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Du groupe d’amis, au lit

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aborder une filleCette semaine, Théo semble avoir quelques difficultés pour aborder cette fille dans sa classe sans tomber dans la poésie amoureuse et les déclarations à trois sous. Spikeséduction va se charger d’éclaircir Théo sur la démarche à suivre avec ses conseils séduction.

Bonjour Stéphane

J’ai découvert ce site très récemment, trop sans doute, et ai beaucoup appris de la vie en société en assimilant tes excellents conseils. Je suis actuellement en Terminale scientifique, j’ai 17 ans. Je n’ai jamais eu aucun véritable contact amoureux avec une fille du fait d’une timidité exagérée, un manque de confiance en moi et, selon ma génitrice (et son psy) d’un complexe d’infériorité. Bien que j’émette certaines réserves sur ce dernier point, il faut se rendre à l’évidence : je n’ai jamais rien tenté et j’ai même refusé certaines propositions de jolies filles de peur de ne pas être à la hauteur… Parallèlement, j’ai développé des « lois » régissant les sentiments amoureux que j’ai fini par tenir pour véritables ; je croyais, par exemple que le temps aiguisait le désir. Je suis aujourd’hui, pour les autres quelqu’un d’ouvert mais froid, qui possède un humour, souvent considéré comme incisif voire acide. La vérité est que je suis constamment sur la défensive.

Je suis depuis mon entrée au lycée dans la classe d’une fille que nous appelleront Chloé, nous n’avons commencé à nous parler en fin de première. Depuis la rentrée de septembre, elle m’attire très fortement. J’en ai parlé à des potes, ils m’ont tous répondu que nous nous « cherchions » mutuellement. Selon eux, elle s’intéressait visiblement, peut-être s’intéresse-t-elle encore, qui sait ? à moi. Dans mon esprit, je décidais de ne rien faire comme l’intérêt était réciproque – réaction instinctive, mais étrange, n’est-ce pas ? – j’attendais le premier pas. Je n’ai donc jamais fait de déclaration, ni d’avances à Chloé, ce qui est un point qui me semble plutôt positif.

J’aimerais donc que tu m’aiguilles sur la meilleure façon de lui faire comprendre que je m’intéresse à elle. Plusieurs résistances me sont pourtant opposées. Tout d’abord, nous sommes potes, et dans la même classe. Cela implique donc qu’elle pourra, à juste titre, me sortir  » Je ne veux pas gâcher notre amitié « , et moi-même, j’ai peur de me lancer notamment car je risque de détériorer nos relations amicales. Nous formons de plus un groupe dans la classe ; composé d’elle et moi, et de trois autres filles qui sont des copines en commun. Cela signifie donc qu’il est très difficile de la surprendre seule. D’autre part, le fait que nous nous voyons quotidiennement empêche, ou tout du moins rend douteux l’envoi de sms-bateaux pour prendre contact (car d’après tes leçons « phone game » j’ai compris que le portable n’est pas le meilleur moyen pour se mettre en situation.)

En résumé, je suis un vrai coincé (mais je me soigne depuis que j’ai découvert un merveilleux site), élevé avec les magazines féminins qui mettaient les femmes sur un piédestal et rabaissaient les hommes au rang de déchets. Donne-moi une réponse. Ni plus, ni moins. J’ai lu tes articles Stéphane, j’ai confiance en toi pour ce qui est de ne pas tomber dans le cliché et la poésie d’amoureux transi à trois sous.

Merci d’avance.
Théo

Bonjour Théo,

Merci pour les compliments. Comme tu le dis mes conseils ne se limitent pas au champ (déjà vaste) de la séduction mais, pour qui sait les comprendre (comprendre voulant dire avoir en soi), à la totalité de la vie sociale et professionnelle.

Tu commences ta lettre en me parlant de ta mère et de son impact sur toi aujourd’hui. Permets-moi de te dire (et même si tu ne me le permets pas, je te le dirai quand même), que tu te cherches des excuses. Tout d’abord, sache qu’il y a de grandes chances que le psy de ta mère soit un âne en séduction et qu’il ait rencontré sa future femme sur les bancs de la fac. Il ne connaît dont rien à la séduction, la drague ne s’apprend pas dans les livres puisque par définition, ceux qui la pratiquent n’ont pas le temps d’en écrire, et que ce n’est pas leur culture. Le génial (par sa normalité) écrivain italien Alberto Moravia avait rapidement arrêté de consulter, ayant compris que les psys étaient bien souvent moins intelligents et moins cultivés que lui. C’est aussi mon expérience, et je m’en suis tenu là. Quand aux explications de ta maman, d’une part c’est sans doute la personne qui te connaît le moins bien au monde (interrogez les parents de vos amis et voyez combien la perception de leurs enfants est réduite et faussée par l’amour inconditionnel qu’ils leur portent), et d’autre part tu peux (et tu dois) la dépasser. Statistiquement, presque tous les grands hommes ont surpassé un manque/handicap dans leurs parents directs (amour abusif, manquant, etc.) Lord Byron a grandi et survécu à une mère colérique et puérile qui fût sa première victoire sur l’ennemi, comme le rappelle Nietzsche.

