Longtemps je me suis couché de bonne heure, le jeudi. Coincé entre le week-end et le mercredi qui a gardé de notre enfance un éternel parfum de récréation, le jeudi n’a vraiment rien pour lui... Rien à la télé que les têtes de premier de la classe des journalistes d’Envoyé Spécial, et rien chez vos amis non plus, ils n’auraient jamais l’idée de vous inviter ce soir-là, évidemment. Depuis des années donc, le jeudi, c’était mon jour de pain noir, quand enfin arriva le déclic : il y avait forcément des gens qui pensaient comme moi, et qui fraternellement se réunissaient dans les bars pour faire la nique à ce soir de merde. Depuis lors, j’en suis. Mon week-end commence donc le jeudi soir pour se terminer le samedi en fin d’après-midi, ce qui me permet :
- d’éviter les groupes de touristes qui s’agglutinent le samedi dans l’endroit « branché et recommandé par comment-être-une-pouffe-tendance-à-paris.com »
- de me coucher de bonne heure – on y revient - et donc de rédiger ce FR.
Jeudi dernier donc, vers l’heure du dîner, je m’habillai sur fond de Snoop Doggy Dogg (Doggystyle) après m’être fait un gommage exfoliant de la gamme homme Nickel. Au passage, je vous le conseille, ça bonifie votre mine, ça procure une sensation de propre incomparable, et ça donne confiance. Quelques minutes plus tard, j’entrais au Fumoir, en déambulant, un magazine à la main.
Chapitre 1, ou comment j’ai sauvée deux femmes d’une terrible maladie
Vu le monde (cf ma théorie du jeudi ci-dessus), je m’accoudai tout au bout du bar, perpendiculaire à tout le monde - ce qui n’est pas pour me déplaire – et me mit à bouquiner à côté de mon verre de Chardonnay. A ma gauche, 2 B, mais des B très différentes, symétriques, complémentaires. Une blonde aux yeux bleus, le visage rond, habillée tout en noir, en face d’une brune, le teint pâle, la peau fine, vêtue d’un tas d’objet et de vêtements bizarres qui devaient probablement avoir une explication ethnique quelconque. Quand la blonde un peu curvy fût partie aux toilettes, je vis la brune qui attrapait une cacahuète.
M : Stop !
Br : (...) ?
M : Tu ne vas quand même pas manger des cacahuètes ? Ca contient 50 calories par gramme, avec une poignée tu prends 3 kilos !
Br : (rires, puis ouvre des grands yeux) Sérieux ? Mais je pensais pas que...
M : Evidemment que c’est sérieux, je l’ai lu dans Menshealth
Br : (éclate de rire, c’est bon, mon opener avait marché) Vous savez, j’ai vraiment cru que vous étiez diététicien (la blonde revient et constate que sa copine s’est faite opener en son absence)
Blo : Vous parliez de quoi ?
Br : Des cacahuètes.
M : Oui et d’ailleurs vous pouvez me remercier, j’ai sauvé votre amie d’un diabète précoce (je souris, reprends mon verre et retourne à mon magazine).[Quelques minutes plus tard]
Blo : Vous n’êtes pas diététicien, mais vous travaillez dans la mode ?
M : Non pourquoi ?
Blo : Vous lisez un magazine de mode.
M : Ah oui c’est vrai. Avant je lisais Monsieur, mais c’est devenu trop publicitaire.
Blo : Et celui-là c’est ?
M : Dandy
Blo+ Br : Ca m’étonne pas !
M : Pourquoi ?
Blo+ Br : Euh, ben, parce que vous êtes un peu un dandy quand même, euh, hein...
M : Pas du tout. Un dandy c’est un oisif qui jouit de son temps pour s’habiller et se plaire à lui-même. Moi je travaille.
Blo : Mais on peut-être un dandy et travailler (j’aime quand les filles refusent toute réalité historique ou sociologique pour répéter bêtement ce que les journaux leur disent). Enfin bon, si vous voulez. Vous êtes un métrosexuel, alors ! (air de fierté dans la voix)
M : Ah ça ce n’est pas possible : je n’aime pas le métro et le sexe ne m’intéresse plus.
Br : : Quoi ? Mais comment tu peux dire ça ?
M : C’est facile ; au lieu de prendre le métro j’essaye de prendre le RER
Br : Non mais pour le sexe, ça veut dire que tu ne le fais plus du tout ?
M : hé oui
Blo+ Br (après s’être regardées interloquées pendant 30 secondes) Mais pourquoi ? Et tu as quel âge pour dire ça ?
