarié précaire moyen (la norme), le concept de « player » californien (ou PUA) est difficilement transposable dans les conditions actuelles. On n’est pas tout à fait sur la côté ouest des années 80. Profiter de son temps libre de la manière la plus intéressante qui soit en l’assumant, bien sûr ! Par contre, prétendre au Life style quand on est un précaire qui vit des ARE, ça signifie deux choses : soit on a beaucoup d’humour (un brin provocateur) et l’on sait relativiser par le 2nd degré, soit on vit totalement dans le déni, voire dans le fantasme (ce qui est renforcé par l’addiction aux réseaux sociaux etc.). Nos ascendants prétendent qu’ils couchaient avec des filles sans en faire d’histoires. Aujourd’hui on nous invite à sortir le porte feuille et à racler des tréfonds de découvert autorisé dans l’espoir de devenir, sait-on jamais, « séduisant »… Aux yeux de qui ? de ces demi-répliques de mannequins dont la seule passion est de faire du shooping !? C’est une certaine conception de la liberté… peut-être pas la plus épanouissante.

  5. Bon c’est pas la mort d’être au chomage, c’est pas comme si ca enlevait des centimetres de bite, mais c’est vrai que c’est pas trop sexy..

    http://un-francais-a-new-york.blogspot.com/

  6. Damien dit :

    @ Klem : « mon identité n’a rien à voir avec mon job, mes hobbies, mon lifestyle, mon apparence etc. »

    …à quoi a-t-elle à voir alors?

  7. klem dit :

    chomage ou pas chomage, la seule différence c’est que tu as plus de temps pour sortir, c’est tout.
    mon identité n’a rien à voir avec mon job, mes hobbies, mon lifestyle, mon apparence etc.
    chômage ou non, ma capacité à agir et à rester ancré dans le présent reste la même, et c’est ça qui importe
    la poursuite du « lifestyle parfait » que promeut ce site est une erreur à mon avis, et mène à plus de frustration qu’autre chose

  8. Flea dit :

    Bon article! C’est important de continuer à avoir une vie au chômage.Certains passe des journées à enchainer des saisons de série télé alors qu’il y a tellement de choses à faire.

  9. Andy dit :

    Essayes Meetup pour rencontrer les gens qui t’aideront à porter tes projets.

    C’est l’une des périodes les plus fastes , à chaque fois que j’en ai. J’ai à nouveau le contrôle de mon temps et je n’ai de compte à rendre à personne. Pas de hiérarchie, de subordonnées à défendre. Juste moi , ma liberté.

    Enjoy.

  10. Lex'Ode dit :

    Optimiser le temps, être productif, ne pas succomber à la tentation. C’est un peu ce qui me manque en ce moment, car lier travail et études ( étant en alternance ) n’est pas chose aisée. Il faut se faire violence et se créer une habitude solide pour entrer dans un cercle vertueux !

  11. Hazesto dit :

    J’ai beaucoup aimé l’article !

    Un Tumblr présenté sur le forum : http://lifestyleoftheunemployed.com/

  12. flonaish dit :

    Excellent.

  13. pierrick dit :

    pas mal du tout cet article , du bon sens , de l’énergie …
    bon vent pour la suite .

  14. Rémi dit :

    Un article plein de bon sens, d’énergie et de positif.

    En espérant qu’il soit lu et relu par bien du monde. (Et qu’il inspire celles et ceux qui s’emmerdent, à regarder leur temps d’une autre façon.)

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