Aborder une fille : merci les amis…

Tu me dis ensuite que tu n’as jamais fait d’avances à Chloé. Théo, demain matin en allant au lycée, arrête-toi à la pharmacie et achète un produit pour la mémoire. 3 lignes avant tu me dis en avoir parlé à des potes… Tu sais ce qu’ils ont fait, ces « potes », dans les 5 minutes après t’avoir quitté ? Ils sont allés raconter à SES potes que tu étais amoureux transi d’elle et que tu vendrais tes chaussures pour un coca avec elle à la récrée. Et est-ce la peine de te dire ce que SES potes ont fait après ? Elle est au courant de tout, Théo, et ça c’est une carte en bois dans ton jeu.

Le bon point cependant, c’est que tu as compris l’inutilité (et même la contre productivité) du téléphone quand il est mal utilisé. A ta place beaucoup se seraient lancés dans une tentative de conquête à la sms-lover, et c’est très puéril. Elle n’a peut-être que 17 ans, mais à choisir entre un homme et un enfant, elle prendra le premier.

Le deuxième bon point, c’est que tu as compris que les femmes n’aiment la poésie que dans les rêves des poètes. Sur Askmen.com il y a chaque semaine le portrait d’une actrice, d’une mannequin, etc. Je n’ai jamais vu le mot « poète » dans la case « job de leur mec ». Rock star, footballeur, industriel, mais poète, jamais. Combien de filles peuvent citer 2 vers de Cyrano, qui est la chose la plus mélodique et la plus mélodieuse jamais écrite ? Si je veux apprendre à vendre des voitures, je me renseigne auprès d’un vendeur, pas auprès de ses clients. Quand j’ai voulu comprendre les femmes, j’ai interrogé des séducteurs, pas des minettes.

Ni poésie, ni téléphone, que reste t-il ?

Connais-tu la série tv Samurai Champloo ? Dans le générique, tu peux entendre ce qui pourrait être mon cheval de bataille : « Don’t walk with the clan, Only trust instinct, And be one with the plan ». Et ton plan, le voici

Comment aborder cette fille en classe

  1. Change de groupe. Approche toi d’un autre qui ne te parait pas trop antipathique et déjeune avec eux à la cantine un jour sur deux. Comme disait Proust, un jour d’absence fait plus au cœur de ta bien aimée qu’une nouvelle tenue. Manque lui. Laisse la se demander pourquoi tu es là moins souvent. En clair : va à la pêche des signes d’intérêt.
  2. Quand les signes d’intérêt sont là, isole-là. Ca va être la partie la plus difficile parce qu’elle va s’interroger, et t’interroger. Reste le plus normal possible, dis lui tout simplement que tu as envie d’un coca et qu’elle pourrait venir avec toi. Fais en une banalité absolue, surtout pas le préambule à une déclaration
  3. Le lendemain du coca pris ensemble à la cafet’, ou dans les parages du lycée, disparais ! Le secret de l’art de la guerre consiste à ne pas appliquer un effort constant sur l’adversaire, mais à alterner le vide et le plein. Ne lui dis même pas bonjour le lendemain, et, si possible, parle à d’autres filles devant elle et fais les rire (pince les, montre leur un dessin de la prof de maths en maillot de bain, débrouille toi)
  4. Continue à alterner le vide et le plein (isolation brèves – disparition) et, si son intérêt pour toi était réel dès le début, elle va finir par te poser ouvertement la question : « qu’est-ce que tu veux, exactement ». Si elle est intéressée, si tu sexues un peu le jeu pendant les mini rdv, si tu démontres du social proof en dehors et que tu ne dévoiles pas tes cartes, elle le fera. Si elle ne le fait pas au bout de 4 à 6 semaines, elle n’est pas intéressée. Simple non ? N’écoute pas les complicateurs ; les femmes sont difficilement compréhensibles parce qu’elles sont trop logiques pour être simplement logiques. Si elle est intéressée, elle va te faciliter les choses. Sinon, non. Il n’y a rien d’autre à comprendre, et en même temps c’est beaucoup.
  5. Le jour où elle finit, par un moyen ou par un autre, par te demander où tu veux en venir, ne réponds surtout pas, et retourne lui toutes ses questions. Elle finira par avouer ce qu’elle pense (et ce qu’elle veut) et ce qu’elle ne pense pas (et ne veut pas) de toi. Tu seras fixé.

Stéphane

Don’t walk with the clan
Only trust instinct
And be one with the plan

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