M : Je pense avoir à peu près votre âge, vu que vous devez avoir 27-28. Et puisque tu veux savoir, je vais t’expliquer. Une partie de l’acte sexuel vient du plaisir subversif qu’on y trouve, or aujourd’hui il n’y a plus rien de subversif là-dedans. Regarde autour de toi, la liberté, qui originellement consiste à identifier ses déterminations inconscientes et à réfréner ses pulsions pour devenir enfin cause de soi, s’est transformée en : « Suivez vos instincts, faites tout ce que vous voulez », soit son exact contraire. Etape 1 : on est passé de la liberté au désir. Et le deuxième effet kiss-cool fût de passer du désir à l’acte d’achat. Vous avez une petite amie ? Il vous faut une Euro-Card Mastercard. Vous avez un rendez-vous ce soir madame ? Il faut que vous alliez chez le coiffeur, chez l’esthéticienne, chez le psy, etc. Donc je résume : Liberté -> Désir et Désir -> Acte d’achat. Résultat : des femmes à poil sur toutes les affiches, mais on a jamais aussi peu baisé (je reprends là une thèse d’Alain Soral, cf Misère du désir).
Blo : Comment tu t’appelles ?
M : Non je préfère qu’on se vouvoie tu veux bien ? C’est joli, le vouvoiement, on ne l’utilise plus assez.
Blo : Je vois, tu veux garder une certaine distance. Alors vous vous appelez comment ?
M : Spike
Blo : Spike, tu gagnes à être connu.
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La drague à beau être un sport comme les autres, c'est quand même mieux quand tu y pêches une belle histoire ...
Commentaire par Aurore — 23 mars 2006 @ 10:44
Excellent. L'intelligence t'as donné la répartie, et de ce fait il est plus aisé pour toi d'être PUA. Ceci dit, tu fais de cette pratique un art.
Un régale.
Commentaire par Dany — 27 mars 2006 @ 14:54
Super classe le coup de la dernière...
Commentaire par karim — 28 mars 2006 @ 13:49
Spike.
Mind blowing ce site.
J'aime a penser que je me retrouve un peu dans ta vision des choses, et dans certains openers que j'ai moi aussi utilise. Un exemple me vient en tete, celui de faire surveiller ta valise en attendant ton avion.
Bref. Une chose serait vraiment interessante a mon avis. C'est que dans tes rencontres de spike, tu fasses part des inevitables plans "loose", des soirees et tentatives qui tombent a l'eau. Des erreurs de ta part, ou encore des reactions negatives que tu peux recevoir Il est des fois ou il n'y a clairement rien a faire, elle ne se laissera pas closer. C'est tres interessant pour nous, le commun des mortels, de savoir comment tu geres ca. Ce que tu en penses, comment tu reagis, etc.
Bonne sarge l'ami.
Commentaire par NiceNSlow — 30 mars 2006 @ 5:51
Un air dee BadBoy tout de même . J'aspire a faire aussi bien .
Mais dis moi quelque chose : comment arrive tu as te souvenir de tout ce texte c'est hallucinant ?
Commentaire par nostradamus — 24 avril 2006 @ 1:14
"Place du chatelet, je m'assied avec ma veste à 1 smic à côté d'un indien. Dans son blouson sale, il vend des roses à 1 euro. Puis je monte dans le bus, qui démarre aussitôt."
Démoniaque cette phrase.
C'est salaud mais c'est trop bon !
Commentaire par Jackson — 6 juillet 2006 @ 22:02
Elle n'a pas été écrite comme ça
Commentaire par spike — 7 juillet 2006 @ 5:57
C'est tout de même étrange de revenir comme ça sur ta LTR. Je n'imagine pas quelqu'un comme toi perdre sa copine :O
Commentaire par Sculder — 12 juillet 2006 @ 2:04
Et si. Mais plusieurs années après, je me rappelle de cette phrase de Pierre Costals :"Il fut même content d'avoir souffert un peu. Il faut des notions de tout".
Commentaire par spike — 13 juillet 2006 @ 9:33
Marrantes tes histoires...
Merci Alain Soral !
Commentaire par Jb — 16 juillet 2006 @ 3:48
Ahhh le Kong! J'y vais souvent! On a du se croiser alors..
Commentaire par larouquine — 9 août 2006 @ 5:59
Excusez moi mais pour moi le dialogue sonne tres faux.
Et la fin, comme par hasard, "tu gagnes à etre connu" histoire de finir en beauté et de sacraliser un charisme ou une popularité
Moi je n'y crois pas du tout à ce dialogue.
désolé
Commentaire par _jack_ — 22 août 2006 @ 8:54
Je crois que _jack_ a omis de lire les pages 2, 3 et 4 : ça ne finit pas du tout sur le "tu gagnes à etre connu"!
Commentaire par Matt — 23 août 2006 @ 15:37
d'accord
Commentaire par mrc — 31 août 2006 @ 0:46
Spike, ta manière de raconter me rappelle celle de Patrick Bateman ( j'éspère que toi tu n'ais pas psychopathe :-D).
Commentaire par Hatz — 22 octobre 2006 @ 19:38
"Depuis lors, j’en suis. Mon week-end commence donc le jeudi soir pour se terminer le samedi en fin d’après-midi ... "
Et les samedis soirs, on en fait quoi ?
Commentaire par Timmy — 28 octobre 2006 @ 4:10
On a du se croiser peut etre a Paris. Maiis bon le taux de retour des numclose c faible.
je conseille le manray et seven to one pour l'embrassage direct
soirée corbo pour la danse nuptiale
1 deja moi je touche pas aux femmes maquées
2 je crtique pas les autres
sinon belle technique mais perdre du temps a parler pour rien
(pas pour rien car arriver à un endroit avec des nanas attire le regard des autres et les rends jalouses.)
Mais celle qui t'as regardé perso j'aurais bien vu un embrassage direct . Un grand sourire une blague idiote à l'oreille et hop.
Car la destabilsation marche aussi et je trouve que tu le mettes en avant. Tu l'utilises en utilisant des propos vonlontairement décalé. Mais c facile d'embrasser 3 nanas dans la meme soirée bon dans 2 lieu différent quoique parfois ca arrive.
J'explique piste de danse un tour de regard on passe de long en large sur la piste à la recherche de regards demandeurs généralement groupe de nanas par 2 ou 3 de toute facon elles parlent toujours entre elles si au second le groupe sourit la danse nuptiale commence. Toujours un petit sourire pour rassurer au debut on se met dos a la fille en se dandinant style gogo danseur ca fait rire mais ca entraine une excitation se retourner danser avec l'une puis l'autre les 3 du groupes ne pas en oublier fo avoir des alliés pour que plaire aux 3 la elles se parlent uniquement du regard.(attention pensez a exprimer le regard du desir dans votre regard votre pensée et vos gestes) Ensuite se mettre a danser entre les filles en sandwich une devant une derriere l'autre a droite. utiliser votre regard doit dans leur yeux dansé plus cho sans tenir par la taille généralement les nanas vont le faire a votre place et meme souvent vous toucher les fesses ca surprend mais bon ne pas oublier de danser avec les 3 de la meme maniere puis ensuite vous vous avancer et reculer votre tete de chacune d'elle pour les habituées a s'appprocher de votre bouche doucement. et la moment de verité l'excitation et les regards sont en fusion c le moment d'agir vous ne risquez rien et agir en destabilisation en les embrassant l'une apres l'autre le temps qu'elles comprennent vous l'avez deja fait parfois il arrive que les filles s'embrassent aussi c marrant mais c pas le but la vous les avez conquises toutes les 3 et vous choississez celle qui en redemande le plus c celle qui aura resssenti le plus d'effet par rapport a vous. ne jouer pas trop longtemps a s'embrasser a 3 car vous verrez que les gens autour regardent et donc les filles vont finir par se sentir genées par le regard des autres. Généralement d'autres filles vous ont regardés et cela peut servir pour une soirée ulterieure en effet il arrive aussi que certaines filles en vous ayant vu faire ca s'oqp de vous le faire à une autre soirée c marrant et meme pour un habitué c destabilisant.
Commentaire par Trankile — 18 décembre 2006 @ 18:29
"Non je préfère qu’on se vouvoie tu veux bien ?"
"vous voulez bien" plutot non ?
sinon aux club med c'est des "GO" pour gentils organisateurs (et pas "géo")
sinon super site vraiment,découvert par FTS, bons articles, exemples concrets tels celui-ci, l'AFC asocial que je suis n'en sors que grandit !
bonne continuation
Commentaire par pop — 20 décembre 2006 @ 21:48
Vraiment, un exemple éloquent. J'en suis resté sans voix, tellement c'est hallucinant pour moi.
Je suis en cours de sortie d'AFCisme, et d'auto-relooking. J'essaye de prendre soin de mon apparence, mais ce n'est pas très facile avec un budget inexistant d'étudiant qui habite chez ses parents.
Je n'ai malheureusement pas les moyens de m'offrir une killer veste au pris d'un SMIC, mais par contre je vais lire Alain Soral, ça pourrait me donner ce genre de réparties...
Commentaire par Regal — 12 juin 2007 @ 15:21